Quelques jours avant son décès il participait encore à un débat sur la situation internationale (à partir du Venezuela) lors d’un Conseil d’administration de la Fondation Copernic.
Jean,
Nous sommes certain-es à t’avoir connu ici à Copernic, mais aussi à la LCR, à la FSU, à l’Ecole Emancipée, et aussi … dans de nombreux autres endroits et organisations auxquelles tu participais encore il a y peu. Tu avais un peu moins les cheveux au vent sans doute qu’en 68 que tu aimais toujours rappeler mais tu étais toujours un peu là-bas. Les mathématiques, tu les auras peut être un peu partagés avec nous si on considère la compta comme des maths, le débat est ouvert … Le débat, tout le temps, en permanence, celui que tu disais nécessaire et dont parfois nous avions du mal à te faire décrocher. Oui, débattre avec toi, ne pas être de ton côté, ce n’était pas simple. Convaincu, tu pouvais être aride, la réunion finie, nos moments amicaux sont de ceux que nous partagerons longtemps. Ce nous, c’est aussi ce qui pouvait caractériser ton militantisme, l’unité, cette sacro-sainte. Faire avec, comprendre, avancer, lier, toujours avec stratégie, objectif.
On a pu ferrailler, s’engueuler, peut être même se faire la tête, mais jamais longtemps. Le travail d’unité, la solidarité internationale ne devaient pas attendre la virgule, qui, si tu y tenais, reviendrait sur le tapis dans le texte suivant ou à la prochaine réunion. Ton regard doux, malgré la dureté parfois de tes positions, est aussi un souvenir. Nous avons encore un long chemin à faire, sans toi désormais. Mais nous serons là, présent-es aux côtés de Monique, ta compagne. Parce que la révolution tendre était aussi ce vers quoi tu pouvais nous amener.