Désert des Bardenas Reales
Nous sommes prêtes pour un road trip photo ! Toit ouvert, cheveux au vent, appareil levé. L’Espagne défile. Liberté, clic.
Journaliste membre de l’AJT, Laurine Thiodet signe ici une carte blanche entre carnet de route et photographie. Des paysages superbes aux scènes du quotidien, elle raconte le voyage par fragments, avec une écriture sensible et un regard attentif aux détails. Une invitation à ralentir, observer… et se laisser emporter.
Laurine Thiodet, quand les routes deviennent des récits
Journaliste et autrice, Laurine Thiodet écrit et photographie avec une boussole bien réglée : l’émotion, oui, mais jamais au hasard. Chez elle, informer, ce n’est pas seulement raconter le monde tel qu’il est, c’est choisir comment on le donne à voir, à comprendre et à ressentir.
Son parcours commence dans la presse quotidienne régionale, comme correspondante locale. Une école de terrain qui lui apprend à observer, à écouter, à saisir la force des petites histoires du quotidien.
Ensuite, elle s’oriente vers la presse magazine et collabore avec des titres culturels et Psychologies Magazine, où elle affine son goût pour le récit intime et les thématiques humaines.
C’est ensuite le monde du voyage qui s’ouvre à elle, avec les guides Tao et ceux des éditions Hachette. Ces collaborations marquent un tournant : Laurine y développe une écriture immersive et sensorielle. Écrire sur des îles, des villes ou des marchés lui a appris à raconter un lieu autrement : non pas comme une carte postale, mais comme une expérience à sentir, écouter, respirer. Le papier devient alors une invitation : marcher à côté d’elle, respirer la même lumière, sentir la même atmosphère.
Dans cette dynamique, elle fonde Hellovoyage.fr, un espace singulier où pouvaient éclore tous les “signes en plus” : ces émotions furtives, ces éclats d’âme qui dépassent des formats traditionnels. Son appareil photo prolonge cette démarche, révélant plutôt qu’illustrant. Un regard, une lumière, une scène fugace suffisent à capter l’essentiel : ce qui fait battre le cœur d’un lieu ou d’une rencontre.
Aujourd’hui, elle est convaincue qu’un récit est d’abord une aventure, et signe chacun de ses projets avec cette question : qu’est-ce que cela change, de raconter ainsi ?
Rendez-vous à la mer, Bali
L’important n’est pas d’être ici, mais d’être présent. De vivre quelque chose maintenant ; à plusieurs, seul ou à deux, le coeur calé sur le soleil. Je parcours l’île balinaise après une cérémonie chamanique (mais c’est une autre histoire, encore brûlante). Entre deux rivages, je recharge, je m’aligne. J’ai rendez-vous avec les astres et le ciel. Et avec celle que je deviens.
Jembrana, Bali
Sur les terres dorées des pêcheurs, hommes, femmes et enfants s’activent autour des bateaux (jukung). Bientôt, ils glisseront sur l’eau. La nuit patiente pour ensuite offrir ses poissons et bercer les étoiles.
Jembrana, Bali
À quelques pas d’écart, la puissance entre dans l’eau et la fragilité s’y engage. La vie, ici, avance.
Sidemen, Bali
Autour de moi les rizières et les hululements d’animaux nocturnes. Le lendemain, réveil à l’aube. Je suis avec Bagus, l’hôte de mon homestay. Mission du jour : acheter des produits locaux car un cours de cuisine est sur le feu. Bagus, je l’aime bien. C’est un taiseux, mais il dit des choses avec ses yeux.
Marché de Lima, Pérou
Les étals débordent de couleurs et de senteurs, une femme raconte son monde derrière un comptoir. Ça marchande, négocie, goûte, klaxonne et sieste à l’ombre d’un palmier… Plus loin, un homme traverse les arcades, lumière dorée sur la pierre, marchandant son temps avec le soleil.
Sur la route du lac Titicaca
Des mains s’entrecroisent aux histoires, artisans de la nature, ils m’offrent un bout de chez eux.
Taquile, lac Titicaca
Ici, on ne débarque pas comme simple spectateur : on devient invité. Les habitants guident, les gestes dévoilent, et chaque échange : un sourire, un repas, un textile, fait vivre la communauté tout en respectant ses traditions.
Japon
On croit souvent que les geishas sont des figures figées du passé. Mais l’histoire aime les pas de côté. À l’origine, les geiko étaient des hommes, appelés taikomochi : de joyeux conteurs, poètes et amuseurs. Puis les femmes ont repris le rôle, l’ont affiné, incarné, transmis, jusqu’à en faire l’art vivant que l’on connaît aujourd’hui. Un joli renversement, à l’image de ce Japon où se déguiser, se cacher, rime avec se révéler. Mont
Mont Saint-Cyr, Cahors (France)
Prendre de la hauteur, sentir le vent dans le dos, laisser les rayons lécher les arbres et patiner les maisons. Deux filles discutent sur le balcon de la colline, pendant que la ville s’étire en bas. Je ferme les yeux. L’Eigengrau s’installe, ce marron qui flotte entre ce que l’on voit et ce que l’on devine. Puis la lumière reprend sa place : le ciel a viré bourbon. Cahors devient constellation, et moi, je m’enivre d’horizons.
Art dans la ville, Cahors
Entre un « hello » collé sur une gouttière et un coeur qui murmure aux murs de la cité, Cahors me drague. Des cartes postales attendent d’être prises, tandis qu’une fille file, emportant la ville avec elle.
En rando (Espagne)
Contre-jour couchant, une silhouette avance sur les crêtes. Plus loin, le randonneur capte des éoliennes, modernes moulins à vent où l’imaginaire de Don Quichotte s’invite aisément.