Vous avez travaillé l’organisation, soutenu des projets qui ont déjà vu le jour ou sont en cours…, mais qu’est-ce qui a vraiment marqué votre première année de mandat ?
Le marqueur fort de ce début de mandat, c’est la volonté que j’ai exprimée d’embarquer toute la communauté dans la co-construction de mon projet, tout en restant à leur écoute. Parce que celle-ci a été très sollicitée les années précédentes, parce qu’elle se sent en surcharge, j’aspire en effet à la faire travailler de manière plus soutenable, en structurant les moyens RH, en diminuant le nombre de réunions et en créant des espaces d’échanges directs, en même temps que je privilégie, dans les méthodes de travail, le mode projet et la transversalité.
Cette méthode est donc votre signature ?
Oui. D’une part, je tiens à systématiquement expliquer le pourquoi de notre ambition (trajectoire, plan d’actions…) et la méthode pour atteindre ces objectifs, d’autre part, à échanger avec des sensibilités différentes pour recenser les meilleures idées et aboutir à des actions et des méthodes les plus complètes possibles. Quel que soit le sujet, l’humain doit être centre. L’AG organisée le 3 février pour présenter les projets à toute la communauté est une illustration de cette démarche. De même, j’aime tenir des réunions hors instances, et je l’ai déjà fait avec les BIATSS et les étudiants, pour que les membres de la communauté puissent échanger de manière directe avec moi.
J’ouvre systématiquement tous les sujets à la discussion et c’est extrêmement riche.
J’ai une vision à long terme pour l’établissement, mais celle-ci n’est encore que partielle concernant l’état des lieux actuel et les problématiques existantes. Et, bien souvent, cet échange de prismes permet d’aller plus loin que l’objectif posé initialement.
Où en est l’avancée de votre projet ?
Mon projet se décline autour de plusieurs mots clés. D’abord l’excellence, le modèle social, la diversité des profils et l’inclusion, avec, entre autres, la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Au-delà du recours aux sanctions disciplinaires, nous travaillons davantage encore sur la prévention en amont (ateliers de sensibilisation, formation des bénévoles associatifs, etc.). Autres mots clés, la transition écologique et sociétale, l’interdisciplinarité et l’interculturalité – si je devais avoir un rêve, ce serait que l’on parle toutes les langues sur ce campus d’ici la fin de mon mandat ! -.
Je souhaite également intensifier les relations avec les entreprises ; dans la formation, l’idée serait de mettre l’accent sur l’innovation et l’entrepreneuriat pour que nos étudiants développent le goût d’entreprendre.
J’aimerais également que nous développions davantage les contenus autour des grands enjeux contemporains de l’ingénierie, comme l’IA, la conduite du changement, la compréhension de la complexité du monde et la géopolitique.
Enfin, étant une chercheuse exigeante, je souhaite évidemment que l’ensemble des chercheurs continuent dans la voie d’excellence dans laquelle ils sont déjà engagés, ce qui se traduit par notre présence dans le classement de Shanghai, mais aussi à travers les taux de promotions ou de primes largement supérieurs à la moyenne nationale. Je souhaite mettre en place plusieurs actions pour qu’ils ne décrochent pas de leur activité de recherche, alors qu’ils sont très sollicités sur l’ensemble de leurs missions. Des primes attractives, un meilleur accompagnement et une meilleure communication autour de leurs activités et de leurs résultats, de la même manière que nous mettons en lumière des étudiants qui obtiennent des prix, car ce sont eux qui contribuent à notre rayonnement, sont proposées. Et je continuerai de les solliciter pour répondre à des appels à projets sur des prix auxquels ils peuvent prétendre. Nicolas Dietrich a ainsi obtenu, en novembre dernier, la médaille de la médiation scientifique, dans la catégorie co-création des connaissances, décernée par France Universités et le CNRS, pour l’opération de science participative « La Grande Synchr’EAU » (lire « Nicolas Dietrich – Porté par l’international, la pédagogie active et le challenge »).
Le CTE va être inauguré prochainement, quels autres projets innovants vont voir le jour à court terme ?
Nous sommes en train de créer le Centre de carrières et d’innovation (CCI), qui, regroupé avec le Centre Gaston Berger et le CTE, permettra de constituer un Pôle de responsabilité sociétale, environnementale et insertion professionnelle. La mission de ce CCI sera de structurer, centraliser et synergiser les initiatives qui permettent de mettre en interaction les étudiants avec le monde professionnel. Il rassemblera et fera monter en puissance les opérations déjà existantes et actuellement dispersées dans l’établissement (Parcours professionnel individualisé, accompagnement à l’entrepreneuriat…). Christelle Guigui, enseignante-chercheuse en génie des procédés, est missionnée pour réaliser un état des lieux de ces actions, faire des recommandations et structurer ce centre, dont la mise en service est espérée au premier semestre de cette année.
Comment avez-vous vécu personnellement cette première année de mandat ?
Comme une chance extraordinaire ! Ce que m’offrent cette communauté hyper investie, ces étudiants brillants et plein d’idées, aux profils très divers, est une vraie richesse. Ils donnent un sens à mon travail et m’invitent à œuvrer davantage encore pour le bien commun. C’est à partir de ce « terreau » extrêmement riche que l’on peut aller plus loin et c’est passionnant !
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Rédaction : Camille Pons, journaliste