Christian Mbilli, le Montargois champion du monde !

Compatibilité
Sauvegarder(0)
partager

Elle lui va comme un gant ! Le Loirétain Christian Mbilli vient de s’emparer de la ceinture verte de champion du monde de super-moyens (-76,2 kg), que seuls 26 boxeurs ont brandi dans l’histoire. Il ne détenait jusque-là « que » le titre en intérim depuis sa victoire en 2mn28 en juin dernier contre le Polonais Maciej Sulęcki, la retraite du tenant du titre mi-décembre, puis le refus de combattre de l’autre challenger. La fédération majeure de boxe anglais qu’est la WBC a ainsi choisi Christian Mbilli comme titulaire régulier.

Même si j’aurais préféré affronter Sheerez, je suis très fier de l’équipe et de moi-même. Mon titre mondial, je l'ai gagné par le travail, la discipline et le mérite. Cela faisait plus de quatre ans que l’ancien champion me refusait toute confrontation, à moi son premier aspirant. Je promets de redoubler d'exigence et d'ardeur, à l'entraînement comme dans chaque aspect de ma vie, pour défendre le titre et rappeler à tous pourquoi je suis au sommet.

Qui pour oser le contredire ? Christian Mbilli boxe comme un condamné, à croire que le temps lui est compté sur le ring. Ce rouleau compresseur a assené 24 KO avant que le « ding » de la cloche ne sonne la fin du combat, sur ses 29 victoires professionnelles en boxe anglaise, et un nul. Les défaites ? Quoi donc ? Il ne connaît pas ! Et ce en dix ans de carrière s’il vous plaît !

Ses premiers gants, Christian les enfile à quinze ans à l’USM Boxe Montargis où il atterrit quatre ans plus tôt du Cameroun. Ici, au quartier de la Chaussée, la loi du plus fort prévaut. « Quand tu n’as pas de grand-frère, on vient t’embêter, d’autant plus lorsque tu es un gamin en sous-nutrition, confie-t-il. Je suis finalement devenu le plus fort, à ne pas imaginer d’autres perspectives que la boxe. »

Solide

La vie prend ensuite exemple sur son style de jeu, directe, à 100 à l’heure. En quelques mois, il se place déjà troisième cadet français, puis premier. En 2013, il devient champion d’Europe junior en poids moyens et, à vingt ans en 2015, champion de France amateur. Un an plus tard, à ses couleurs de Montargis, s’ajoutent celles de l’équipe de France des JO de Rio. Elle qui a ressuscité la boxe française par ses six médailles emprunte même le surnom de Christian « Solide », pour ce mot d’encouragement qu’il répétait à ses copains. Lui, toujours amateur, se classe cinquième. Ce qui ne durera pas, comme de coûtume.

« En 2017, je quitte l’INSEP à Paris (Institut national du sport, de l’expertise et de la performance) pour passer professionnel à Montréal. Préparation physique, boxe et œufs durs me font prendre de la masse musculaire jusqu’à monter en catégorie super-moyens en 2019. » Solide, il le devient davantage. Américains, Français, Équatorien, Australien, ni Polonais n’ont depuis vu le jour dans les cordes d’arènes grouillantes. Le Loiret garde néanmoins une place dans son coeur, il revient souvent à Montargis embrasser sa famille et les sacs de l’USM de sa ville. Il y a même porté la flamme olympique des JO de Paris 2024 sur invitation du Département du Loiret.

Aujourd’hui, je dois apprendre à travailler plus intelligemment et prendre moins de coups pour prolonger ma carrière le plus longtemps possible. Je n’ai plus à avoir cette mentalité d’envoyer un message à chacun de mes duels. En tant que champion, le travail le plus dur sera maintenant de le demeurer.
Coordonnées
sebastien.meurs