Richie Beirach, pianiste, compositeur et pédagogue de jazz américain d’exception, est décédé le 26 janvier 2026 à Worms (Allemagne) à l’âge de 78 ans, des suites d’une longue maladie. Figure majeure du jazz moderne, il était reconnu pour sa maîtrise de l’harmonie chromatique, son langage musical unique et sa capacité à mêler l’héritage de la musique classique à l’improvisation la plus audacieuse. Né à Brooklyn en 1947, il débute tôt le piano et, après une formation au Berklee College of Music et à la Manhattan School of Music, il s’impose sur la scène new-yorkaise aux côtés de Stan Getz, Chet Baker et Lee Konitz avant de développer une collaboration de plus de cinquante ans avec le saxophoniste David Liebman. Artiste prolifique, il a enregistré plus de soixante albums, mêlant trios, duos, solos et explorations fusion, tout en enseignant le piano jazz à Leipzig pendant près de quinze ans. Hommage à Richie Beirach (1947-2026), pianiste et figure majeure du jazz contemporain !
Les racines d’un musicien libre
Richard Alan Beirach voit le jour le 23 mai 1947 à Brooklyn, New York. Il commence le piano à l’âge de cinq ans sous la tutelle du pianiste et compositeur James Palmieri, qui lui transmet une solide base classique. Jusqu’à ses treize ans, il se consacre à Mozart et Beethoven avant qu’une révélation ne change sa trajectoire : l’écoute du morceau Billy Boy interprété par Red Garland dans l’album Milestones de Miles Davis l’oriente définitivement vers le jazz.
Ayant étudié au Berklee College of Music à Boston, puis à la Manhattan School of Music où il obtient une maîtrise en composition en 1972, Beirach intègre ensuite la scène jazz new-yorkaise. Il accompagne Stan Getz, avec Dave Holland à la basse et Jack DeJohnette à la batterie, avant de rencontrer le saxophoniste David Liebman, dont il devient le partenaire musical de longue date. Cette période fondatrice — marquée par la curiosité, la rigueur et une indépendance artistique — pose les bases d’une carrière hors des modes et des pressions commerciales.
Une carrière riche et créative
Richie Beirach ne tarde pas à se faire remarquer pour sa capacité à renouveler les frontières du piano jazz. Son premier album en leader, Eon (1974), paraît sur le label ECM, et il devient une figure importante au sein de Lookout Farm, groupe de jazz fusion dirigé par David Liebman. Cette collaboration fructueuse ouvre la voie à des projets emblématiques comme le quartet Quest, formation résolument ouverte aux improvisations denses et harmonies sophistiquées.
Dans les années suivantes, Beirach poursuit une carrière foisonnante : trio avec George Mraz et Billy Hart, duos avec Liebman, enregistrements avec John Abercrombie ou Chet Baker, projets solo et compositions personnelles. Son travail explore une palette harmonique large, souvent enrichie par des influences classiques — Béla Bartók, Claudio Monteverdi ou encore Federico Mompou — intégrées à une esthétique jazz moderne.
L’héritage d’un maître du piano jazz
Richie Beirach n’est pas seulement un interprète brillant : il est aussi un penseur et un pédagogue de la musique. Installé en Allemagne dès 2001, il est professeur de piano jazz à la Hochschule für Musik et contribue pendant près de quinze ans à former de jeunes musiciens, partageant son approche harmonique et son sens aigu de l’improvisation.
Comme il le disait si bien : « Le rythme, en particulier le rythme jazz, est en quelque sorte un mystère, une énigme, invisible mais néanmoins perceptible et clair lorsqu’il est présent ou absent. Il peut être démontré et assimilé par osmose, par une écoute attentive et répétée, par la pratique et l’auto-analyse, mais d’après mon expérience, il ne peut pas s’enseigner comme une technique. Alors comment ai-je fait ? En le voulant plus que tout. En suivant les musiciens qui avaient un excellent sens du rythme et en essayant de copier leur approche.«
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Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une bonne écoute.
Hakim Aoudia.