Ils racontent La Flèche - Ville de La Flèche

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Jacques Bouillault, Colette Cosnier, Achille Germain, Paul d’Estournelles de Constant… de nombreux personnages illustres ont marqué l’histoire de la ville et de son territoire. Parmi ceux-ci, Henri IV, Léo Delibes et Jérôme Le Royer de la Dauversière sont représentés dans l’espace public : leurs statues racontent une partie de l’histoire de La Flèche.

C’est de loin le plus illustre. Et comme il se doit, il occupe une place de choix, une place de… roi en l’occurrence. Henri IV se dresse sur la place qui porte son nom, en cœur de ville. Né en 1553 à Pau et mort à Paris en 1610, de la main de François Ravaillac, il fut roi de France du 2 août 1589 à ses derniers instants. Un roi qui ramena la paix entre les catholiques et les protestants, après des années de conflits sanglants.

Fléchois d’adoption, le futur Henri IV vient durant sa petite enfance au Château-Neuf que sa grand-mère, Françoise d’Alençon, avait fait construire à l’emplacement de l’actuel Prytanée. En 1603, il en fait don aux Pères Jésuites : le château devient alors un collège, l’équivalent d’une université, qui rencontre le succès avec mille élèves dès 1610. Parmi ceux-ci, un certain René Descartes, mathématicien, physicien et philosophe français.

Aujourd’hui et depuis 1808, sur décision de Napoléon 1er, les bâtiments de l’ancien collège abritent l’un des six lycées de la défense français. C’est ainsi que chaque année, lors de la fête de Trime, la statue d’Henri IV accueille le prix d’honneur du Prytanée. C’est depuis son socle qu’il s’adresse à la foule, après avoir été porté en triomphe par ses camarades brutions.

Départ de Port-Luneau

Buste de Jérôme le Royer de la Dauversière

Le buste de Jérôme Le Royer de la Dauversière se trouve quant à lui près de l’hôtel de ville, au cœur d’un parterre fleuri. Né en 1597 et décédé en 1659, il est le fondateur de la congrégation des religieuses hospitalières de Saint-Joseph. Il est aussi l’instigateur de la fondation de Ville-Marie, future Montréal.

Fervent catholique, père de cinq enfants dont quatre consacreront leur vie à Dieu, il se lance dans cet extraordinaire projet après une vision, en 1630. La légende veut en effet que l’inspiration lui soit venue, en prière, devant la statue de Notre-Dame du Chef du Pont. Cette petite statue en pierre peinte du 13e siècle représentant une Vierge à l’Enfant était alors abritée dans une chapelle voisine du château des Carmes (petite statue aujourd’hui visible à l’église Saint-Thomas).

Sa vision le convainc de fonder la colonie de Ville-Marie au Canada et la congrégation de religieuses hospitalières, destinée à y servir. Jérôme Le Royer de la Dauversière crée une société chargée de trouver les appuis et les ressources nécessaires à l’achat de l’île découverte par Jacques Cartier sur le fleuve Saint-Laurent.

Il organise ensuite les recrues de colons qui partent de Port-Luneau, pour rejoindre les ports de Nantes, de La Rochelle puis le Québec afin de fonder Ville-Marie. Jérôme Le Royer de la Dauversière quant à lui ne se rendit jamais au Canada.

Une nouvelle Lakmé

Buste de Léo Delibes et statue de Lakmé

Plus près de nous, c’est en 1836 que nait le compositeur Léo Delibes, auteur d’opérettes, ballets, opéras comiques, piécettes pour piano et œuvres de musique religieuse. Né à Saint-Germain, commune encore loin d’être rattachée à La Flèche, Léo Delibes est le fils d’un postier mort prématurément et d’une musicienne amatrice.

Son oncle, l’organiste Antoine Édouard Batiste, va le prendre sous son aile et lui permettre de suivre des études musicales à Paris. C’est avec l’opérette qu’il connait le succès populaire. Il en écrit quatorze en quatorze ans, la plupart pour le théâtre de son ami Offenbach.

Le ballet Coppélia en 1870, est un triomphe, tandis que l’opéra Lakmé en 1883, lui apporte définitivement la gloire. Son buste fléchois se trouve à proximité de la salle de spectacle Coppélia depuis 1899. Il surmonte une statue de Lakmé, réalisée en 2000, en remplacement de la pièce d’origine en bronze, fondue en 1942 dans le cadre de la campagne de récupération des métaux non ferreux, lancée par le gouvernement de Vichy.

Saint-Germain aussi se devait de rendre hommage au célèbre compositeur. Un monument situé devant l’église y fut inauguré en 1899 puis disparut pendant l’Occupation… Reste néanmoins sa maison natale, toujours visible, à proximité de l’école portant son nom.

Une grande pédagogue fléchoise

Le tableau de Marie Pape-Carpantier est exposé dans l’école portant son nom

« Marie Carpantier connaît une enfance triste et pauvre » écrivait Colette Cosnier, universitaire et féministe née à La Flèche, dans le Cahier fléchois 1995. Rien ne laisse imaginer en effet l’ascension qui sera la sienne.

Née en 1815 à La Flèche, orpheline de père, elle est élevée par sa mère qui travaille à l’atelier de confection du Collège royal. Après avoir appris à lire et à écrire, Marie Carpantier, future épouse de Monsieur Pape, commence quant à elle un apprentissage de repasseuse et de gantière. Mais en 1834, elle est nommée directrice de la salle d’asile qui vient d’être créée : une garderie où les enfants pauvres étaient placés pendant que leurs parents travaillaient.

En 1842, elle quitte La Flèche pour rejoindre Le Mans où elle dirige la salle d’asile du Prés. C’est là qu’elle élabore son premier ouvrage pédagogique, Conseils sur la direction des salles d’asile qui recevra le Grand Prix de l’Académie française.

Cinq ans plus tard, la voici à Paris. « Son livre a eu un tel retentissement qu’on lui confie la direction de l’école où vont se former les futures enseignantes de la petite enfance » écrit Colette Cosnier. Cet établissement deviendra plus tard l’école normale maternelle.

Attachée à la leçon de choses, « elle voulait permettre aux jeunes enfants d’ouvrir leur intelligence et de s’approprier le monde à travers le corps et son langage, complète l’autrice. Bien avant Jules Ferry, elle a établi des projets pour l’éducation des filles, voulant que celles-ci soient scolarisées au même titre que les garçons ».

Autrice d’ouvrages pédagogiques, de livres pour enfants, d’articles sur la condition féminine, de poèmes… Marie Pape-Carpantier fut aussi la première femme à donner une conférence à la Sorbonne, devant des instituteurs venus de toute la France, à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1867. Aujourd’hui de nombreuses écoles portent son nom, comme à La Flèche.

Coordonnées
Emmanuel Pinson