Ambassadeurs du Loiret : Chantal Pichon, pionnière de l’ARN messager

Compatibilité
Sauvegarder(0)
partager

Pour sa campagne de communication du mois de février, le Département du Loiret met ses Ambassadeurs en lumière. Ils sont nés dans le Loiret ou l'ont adopté et, par leur activité, ils font rayonner notre territoire au-delà de ses frontières. Nous vous les présentons. Aujourd'hui, découvrez le parcours passionnant de Chantal Pichon, chercheuse spécialiste de l'ARN messager.

À dix-huit ans, Chantal Pichon quitte son Madagascar natal pour étudier à Marseille. « J’ai suivi les cours de la professeure Lazdunski. C'était une grande dame et je m’identifiais à elle. C'est à ce moment-là que j'ai décidé de devenir enseignante-chercheuse. » Après une thèse obtenue dans la cité phocéenne et un post-doct à Cambridge, Chantal Pichon arrive à Orléans. « J’ai d’abord travaillé sur l’ADN puis, en 2004, avec mon équipe du Centre de biophysique moléculaire, nous avons ciblé l’ARN messager. Katalin Karikó* s’y était déjà attaquée mais nous avons été les pionniers de cette recherche sur le sujet en France. Nous avons développé une technique alternative de bioproduction d’ARN messager et déposé un brevet français puis européen. » Pourtant, les chercheurs travaillant sur cette molécule n’étaient pas nombreux… « Nous étions des visionnaires. La lutte contre le Covid-19 a révélé à quel point la potentialité de cette molécule est fabuleuse. C’est la clé de la médecine du futur que nous avons entre les mains. »

La notoriété de ses travaux l’amène à figurer, en 2021, dans la liste des cinquante Français les plus influents au monde du magazine Vanity Fair.

Aujourd’hui, Chantal Pichon dirige l’Accélérateur de recherche technologique (ART) sur l’ARN messager de l'Inserm** d’Orléans. Créé en janvier 2023, il s’impose déjà comme l’un des pôles les plus innovants en biotechnologie et biothérapies en France. Sa vocation est claire : repousser les limites de cette technologie pour concevoir les traitements de demain.

Un laboratoire au cœur de l'innovation thérapeutique

L’ARN messager ouvre aujourd’hui des perspectives bien au-delà du champ des maladies infectieuses. À Orléans, les équipes de Chantal Pichon travaillent sur de nouvelles approches thérapeutiques en immunothérapie (cancers, maladies auto-immunes, infections), en thérapies protéinées (maladies métaboliques ou troubles sanguins) et en médecine régénérative, notamment pour le diabète, la cicatrisation ou la régénération osseuse. Le laboratoire joue également un rôle de plateforme collaborative, en lien étroit avec des partenaires prestigieux comme l’Institut Pasteur, l’Institut Curie et l’Université d’Orléans, et s’inscrit dans plusieurs projets européens visant à accélérer l’usage médical de l’ARNm.

Le laboratoire a déjà déposé quatre brevets portant sur des innovations technologiques majeures, comme un transporteur capable d’administrer des vaccins à ARN messager directement au niveau des muqueuses touchées par un cancer. Ces avancées laissent entrevoir des traitements plus ciblés et plus efficaces. Soutenus par le programme France 2030, les projets menés à Orléans visent désormais une application clinique, objectif ultime pour Chantal Pichon et ses équipes. « C’est un gros challenge mais la recherche, j’ai toujours eu ça en moi. »

Même très occupée par ses projets scientifiques, Chantal sait s’octroyer des moments de répit au bord de la Loire : « Quand je suis à l'étranger, elle me manque. Je suis une grande fan du Loiret. C'est un territoire que j'ai choisi. »

* vice-présidente senior de BioNTech, à l’origine du vaccin Pfizer contre le Covid-19

** Institut national de la santé et de la recherche médicale

Coordonnées
melanie.potau