Hebdo de l’énergie : l’actualité des marchés du 20 février 2026

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Nos experts vous présentent leur analyse complète de toute l’actualité sur les marchés de l’énergie à la date de clôture du 20 février 2026.

Marché de l'électricité

Électricité : Des prix trop bas ​ pour être vrais​

L’électricité française évolue aujourd’hui autour de 52–58 €/MWh sur la European Energy Exchange pour 2026. À première vue, tout semble sous contrôle. Les prix sont modérés, la volatilité contenue, et l’horizon dégagé. Mais sous cette surface apaisée se cache une équation plus fragile.​

EDF n’a signé que 12 contrats d’allocation de production nucléaire (CAPN), représentant environ 6 TWh annuels — bien loin des 40 TWh envisagés pour prendre le relais de l’Arenh. Pourquoi si peu ? Parce que le marché valorise l’électricité à un niveau inférieur aux coûts estimés du parc nucléaire, situés entre 60 et 70 €/MWh. Autrement dit, les prix actuels traduisent une abondance perçue, pas une rentabilité assurée.​

À court terme, cela crée des fenêtres de couverture intéressantes sur 3 à 5 ans. À moyen terme, la question devient structurelle : un système énergétique peut-il durablement fonctionner en dessous de ses coûts ? L’histoire économique est constante : lorsque les prix ignorent trop longtemps les fondamentaux, l’ajustement finit toujours par se produire.. ​

À la une

Marché électrique européen : ​ la tentation du grand chambardement​

À Bruxelles, le débat gronde. La Commission européenne envisage de rouvrir le chantier du marché de l’électricité. Une idée qui hérisse Eurelectric. ​Pour son secrétaire général Kristian Ruby, le timing est mal choisi : l’Europe vient à peine d’achever une réforme d’ampleur. ​​Changer encore les règles reviendrait à injecter de l’incertitude là où les investisseurs réclament de la visibilité.​

Découpler le gaz : mirage ou nécessité ?​

​Des industriels comme Eurofer dénoncent des prix durablement trop élevés, indexés sur le gaz. Faut-il casser le thermomètre marginaliste ? ​Pour beaucoup d’acteurs, le problème n’est pas le mécanisme, mais la place du gaz dans la formation des prix.​​

Investissements sous tension​

​WindEurope redoute des interventions politiques qui figeraient les capitaux. La solution ? Généraliser les PPA et CFD pour sécuriser les revenus et lisser la volatilité.​

Le gaz en repli, le temps en arbitre​

Selon les projections sur le hub TTF, les prix du gaz sont orientés à la baisse. Or toute réforme prendrait au moins 18 mois. ​

​Autrement dit : le marché aura peut-être corrigé seul ce que la politique veut précipiter.​

Tour d’horizon des autres faits marquants

EDF : profits sous pression​

EDF encaisse la chute des prix de gros : l’Ebitda de sa branche trading recule de 30,5 %. Malgré une production nucléaire au plus haut depuis 2019, le recul des prix pèse sur la rentabilité.​

Nucléaire modulé, coûts majorés​

La modulation croissante du parc pourrait coûter plus de 310 millions d’euros par an en maintenance. Adapter les réacteurs à la montée du solaire use les équipements et renchérit l’exploitation.​

Nordiques : la guerre des bourses​

En Scandinavie, la sortie de Nasdaq redistribue les cartes. EEX et Nord Pool s’affrontent pour capter les volumes. Derrière la bataille technique, un enjeu clé : la liquidité, nerf de la guerre des marchés électriques européens.​

– Helder FARIA RUBIO, ​

Responsable Intelligence Economique chez Capitole Energie​

Marché du gaz

Gaz : Douceur climatique, ​ tension invisible​

Les températures plus clémentes font refluer la demande et le TTF évolue autour de 30–34 €/MWh. Les flux de GNL sont soutenus, les arbitrages logistiques fonctionnent, et le marché semble retrouver un semblant de confort. Mais cette accalmie repose sur un socle étonnamment fragile.​

Les stocks européens ne sont remplis qu’à un peu plus de 32 %, nettement sous les niveaux de l’an passé. En France, ils flirtent avec 21 %. Cela signifie qu’au moindre choc — vague de froid tardive ou incident d’approvisionnement — la réaction pourrait être brutale. Le marché n’est pas excédentaire, il est simplement confiant… pour l’instant.​

S’ajoute une prime géopolitique diffuse. Les discussions entre Donald Trump et l’Iran maintiennent en arrière-plan le risque d’une perturbation du détroit d’Ormuz, par lequel transite près de 20 % du GNL mondial. Cette hypothèse suffit à rappeler que le plancher actuel n’est pas un ancrage, mais un compromis temporaire.​

À la une

Gaz européen : ​ le baril de poudre d’Ormuz​

Il suffit parfois d’un goulet d’étranglement pour faire trembler un continent. Le détroit d’Ormuz, par où transite près de 20% du GNL mondial, redevient l’épicentre des inquiétudes. ​

Si Donald Trump mettait sa menace à exécution contre l’Iran, la fermeture du passage frapperait de plein fouet les cargaisons du Qatar et des Émirats arabes unis.​

Le marché sous prime géopolitique​

Le TTF évolue autour de 33 €/MWh. Encore loin des sommets hivernaux, mais déjà chargé d’une prime de risque. ​En cas d’escalade, les anticipations évoquent 40 à 60 €/MWh. Le gaz n’aime pas l’incertitude — et encore moins les missiles.​

L’équation impossible​

Durée d’un conflit ? Réaction des armateurs ? Riposte iranienne ? Trop d’inconnues pour modéliser finement. Mais une certitude : la volatilité serait immédiate.​

Des fondamentaux plus mous​

Hors scénario extrême, la fin de l’hiver et une demande en reflux limitent la pression. Une désescalade effacerait rapidement la prime actuelle. ​

Comme souvent, le marché price le pire… avant d’espérer le meilleur.​

Tour d’horizon des autres faits marquants, par notre expert

Coordonnées
Morgane Thomas