Une brève histoire de la Terre et de la Vie - MNLE - Mouvement National de Lutte pour l'Environnement

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Éric Escoffier est enseignant et consultant en permaculture et systèmes régénératifs au sein de l’organisation Permaculture sans frontières et de l’association Les Mains Sages – Permaculture. Julie Gaffarel, agronome de formation, est intervenante bénévole dans ces mêmes associations.

Pour nous parler de permaculture, ils commencent par le commencement : la photosynthèse, les champignons mycorhiziens, la forêt qui fabrique son propre sol et sa propre pluie. Ce n’est pas un détour — c’est le préalable indispensable. Car comprendre ce que la vie a construit seule, avant nous, c’est comprendre ce dont la permaculture s’inspire.

Eau potable

C’est la forêt qui garantit la salubrité des eaux des ruisseaux qui la parcourent, ainsi que des sources. (À cause de la déforestation, plus de 5 millions de personnes meurent chaque année de maladies liées à la consommation d’eau insalubre, majoritairement des enfants.) La forêt est le seul élément du système Terre capable de :

  • garantir l’humidité du système (jamais mouillé, jamais sec, toujours humide),
  • recharger les nappes phréatiques,
  • empêcher l’érosion et les inondations,
  • empêcher les sécheresses et les incendies,
  • purifier les eaux de surface.

La photosynthèse se fait à l’ombre !

La photosynthèse utilise l’énergie des photons, mais elle ne fonctionne pas correctement sous la lumière directe du soleil : c’est sous un certain degré d’ombre que la photosynthèse fonctionne correctement.


(Le degré d’ombre optimal dépend bien évidemment des espèces et du climat…)
Cette loi générale n’empêche pas que certaines espèces, dites pionnières, soient capables de germer et croître en pleine lumière, même si elles préfèrent elles aussi un certain degré d’ombre. (Valable même pour les cactus, oponces, agaves, aloès…)

Non concurrence : la danse de la Vie

La forêt, et plus généralement les écosystèmes sauvages, sont des systèmes fondamentalement non concurrentiels.


Certes, dans les systèmes naturels coexistent les relations de compétition et les relations mutuellement bénéfiques. Mais l’important est que : le jeu de la tension et de l’harmonie issues de l’intrication et de l’interaction de tous les processus, éventuellement antagonistes, partout présents à toute échelle, depuis l’atome jusqu’à l’écosystème et la planète, en passant par la cellule, la  plante 1 et l’animal,
résultent en des  patterns 3  et un fonctionnement émergents qui s’avèrent être essentiellement collaboratifs et symbiotiques, partout fractalement à chaque saut d’échelle, et donc globalement aussi.

C’est la danse de la Vie.


À propos de ces sauts d’échelle intégrateurs où les tensions (antagonismes, concurrences) se dissolvent, on ne peut s’empêcher de penser au merveilleux  texte de Joel Glanzberg 4 cité plus haut, et notamment à ce paragraphe, que nous avons traduit ainsi :

La vie est par nature créatrice. Contrairement aux systèmes mécaniques, c’est ainsi qu’elle dissout et résout (« di-solves ») ses problèmes. Elle évolue vers de nouveaux niveaux ou mondes, où les problèmes ne sont plus des problèmes. Cela est au cœur de la gouvernance dans les systèmes vivants. Il n’y a pas d’opérateur clairvoyant qui dirige. Chaque membre joue son rôle, unique, pour faire avancer le tout.

Ce fonctionnement intégrateur essentiellement symbiotique qui émerge spontanément de la compétition et de la coopération dans les systèmes naturels est toujours  productif 2 , excédentaire et auto-régulateur.

Il n’est finalement rien d’autre que la physiologie du système.

Autrement dit, contrairement aux systèmes agricoles, la très forte densité/diversité des végétaux dans les systèmes naturels, loin d’être concurrentielle, est garante de leur productivité et de leur  homéostasie 2 .


Plus généralement, c’est la diversité et la complexité naturelle des écosystèmes sauvages qui garantissent leur productivité et leur  résilience 2  inouïes – notamment par l’extraordinaire intrication et le nombre quasi illimité des interactions entre leurs éléments…

Notons au passage que dans de tels systèmes, les productions et les « déchets » des uns sont les nutriments et les médicaments des autres…

“The major problems in the world are the result of the difference between how nature works and the way people think.” 

Gregory Bateson

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