Le centre des métiers d'art (Polynésie française)

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La chambre territoriale des comptes de Polynésie française a contrôlé les comptes et la gestion du Centre des métiers d’art de la Polynésie française (CMA) pour les exercices 2020 et suivants.

Le CMA, établissement public administratif de la Polynésie française, bénéficie d’une autonomie morale et financière, mais est financé à plus de 95 % par des subventions publiques. Il représente entre 7 et 9 % de l’effort financier culturel de la collectivité.

Fondé en 1980, le CMA a pour missions la formation d’artisans hautement qualifiés dans les disciplines artistiques traditionnelles et modernes et la recherche et le perfectionnement des techniques artisanales. En ce sens, il est un des dépositaires de la culture polynésienne.

Il propose deux filières de formation professionnelle, reconnue nationalement depuis 2018, le certificat polynésien des métiers d’arts (CPMA) et le brevet polynésien des métiers d’art (BPMA). 

En partenariat avec le lycée Samuel Raapoto, il offre également une formation de niveau licence : le diplôme national des métiers d’art et du design (DN MADE), ouvert à la rentrée scolaire 2022/2023. 

Bien que reconnu pour son rôle dans la valorisation et la préservation de la culture polynésienne et bénéficiant d’une renommée, y compris internationale, le CMA présente des fragilités auxquelles il convient de remédier. Cela passe notamment par l’élaboration d’un projet d’établissement, une amélioration des pratiques pédagogiques, un accompagnement accru des élèves et un recentrage sur les référentiels des trois diplômes délivrés. 

Par ailleurs, l’établissement connait une baisse d’attractivité tout en étant limité par ses locaux et les capacités d’insertion professionnelle, le nombre d’élèves aux examens d’entrée ayant diminué et le taux de réussite est affecté par le décrochage scolaire, plus particulièrement en CPMA et sur la première promotion du DN MADE. 

De plus, en raison de non-conformités aux normes, le premier étage du bâtiment administratif est condamné, réduisant la superficie d’enseignement utile. Les conditions d’hygiène et de sécurité, ainsi que le défaut d’investissement dans les bâtiments, comportent des risques auxquels il convient de remédier sans délai, et limitent le nombre d’élèves par filière.

La gestion des ressources humaines présente des insuffisances, avec de nombreux recrutements et prestations externalisées sujets à caution. L’organisation des emplois du temps n’est pas efficiente et le coût horaire de formation (près de 23 000 F CFP) est élevé. 

D’une manière générale, le CMA doit améliorer la qualité de ses comptes, plus particulièrement en matière d’engagement comptable et de gestion des biens immobilisés.

L’absence de processus organisé et de suivi de son inventaire physique depuis de nombreuses années conduit à la présence au niveau de son actif de biens susceptibles d’avoir été mis au rebus ou de l’être.

Le suivi des objets créés par les élèves et enseignants et l’inventaire des œuvres mises en collection ne sont pas à jour, avec une valorisation financière qui peut parfois être sous-estimée.

La chambre a formulé 12 recommandations pour une mise en conformité et une plus grande efficacité de l’établissement.

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sdurouchard