"Ils ont existé. Ils ont existé" : hommage national aux victimes du terrorisme du 11 mars - Ville de Saint-Étienne-du-Rouvray - Site officiel

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Commémoration - 11 mars 2026

Les élèves de troisième du collège Louise-Michel ont lu le poème Lorsque les grands arbres tombent de la poétesse Noire américaine Maya Angelou. Photo : Loïc Seron

Depuis 2020, le 11 mars est une journée d’hommage national aux victimes du terrorisme. Des cérémonies sont organisées dans tout le pays. En Seine-maritime, cette commémoration se déroule à Saint-Étienne-du-Rouvray, devant la stèle pour la paix qui a été érigée suite à l’attentat du 26 juillet 2016. Mercredi 11 mars 2026, la cérémonie a été ponctuée par la lecture du poème Lorsque les grands arbres tombent de la poétesse et militante des droits civiques Noire américaine Maya Angelou, récité par quatre élèves de troisième du collège stéphanais Louise-Michel.

Lorsque les grands arbres tombent – Maya Angelou

Lu par les élèves de troisième du collège Louise Michel

Lorsque les grands arbres tombent,

Les roches sur les collines lointaines frissonnent,

Les lions courbent l’échine

dans les hautes herbes,

et même les éléphants

se déplacent d’un pas lourd à la recherche d’un lieu sûr.

Lorsque les grands arbres tombent

dans les forêts,

les petites choses reculent dans le silence,

leurs sens érodés au-delà de la peur.

Lorsque les grandes âmes meurent,

l’air qui nous entoure devient

légère, rare, stérile.

Nous respirons, à coup bref.

Nos yeux, brièvement,

perçoivent avec une clarté offensante.

Notre mémoire, brusquement aiguisée,

examine,

rumine d’aimables paroles non-dites,

des promesses de promenades jamais tenues.

Les grandes âmes meurent et

notre réalité, liée à eux,

prend congé de nous.

Nos âmes,

dépendantes de leur nourriture,

sont à présent rétrécies, ratatinées.

Nos esprits formés

et informés par leur éclat,

déclinent.

Nous ne sommes pas tant affolés que réduits à l’indicible ignorance

des grottes sombres et froides.

Et quand de grandes âmes meurent,

Après une période, la paix fleurit,

de manière lente et toujours irrégulière.

Les espaces se remplissent d’une sorte de vibration électrique apaisante.

Nos sens, restaurés, qui ne seront jamais les mêmes, nous chuchotent:

Ils ont existé. Ils ont existé.

Nous pouvons être.

Être et être meilleurs.

Car ils ont existé.

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