Du 20 février au 14 juin 2026, le LaM – Lille Métropole Musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut à Villeneuve-d’Ascq consacre une grande exposition à Vassily Kandinsky, l’un des fondateurs de l’abstraction. Intitulée « Kandinsky face aux images », cette manifestation exceptionnelle, coorganisée avec le Centre Pompidou, explore un aspect moins connu du travail du peintre : le rôle déterminant des images dans la formation de son langage pictural. Photographies, reproductions, illustrations scientifiques ou archives personnelles révèlent comment l’artiste puisait dans un vaste répertoire visuel pour nourrir sa recherche spirituelle et formelle. À travers œuvres majeures, documents rares et archives provenant notamment du legs de Nina Kandinsky, l’exposition invite à pénétrer dans l’atelier mental du peintre et à comprendre la genèse de son abstraction. Pensée pour tous les publics, elle propose également visites, conférences et médiations destinées aux familles et aux jeunes visiteurs. Une occasion rare de redécouvrir Kandinsky à la lumière de ses sources visuelles et de mesurer l’influence des images sur l’une des révolutions artistiques majeures du XXᵉ siècle. Exposition Kandinsky face aux images : l’abstraction revisitée au LaM Lille Métropole Musée d’art moderne de Villeneuve-d’Ascq !
Kandinsky, pionnier de l’abstraction
Né en 1866 à Moscou, Vassily Kandinsky est aujourd’hui considéré comme l’un des pères de la peinture abstraite. Après des études de droit et d’économie, il décide à l’âge de trente ans de se consacrer à l’art et part se former à Munich, alors l’un des centres de l’avant-garde européenne. Très tôt, il s’interroge sur la puissance expressive de la couleur et sur la possibilité d’un langage pictural affranchi de la représentation du monde visible.
Au début du XXᵉ siècle, Kandinsky participe à la fondation du groupe Der Blaue Reiter (Le Cavalier bleu), mouvement qui cherche à dépasser le naturalisme pour explorer une dimension spirituelle de l’art. Dans ses écrits théoriques, notamment Du spirituel dans l’art (1911), il affirme que la peinture doit agir comme la musique, suscitant des émotions et des correspondances intérieures plutôt que reproduire la réalité.
Ses toiles évoluent progressivement vers l’abstraction, où formes géométriques, lignes dynamiques et couleurs vibrantes composent un univers autonome. Après la Révolution russe, l’artiste quitte Moscou et rejoint l’école du Bauhaus en Allemagne, où il enseigne à partir de 1922 et approfondit ses recherches sur les rapports entre formes, couleurs et structures.
Installé en France dans les années 1930, Kandinsky poursuit son œuvre jusqu’à sa mort en 1944. Son travail, à la croisée de la spiritualité, de la musique et de la théorie des formes, marque durablement l’histoire de l’art moderne et ouvre la voie à de nombreuses expérimentations abstraites.
Une exposition pour entrer dans l’atelier visuel de Kandinsky
Présentée au LaM – Lille Métropole Musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut, l’exposition « Kandinsky face aux images » propose une lecture renouvelée de l’œuvre du peintre. Conçue en partenariat avec le Centre Pompidou, elle réunit un ensemble exceptionnel d’œuvres, d’archives et de documents provenant notamment du legs de Nina Kandinsky et de nombreux prêts européens.
L’originalité du parcours réside dans l’attention portée aux images qui ont nourri l’imaginaire de l’artiste. Photographies de paysages russes, illustrations scientifiques, images de presse ou reproductions d’œuvres d’art y apparaissent comme de véritables matrices visuelles. L’exposition montre comment Kandinsky collecte, observe et transforme ces images, les intégrant à son processus créatif jusqu’à les transfigurer dans l’abstraction.
Certaines sections éclairent par exemple la genèse de l’Almanach du Cavalier bleu, publication majeure de l’avant-garde artistique en 1912, dans laquelle Kandinsky rapprochait icônes russes, masques africains ou estampes japonaises pour démontrer l’universalité des formes. D’autres mettent en lumière ses années au Bauhaus, où l’image devient un outil d’analyse et d’enseignement.
À travers près de quatre cents œuvres et documents, l’exposition invite ainsi à pénétrer dans la « fabrique de l’abstraction » et à comprendre comment le regard de Kandinsky s’est construit à partir d’un réseau complexe d’images et de références culturelles.
À découvrir en famille
Par son caractère visuel et pédagogique, l’exposition « Kandinsky face aux images » se prête particulièrement à une visite en famille. L’univers coloré et dynamique de l’artiste constitue souvent une première porte d’entrée vers l’art moderne pour les jeunes publics.
Cycle 1 et maternelle (3-6 ans). Les enfants peuvent découvrir la peinture abstraite à travers le jeu des couleurs et des formes. Une activité simple consiste à repérer dans les tableaux les lignes, cercles ou triangles, puis à composer leur propre image abstraite inspirée de celles de Kandinsky.
Cycle 2 (6-8 ans). Les élèves peuvent être invités à comparer les images présentées dans l’exposition — photographies, motifs populaires ou illustrations — avec les œuvres finales. Cette démarche permet de comprendre comment un artiste transforme le réel en composition picturale.
Cycle 3 (9-11 ans). L’exposition offre un excellent support pour aborder l’histoire de l’art moderne et les correspondances entre arts. Les enseignants peuvent par exemple associer musique et peinture, en demandant aux élèves d’imaginer les sons ou les émotions que suggèrent certaines compositions colorées.
Collège et lycée. Enfin, les archives et documents présentés permettent d’illustrer la naissance de l’abstraction et le rôle du Bauhaus dans l’enseignement artistique au XXᵉ siècle.
Grâce à ces approches concrètes, la visite devient une expérience à la fois esthétique et pédagogique, capable de stimuler la créativité des plus jeunes tout en éclairant l’histoire de l’art moderne.
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Hakim Aoudia.