À Marseille et du 18 mars au 31 août 2026, le Mucem consacre une grande exposition à l’un des thèmes les plus universels de l’histoire humaine : la maternité. Intitulée Bonnes Mères, cette traversée artistique et anthropologique explore plus de quatre millénaires de représentations de la mère dans les cultures méditerranéennes. Entre mythes antiques, figures religieuses, réalités sociales et créations contemporaines, le parcours met en lumière la puissance symbolique et politique de la maternité. De la déesse-mère antique à la célèbre « Bonne Mère » qui veille sur Marseille, l’exposition interroge les images idéalisées de la mère tout en révélant la diversité des expériences vécues par les femmes. Œuvres antiques, installations contemporaines, photographies, films et objets ethnographiques dialoguent dans une scénographie immersive réunissant près de 350 pièces. Pensée comme un miroir de la société, Bonnes Mères invite à réfléchir aux injonctions, aux luttes et aux transformations liées à la maternité dans le bassin méditerranéen. Accessible et riche de dispositifs pédagogiques, l’exposition constitue également une expérience culturelle idéale à partager en famille, offrant aux jeunes visiteurs une porte d’entrée sensible vers l’histoire, l’art et les questions de société contemporaines. Exposition Bonnes Mères au Mucem de Marseille, ou la maternité méditerranéenne entre mythe, art et société !
La maternité méditerranéenne, un imaginaire millénaire
Dans l’espace méditerranéen, la figure maternelle occupe une place singulière, à la fois intime, symbolique et politique. Depuis l’Antiquité, les sociétés qui bordent cette mer ont façonné une multitude de récits, de rites et d’images célébrant la mère comme source de vie, protectrice et médiatrice entre les générations.
Des grandes déesses-mères antiques aux figures religieuses de la Vierge, la maternité apparaît comme un archétype fondateur. Ces représentations idéalisées ont nourri l’imaginaire collectif pendant des siècles, faisant de la mère une figure sacrée, parfois même nationale ou politique. Dans de nombreuses cultures méditerranéennes, la mère reste la « reine » de la sphère domestique, garante de la transmission des valeurs, de la mémoire familiale et des traditions.
Mais derrière cette aura symbolique se cache une réalité plus complexe. La maternité, longtemps utilisée pour définir la place sociale des femmes, a aussi servi à légitimer des rapports de pouvoir et à assigner les femmes à un rôle spécifique. Aujourd’hui, historiens, sociologues et artistes interrogent cette construction culturelle afin de révéler la pluralité des expériences maternelles.
La maternité méditerranéenne apparaît ainsi comme un territoire d’exploration fascinant, où se croisent mythologie, religion, politique et création artistique. C’est précisément cette richesse, entre héritage antique et questionnements contemporains, que l’exposition Bonnes Mères propose d’explorer.
Une exposition ambitieuse au Mucem
Présentée à Marseille du 18 mars au 31 août 2026 au Mucem, l’exposition Bonnes Mères propose une exploration inédite de la maternité dans les cultures méditerranéennes. Conçue par la chercheuse Caroline Chenu et la militante Anne-Cécile Mailfert, elle rassemble environ 350 œuvres, de l’Antiquité à la création contemporaine.
Le parcours se déploie en trois grandes sections. La première plonge le visiteur dans l’univers des imaginaires maternels : déesses antiques, figures religieuses ou allégories nationales y témoignent de l’idéalisation de la mère dans les sociétés. La seconde partie s’attache au contraire aux réalités de la maternité, abordant des thèmes longtemps restés tabous, comme le corps féminin, l’accouchement, l’allaitement ou les expériences de maternité non conventionnelles.
La dernière section explore les liens de transmission entre mères et enfants, révélant les gestes, les héritages et les récits qui traversent les générations.
La richesse de l’exposition tient également à la diversité des œuvres présentées : sculptures antiques, objets ethnographiques, installations monumentales, photographies et extraits de films. Des artistes majeures comme Louise Bourgeois, Niki de Saint Phalle ou Joana Vasconcelos dialoguent avec des créatrices contemporaines du bassin méditerranéen.
Grâce à une scénographie immersive et lumineuse, l’exposition propose ainsi une réflexion sensible sur la maternité, envisagée comme expérience universelle mais profondément ancrée dans l’histoire culturelle de la Méditerranée.
À découvrir en famille
Si Bonnes Mères s’adresse aux amateurs d’art et d’histoire, l’exposition se révèle également particulièrement adaptée à une visite en famille. Le Mucem propose d’ailleurs des dispositifs spécifiques pour le jeune public, comme des visites sensorielles, des ateliers d’arts plastiques ou des parcours adaptés aux enfants dès le plus jeune âge.
Pour les cycles 1 et 2 (maternelle et début d’école primaire), l’exposition peut servir de point de départ à des activités autour des émotions, de la famille et de la représentation du corps. Les œuvres évoquant les relations mère-enfant permettent d’aborder les notions d’attachement, de protection et de transmission à travers des images et des récits accessibles.
Au cycle 3 (CM1-CM2-6e), la visite peut enrichir les programmes d’histoire et d’enseignement moral et civique. Les représentations antiques des déesses-mères ou les images religieuses offrent l’occasion d’étudier les mythes fondateurs et les symboles qui structurent les sociétés méditerranéennes.
Pour les collégiens et lycéens, l’exposition ouvre enfin des pistes de réflexion sur les questions contemporaines : droits des femmes, représentations sociales du corps, ou encore rôle des artistes dans les débats de société.
En réunissant histoire, art et enjeux actuels, Bonnes Mères transforme la visite du musée en véritable expérience pédagogique. Une manière sensible et intelligente de découvrir, en famille, comment les images de la maternité façonnent depuis des millénaires les cultures de la Méditerranée.
Soutenez-nous
Nous vous encourageons à utiliser les liens d’affiliation présents dans cette publication. Ces liens vers les produits que nous conseillons, nous permettent de nous rémunérer, moyennant une petite commission, sur les produits achetés : livres, vinyles, CD, DVD, billetterie, etc. Cela constitue la principale source de rémunération de CulturAdvisor et nous permet de continuer à vous informer sur des événements culturels passionnants et de contribuer à la mise en valeur de notre culture commune.
Hakim Aoudia.