À l’approche de la Journée du bonheur et de la Journée mondiale de la trisomie 21, l’OCH vous invite à réfléchir à ce que les personnes porteuses de trisomie peuvent nous apprendre sur la joie et le bonheur : Chronique RND de Florence Gros du 18 mars 2026
Pierre-Hugues : Dans quelques jours, vendredi et samedi prochains, la journée internationale du bonheur va précéder la journée internationale de la trisomie. Vous souhaitez nous en parler
Chaque journée internationale représente une occasion d’informer le public sur des thèmes liés à des enjeux majeurs. Pour ces journées, on pourrait dire que les enjeux sont l’accessibilité au bonheur pour tous et l’accessibilité à un nombre élargi d’activités pour les personnes trisomiques. Je lierais bien les deux parce qu’il me semble que les personnes trisomiques ont quelque chose à nous apprendre sur le bonheur. L’organisation des Nations Unies reconnaît le bonheur comme une aspiration universelle et pense qu’il devrait être pris en compte comme un objectif politique. La journée internationale du bonheur vise à faire prendre conscience aux gens du monde entier de l’importance du bonheur dans leur vie. Pour avoir rencontré de nombreuses personnes trisomiques, quand elles n’ont pas de troubles associés à leur handicap les empêchant d’être en relation, j’ai pu remarquer qu’elles avaient une capacité au bonheur assez naturelle. Elles n’ont pas attendu que le bonheur soit un objectif politique pour s’en emparer. Et c’est communicatif !
Pierre-Hugues : Qu’est-ce qui selon vous fait que les personnes trisomiques ont cette facilité au bonheur ?
C’est toujours difficile de faire des grandes généralités mais je dirais : leur simplicité relationnelle (que l’on peut retrouver chez le petit enfant), leur confiance en la vie et aussi leur peu d’appétence pour le pouvoir ou l’apparence, et encore leur liberté face à l’esprit du monde. Je vais m’expliquer avec quelques exemples. Je pense à Loïc qui est à l’aise avec tout le monde. Le statut social ou l’âge de la personne lui importe peu. S’il sent qu’une relation est possible avec une personne, il lui donne d’emblée sa confiance. Dans une journée, il peut offrir son sourire à de multiples personnes : la boulangère qui lui donne sa baguette, le sans-domicile fixe qui fait la manche, le monsieur qui attend comme lui de pouvoir traverser … Il communique sa joie. Je pense aussi à Julia dont le frère dit que c’est un modèle de joie mais qu’elle prend trop de place. Tout la réjouit et elle le montre. A côté d’elle, vous ne vivez pas un anniversaire, une rencontre, l’ouverture d’un cadeau, la victoire à un jeu … de la même manière. Vous êtes embarqué dans sa joie naturelle. Avec son sourire qui illumine son visage, elle cherche le regard de ceux qui l’entourent pour les associer à sa joie. Les personnes trisomiques que j’ai pu rencontrer ont élargi mes indices de bonheur.
Pierre-Hugues : Que va-t-il se passer pour la journée de la trisomie ?
La journée de la trisomie vise à sensibiliser le grand public à cette anomalie chromosomique, à promouvoir l’inclusion des personnes porteuses de trisomie dans tous les aspects de la société, à lutter contre les préjugés et à mettre en avant les avancées en matière d’accompagnement et de recherche. Les associations concernées par la trisomie en profitent souvent pour organiser des événements. Par exemple au Mans, il y a un colloque dont le thème est « Vivre heureux et en bonne santé avec la trisomie 21 ». Colloque que l’on peut suivre en présentiel et en distanciel. Lors de cette journée, nous sommes tous invités à mettre des chaussettes dépareillées pour illustrer la diversité et l’acceptation des différences. Pierre-Hugues, vous êtes donc invité à mettre des chaussettes dépareillées samedi prochain et à vous « risquer » au bonheur simple comme savent le faire les personnes trisomiques. J’ai l’impression que vous avez aussi une certaine aptitude au bonheur !
Chroniques hebdomadaire de Florence Gros, directrice de la Fondation OCH. 18/03/2026