La 4e mission Regards croisés franco-québécois sur la lutte contre les violences sexistes et sexuelles (VSS) s’est déroulée à Paris du 16 au 20 mars 2026. Coconstruit par les sections québécoise et française de l’OFQJ, ce programme de mission professionnelle a rassemblé une délégation composée de 13 jeunes professionnel(le)s originaires du Québec : intervenant(e)s, membres des forces de l’ordre, doctorant(e)s et représentant(e)s du milieu associatif engagé(e)s dans la prévention et la lutte contre les VSS.
Durant cette semaine, les participantes et participants ont découvert des dispositifs innovants, échangé avec des institutions et organismes spécialisés, et ont approfondi leurs connaissances des approches françaises en matière de prévention, d’accompagnement des victimes et de prise en charge des auteur(e)s.
Cette initiative illustre la richesse des collaborations internationales dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. En croisant les expériences et les expertises, cette mission a contribué à poser les bases d’une coopération renforcée entre la France et le Québec, au service des victimes et de l’égalité.
Programme détaillé de la mission
Jour 1
- Visite de la Cité Audacieuse, tiers-lieu féministe ouverte à toutes et à tous et regroupant une quarantaine d’associations militantes en France.
- Présentation-échange avec la Fondation des femmes, structure référente militante qui œuvre depuis 10 ans pour la liberté et les droits des femmes et contre toutes les formes de violences dont elles sont victimes.
- Échange avec le président du Tribunal judiciaire de Paris, Peimane Ghaleh-Marzban : tour d’horizon du cadre juridique français et des défis en matière de lutte contre les VSS et des réponses apportées par la loi française.
- Échange croisé au Tribunal judiciaire de Paris réunissant entre autres les magistrats présidant les pôles dédiés aux violences intrafamiliales, la section « mineurs auteurs et victimes » et le service général de l’instruction. Cet échange a été marqué par la présence de Charlotte Belluet, haute fonctionnaire à l’égalité homme-femme au sein du ministère de la justice, permettant ainsi d’avoir un regard complet sur les politiques en matière de lutte contre les violences sexuelles et conjugales.
Jour 2
- Visite de la Maison de protection des familles des Yvelines, qui a été développée par le groupement de gendarmerie départementale (GGD) des Yvelines. La MPF se veut un lieu d’accueil et d’écoute des victimes pour le dépôt de plaintes.
- Présentation par la police nationale de la Plateforme numérique d’accompagnement des victimes (PNAV). Lancée en 2018, la PNAV permet aux victimes de violences sexuelles, sexistes et conjugales ainsi qu’aux témoins et professionnel(le)s, d’échanger avec des policier(ère)s spécialement formé(e)s pour écouter et protéger les victimes. Les victimes ou témoins peuvent ainsi libérer leur parole et être pris(es) en charge.
Jour 3
- Rencontre avec le Mouvement pour le Planning familial du Val-de-Marne : Historiquement association militante, le planning familial du 94 est à la fois un espace d’accueil des femmes victimes de violence et un centre de santé sexuelle.
- Rencontre avec le Collectif féministe contre le viol (CFCV), une association dont la mission est d’aider et soutenir les femmes et les enfants victimes de viols et d’agressions ainsi que leur entourage. Cela va de l’écoute téléphonique à l’accompagnement au procès. Le Collectif tient la permanence d’une plateforme d’écoute téléphonique nationale « Viols Femmes Informations », un numéro gratuit, anonyme et confidentiel pour les victimes de violences sexuelles, leurs proches et les professionnel(le)s.
Jour 4
- Présentation du Foyer AFJ : seul foyer d’hébergement en France spécialisé dans la mise en sécurité et l’accompagnement des femmes victimes d’exploitation sexuelle et de traite. Au-delà de l’hébergement des femmes victimes, l’AFJ apporte un accompagnement social et éducatif, un soutien juridique, un soutien psychologique et matériel.
- Présentation du cadre institutionnel et du rôle de l’État dans la lutte contre la traite humaine par la mission interministérielle pour la protection des femmes et la lutte contre la traite des êtres humains (MIPROF). La MIPROF joue le rôle d’observatoire à travers la collecte de données et la publication de synthèses thématiques pour nourrir le travail des professionnel(le)s et associations.
- Rencontre de l’association militante MÉDÉE , un collectif d’expertes engagées dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles et dans la promotion de l’égalité femmes-hommes. Le projet repose sur la prise en charge et l’accompagnement des jeunes femmes victimes ayant entre 15 et 25 ans dans un espace identifié, regroupant des psychologues, éducatrices, soignantes, etc.
Jour 5
- Rencontre avec la Fédération nationale des associations et des centres de prise en charge des auteur(e)s de violences conjugales et sexuelles (FNACAV). Créée en 2003, la FNACAV agit pour promouvoir la création ou le développement de structures d’intervention en direction des auteur(e)s de violences conjugales ou familiales.
- Visite du 9e arrondissement de Paris par l’organisme Feminists in the city sur le thème « Libération sexuelle contée par des hystériques » : des cabarets à l’art urbain de Pigalle et Montmartre, cette visite a été une véritable immersion dans l’univers de femmes qui ont forgé l’histoire telles que la « vierge rouge », La Goulu, Coccinelle et Dalida, dans une ambiance décomplexée d’échanges, d’anecdotes et de débats sur le thème du sexe et de l’égalité entre les femmes et les hommes.