Développer l’autonomie, favoriser la mixité, renforcer l’esprit de coopération
Ce qui distingue le raid d’un séjour classique, c’est précisément ce refus du passif. Samir Zine, responsable jeunesse à la maison pour tous (MPT) de la Belle de mai et responsable du raid explique : « les jeunes ne viennent pas pour un parc aquatique, un cinéma, un bowling. Il·elles viennent pour un programme exigeant où il·elles s’engageront tous les jours dans des épreuves sportives, en équipe et prendront part à la vie quotidienne du groupe. »
L’intention pédagogique est claire dès la préparation : les animateur·ricess travaillent en amont avec leurs groupes, qu’il s’agisse de la préparation physique, de la cohésion d’équipe ou encore de l’apprentissage de gestes pratiques comme monter une tente. Le séjour s’anticipe, se prépare, et ses effets se prolongent bien au-delà du retour.
L’autonomie n’est pas un objectif abstrait : elle s’apprend en gérant les repas, en respectant les horaires, en vivant avec des inconnus dans un espace partagé. « Avec ces séjours, nous voulons leur donner le goût de l’autonomie pour les vacances et contribuer à leur émancipation » précise Géraldine Denat, présidente de l’URSLL PACA.
Car parmi les objectifs portés par ce séjour figurent justement : développer l’autonomie et le sens des responsabilités, favoriser la mixité des publics, renforcer l’esprit civique et de coopération, permettre aux jeunes d’aller au bout d’eux-mêmes, de dépasser leurs appréhensions, de découvrir des activités sportives de pleine nature souvent inaccessibles dans leur quotidien urbain.
Ces 5 journées de vie en collectif développent chez les jeunes des savoir-être et des compétences essentielles : « ils se rendent compte qu’ils sont capables de sortir de leur zone de confort, ils gagnent ainsi confiance en eux. De plus, ils doivent coopérer pendant les épreuves sportives et en particulier pendant la course d’orientation, mais aussi pour les tâches du quotidien. Ils expérimentent ainsi pleinement l’importance de la cohésion au sein d’un groupe », poursuit Samir.
Un réseau humain qui dure dans le temps
Au-delà des épreuves, le raid construit des liens. Entre jeunes d’abord : certain·es participent plusieurs années de suite, et des amitiés se nouent entre des adolescent·es qui ne se seraient jamais rencontré·es sans Léo Lagrange. Certains ancien·nes participant·es sont aujourd’hui animateur·rices dans les structures du réseau !
Entre professionnel·les ensuite : le raid représente aussi une occasion pour les équipes d’animation de travailler ensemble, de créer des dynamiques inter-structures, de porter collectivement des valeurs communes. Cette émulation professionnelle rejaillit bien au-delà des cinq jours passés sous la tente. Samir témoigne : « ces séjours sont très enrichissants pour les animateurs et ils nous donnent envie de monter ensemble d’autres projets, cela crée une réelle émulation entre nous ! »
L’éducation populaire en mouvement
Le Séjour Aventure Citoyen porte en lui les valeurs fondatrices de notre mouvement : l’émancipation par l’action collective, la conviction que le sport est un support éducatif et non une finalité en soi, la lutte contre toutes les formes d’inégalités, et le droit pour chaque jeune, quelle que soit son origine, son quartier, son expérience, de vivre des aventures qui l’élèvent.
Le lieu change chaque année, le Verdon, le lac de Salagou, Pézenas cette année, mais l’esprit, lui, reste le même. Mettre les jeunes en situation, leur faire confiance, les accompagner sans se substituer à eux·elles, en bref, les faire grandir !
Le raid Léo Lagrange, c’est une aventure sportive mais surtout un acte d’éducation populaire en pleine nature !