Face au changement climatique, les collectivités doivent documenter des actions terrain concrètes dans leur plan climat air énergie territorial. La gestion des mégots répond à ce besoin : déchet visible, filière de collecte financée par la réglementation, impacts mesurables sur plusieurs axes du plan. Pourtant, rares sont encore les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) qui l’ont intégré dans leur PCAET.
- Les mégots affectent trois axes du PCAET : qualité de l’air, pollution des eaux, déchets sauvages.
- Un financement public existe via Alcome (REP tabac) souvent sous-utilisé.
- Des solutions opérationnelles permettent d’intégrer cet axe sans surcharge pour les équipes.
Pourquoi les mégots entrent dans le champ du PCAET
La loi TECV de 2015 impose aux EPCI de plus de 20 000 habitants un plan climat air énergie couvrant quatre domaines : GES, qualité de l’air, énergie et adaptation au changement climatique. Les mégots de cigarette en touchent au moins trois. En se décomposant, ils libèrent des composés organiques volatils qui dégradent la qualité de l’air extérieur. Via le ruissellement, ils contaminent nappes phréatiques et cours d’eau. Leur composition plastique contribue à la charge en microplastiques du territoire. Un polluant multi-milieux, mesurable, et dont la gestion peut être tracée dans le plan.
Un mégot de cigarette peut polluer jusqu’à 500 litres d’eau, compromettant sa qualité et mettant en danger la vie aquatique. Jeté dans l’environnement, il représente un risque sérieux pour l’équilibre des écosystèmes.
Source : Études de l’ADEME et de Surfrider Foundation.
Cadre réglementaire et financements disponibles
La loi AGEC de 2020 a instauré une filière REP pour les produits du tabac. L’éco-organisme Alcome redistribue aux collectivités les contributions des fabricants : elles couvrent partiellement les cendriers urbains, la collecte de mégots et la sensibilisation. Inscrire un axe mégots dans le plan climat air énergie territorial crédibilise l’utilisation de ces fonds et renforce le dossier auprès des élus.
Structurer un axe d'actions concret
Quatre étapes :
- cartographier les zones de concentration sur le territoire,
- déployer les équipements adaptés,
- organiser une collecte régulière via des structures d’insertion locale (ESAT, entreprises adaptées),
- puis valoriser les mégots en Combustible Solide de Substitution (CSS) : filière réglementée, énergie récupérable.
Des opérateurs comme Keenat couvrent ces quatre étapes, accessibles via l’UGAP.
Brique d’action | Axe PCAET concerné | Indicateur de suivi |
|---|---|---|
Diagnostic / cartographie | Qualité de l’air, sols | Nb de zones identifiées |
Déploiement équipements | Réduction déchets sauvages | Nb cendriers installés |
Collecte régulière | GES / Énergie | Kg collectés / trimestre |
Valorisation CSS | Énergie | Tonnes valorisées / an |
Intégrer les mégots dans un air énergie territorial PCAET, c’est transformer un déchet visible en action mesurable. Le cadre légal est en place, les financements existent. Ce type de démarche permet d’activer des fonds REP sous-utilisés et de produire des indicateurs concrets pour le plan climatique territorial.
Quelque lignes :
Entrepreneure engagée, Sandrine Poilpré cofonde Keenat pour accélérer la transition vers des espaces publics plus propres et responsables, en s’appuyant sur la donnée, la pédagogie et l’innovation terrain. Elle pilote le développement de solutions opérationnelles et mesurables aux côtés des collectivités et des entreprises, avec une approche centrée sur l’impact et la collaboration. Sa conviction: transformer les usages au quotidien pour créer des villes plus vivables et durables..