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L’UDECAM annonce un nouveau partenariat Ă©ditorial avec Minted.

À travers cette collaboration, la Commission Digitale de l’UDECAM proposera rĂ©guliĂšrement des chroniques de dĂ©cryptage consacrĂ©es Ă  l’impact de l’IA dans le digital, levier publicitaire.

L’IA agentique promet de rĂ©volutionner la publicitĂ© digitale en automatisant campagnes et workflows, mais derriĂšre l’accĂ©lĂ©ration bien rĂ©elle des opĂ©rations, la transformation reste encore progressive et largement dĂ©pendante du marchĂ©.

À chaque nouvelle vague technologique, la publicitĂ© digitale rejoue le mĂȘme scĂ©nario : une promesse forte, un discours d’accĂ©lĂ©ration et une question implicite : est-ce vraiment diffĂ©rent cette fois ?

L’IA agentique n’échappe pas Ă  la rĂšgle. Sur le papier, elle promet d’automatiser une large partie des opĂ©rations mĂ©dia : transformer un brief en campagne activĂ©e, orchestrer des workflows, produire des reportings consolidĂ©s. En pratique, des agents sont dĂ©jĂ  capables de rĂ©aliser ces tĂąches en quelques minutes, lĂ  oĂč elles nĂ©cessitent encore aujourd’hui plusieurs heures d’échanges.

Faut-il y voir une rupture ? Pas exactement. Mais il serait tout aussi erronĂ© d’y voir un simple effet de mode.

Voici 5 mythes autour des protocoles agentiques dĂ©cortiquĂ©s par nos experts de la Commission Digitale de l’UDECAM.

Mythe n°1 : “l’IA va remplacer les experts mĂ©dia”

C’est sans doute l’idĂ©e la plus rĂ©pandue — et la moins juste.

L’IA agentique ne remplace pas le conseil, elle automatise d’abord l’exĂ©cution. Ce qu’elle absorbe, ce sont les tĂąches rĂ©pĂ©titives : paramĂ©trage, crĂ©ation de deals, circulation d’information, consolidation des donnĂ©es. Le rĂŽle de l’humain ne disparaĂźt pas, il se dĂ©place. Validation, arbitrage, pilotage restent essentiels. Et surtout, la stratĂ©gie demeure un enjeu central. La rĂ©alitĂ© est plus nuancĂ©e : ce n’est pas une disparition des mĂ©tiers, mais une recomposition. Le centre de gravitĂ© glisse du “faire” vers le “faire faire”.

Mythe n°2 : “les agents vont optimiser les campagnes”

LĂ  encore, la promesse mĂ©rite d’ĂȘtre prĂ©cisĂ©e. L’optimisation des performances reste aujourd’hui largement portĂ©e par les algorithmes des DSP et les moteurs de bidding. Les agents, eux, interviennent ailleurs. Ils structurent mieux les campagnes. Ils facilitent l’activation ou la suppression de deals. Ils permettent de manipuler davantage de variables et d’orchestrer plus rapidement des scĂ©narios complexes. Autrement dit, ils n’optimisent pas directement les KPI. Ils augmentent la capacitĂ© d’exĂ©cution. Et dans un environnement dĂ©jĂ  trĂšs optimisĂ©, cette distinction est clĂ©.

Mythe n°3 : “le marchĂ© est prĂȘt”

C’est probablement le point le plus critique.

Pour fonctionner, l’IA agentique suppose que les agents puissent communiquer entre eux. Ceux des agences, des rĂ©gies, des DSP et des SSP. Et cela nĂ©cessite des standards communs. Aujourd’hui, deux approches coexistent. AdCP propose de repartir d’un socle pensĂ© pour l’IA, avec des Ă©changes directs entre agents. AAMP, portĂ© par l’IAB Tech Lab, adapte les standards existants du programmatique pour les rendre compatibles avec ces nouveaux usages. Deux visions. Deux rythmes. Et, pour l’instant, aucune convergence Ă©vidente. La rĂ©alitĂ©, c’est que la valeur dĂ©pendra de l’adoption collective. Sans alignement de toute la chaĂźne, les gains resteront limitĂ©s.

A lire sur le sujet AdCP, ARTF : tout ce qu’il faut savoir sur les protocoles agentiques dans la publicitĂ©

Mythe n°4 : “tout va devenir plus simple”

En apparence, oui. Créer un deal, lancer une campagne, produire un reporting : tout devient plus rapide. Les frictions opérationnelles diminuent, les workflows se fluidifient, la productivité augmente. Mais cette simplification masque une complexité nouvelle.

Plus les agents prennent en charge des tĂąches, plus la question de leur pilotage devient centrale. Comment s’assurer qu’ils prennent les bonnes dĂ©cisions ? Comment tracer leur raisonnement ? Comment Ă©viter qu’une erreur ne soit rĂ©pliquĂ©e Ă  grande Ă©chelle ?

L’automatisation ne supprime pas la complexitĂ©. Elle la dĂ©place.

Mythe n°5 : “la transparence va s’imposer naturellement”

Les protocoles agentiques portent une promesse forte : fluidifier les Ă©changes, rĂ©duire les intermĂ©diaires, rendre les dĂ©cisions plus auditables. Sur le papier, c’est une avancĂ©e majeure, notamment pour l’open web. Dans la pratique, rien n’est automatique. Une dĂ©cision prise par un agent reste opaque si elle n’est pas documentĂ©e, explicable et contrĂŽlable. La transparence ne sera pas une consĂ©quence naturelle de l’IA agentique. Elle sera le rĂ©sultat de choix de conception et de gouvernance.

Ce qui fonctionne déjà

Au-delĂ  des dĂ©bats, certains cas d’usage sont dĂ©jĂ  opĂ©rationnels. CĂŽtĂ© achat, des agents peuvent transformer un brief en une sĂ©rie de deals activĂ©s en quelques minutes. CĂŽtĂ© reporting, ils agrĂšgent automatiquement des donnĂ©es issues de plusieurs plateformes pour produire un bilan consolidĂ©. Ces usages restent simples, mais ils sont rĂ©vĂ©lateurs. Ils montrent que la valeur de l’IA agentique se construit d’abord sur des gains opĂ©rationnels immĂ©diats.

Ce qu’il reste Ă  rĂ©soudre

Plusieurs enjeux structurants demeurent. L’adoption, d’abord. Sans mobilisation de l’ensemble de la chaĂźne — agences, annonceurs, rĂ©gies, plateformes — les protocoles resteront marginaux. La question de l’explicabilitĂ©, ensuite. Dans un environnement automatisĂ©, la traçabilitĂ© devient une exigence. Le risque d’erreur, Ă©galement. Une dĂ©cision automatisĂ©e mal calibrĂ©e peut produire des effets Ă  grande Ă©chelle.

Enfin, la transformation des compĂ©tences. À mesure que les tĂąches d’exĂ©cution disparaissent, le modĂšle de formation des profils juniors est remis en question.

Une transformation inégale

Il faut enfin rappeler que ces Ă©volutions concernent d’abord l’open web.

Les grandes plateformes fermĂ©es n’ont pas d’incitation forte Ă  adopter des standards ouverts. Elles continueront Ă  dĂ©velopper leurs propres agents, leurs propres outils, leurs propres logiques.

L’IA agentique ne redistribuera donc pas immĂ©diatement les Ă©quilibres du marchĂ©. Elle s’inscrira dans une dynamique dĂ©jĂ  existante.

Mythe ou réalité ?

L’IA agentique n’est ni un mythe, ni une rĂ©volution.

C’est une transformation progressive, dĂ©jĂ  visible dans les opĂ©rations, mais encore loin d’ĂȘtre gĂ©nĂ©ralisĂ©e. Elle ne remplace pas les experts, n’optimise pas seule les campagnes et ne simplifie pas tout. En revanche, elle change durablement la maniĂšre dont le travail est produit.

La question n’est pas de savoir si l’IA agentique va s’imposer, mais Ă  quel rythme et dans quelles conditions. Son succĂšs dĂ©pendra moins de la technologie que de la capacitĂ© du marchĂ© Ă  s’aligner avec des standards, une gouvernance et de la confiance. Comme souvent en publicitĂ© digitale, la vraie transformation ne sera pas technique. Elle sera collective.

Une chronique rĂ©digĂ©e par les membres de la Commission Digitale de l’UDECAM

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