Communauté d'agglomération du Boulonnais (Pas-de-Calais)

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Créée en 2000, la communauté d’agglomération du Boulonnais (CAB) regroupe 22 communes sur 205 km² et compte environ 112 000 habitants. Elle exerce, de manière équilibrée, des compétences variées, telles que la gestion des déchets (24 % des dépenses cumulées), les transports urbains (21 %), la culture (10 %), et le tourisme. Plusieurs équipements structurent son territoire, à l’image du centre national de la mer - « Nausicaá ».

En 2023, elle a lancé, en collaboration avec l’ensemble des parties prenantes, l’élaboration d’un projet de territoire autour de trois ambitions : innovation, transition écologique, et cohésion sociale. Depuis le 30 avril 2025, l’intercommunalité dispose d’une stratégie territoriale. La chambre lui recommande de compléter ce projet de territoire par la rédaction d’un plan d’action chiffré en dépenses et en recettes, contenant des indicateurs de suivi conformes à l’horizon temporel du projet.

La qualité et la fiabilité des comptes sont inégales : le suivi du patrimoine est défaillant. En conséquence, la communauté d’agglomération doit rapidement fiabiliser son inventaire comptable et réaliser un inventaire physique, afin d’amortir convenablement ses biens et préparer ses futurs investissements. 

Sur le plan financier, la période contrôlée a été marquée par une dégradation des équilibres budgétaires, en 2020 et 2021, mettant en exergue les conséquences de la gestion de services publics locaux étendus, dans un contexte de crise sanitaire. L’intercommunalité a été contrainte de verser des subventions importantes pour équilibrer, par exemple, le fonctionnement des transports publics urbains et du complexe de piscine-patinoire « Hélicéa ». Ces aides pèsent lourdement sur ses finances.

La résiliation du contrat de la gestion déléguée du parc de stationnement de « Nausicaá » a également accentué cette dégradation. D’un coût total de 9,3 M€ pour les finances communautaires, cette rupture conventionnelle s’est révélée déséquilibrée, au détriment de l’intercommunalité, et non motivée par l’intérêt général. Ce constat rejoint les observations plus générales faites par la Cour des comptes[1], en 2024, sur la prise en charge, par la puissance publique, du risque d’exploitation confié aux entreprises exploitant les services publics. 

Désormais, la situation financière semble rétablie, grâce à une réelle maîtrise des charges de gestion. L’intercommunalité doit veiller à préparer les investissements futurs, dans le cadre de son projet de territoire. Aussi, la chambre lui recommande d’adopter un plan pluriannuel d’investissement comportant un chiffrage de ses dépenses et recettes, susceptible d’alimenter une prospective financière.

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