Depuis environ deux mois, il a été porté à connaissance un projet de parc agrivoltaïque de 15,8 hectares à proximité immédiate d’habitations et du château de Bois-Charmant (XVIe s.), situé dans le petit village des Nouillers (Charente-Maritime, secteur Val de Saintonge).
Il semblait impossible qu’un tel projet puisse venir s’implanter à proximité d’un château Renaissance, d’habitations et dans l’une des dernières prairies en pâturage du village, entourée de bosquets et de forêts.
De très sérieuses recherches historiques sur le château ont été effectuées par M. Jean-Pierre Adam (expert honoraire ICOMOS-UNESCO pour le patrimoine mondial, architecte, archéologue, professeur émérite en histoire de l’architecture, université de Paris IV, École du Louvre, École polytechnique de Lausanne) : classé comme seigneurie depuis l’époque médiévale (contrat de baillette de 1408), l’édifice a fait partie de l’inventaire des édifices remarquables demandé par Henri IV à l’architecte Claude Chastillon.
Ce dernier a intégré Bois-Charmant à son inventaire et en a réalisé le dessin (fig. 1), dont l’image gravée figure dans son ouvrage « La topographie française », représentant des « ouvrages réputés admirables », imprimé en 1641. Grâce à ce précieux document, il est aisé de noter que le château n’a reçu comme importante modification qu’une réfection de la toiture à l’époque de Louis XIV. Toutefois, des dégradations ont été subies par l’édifice, vendu au XIXe siècle et transformé en exploitation agricole en 1881. Heureusement, seule l’une des ailes du château a subi des dommages importants, dont les méfaits ont commencé à être supprimés par les précédents propriétaires de Bois-Charmant en 1972. C’est à leur décès que le domaine fut vendu aux actuels occupants, qui ont aussitôt pris le relais et achevé, avec un grand soin, la remise en état complète de cette aile fort dégradée, dans laquelle ils ont aménagé quatre chambres d’hôtes. La très respectueuse campagne de restauration et d’entretien du château reste et restera toujours d’actualité. Une demande d’inscription au titre des monuments historiques est d’ailleurs en cours.