đŸŽŒ De Louvres Ă  San Francisco : le talent rĂ©compensĂ© de Yiannis Plastiras, professeur de l’École de Musique et de Danse de Louvres

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Monsieur Yiannis Plastiras, professeur de l’École de Musique et de Danse de Louvres, vient d’ĂȘtre distinguĂ© lors du San Francisco Greek Film Festival pour son travail de composition musicale sur le film Rooster – ΚόÎșÎżÏÎ±Ï‚.

Cette rĂ©compense met en lumiĂšre le talent artistique et le parcours d’un musicien passionnĂ©, engagĂ© Ă  la fois dans la crĂ©ation musicale et dans la transmission auprĂšs des Ă©lĂšves de la ville.

đŸŽŒ Entretien avec Yiannis Plastiras : entre transmission et crĂ©ation musicale

À travers cette interview, Yiannis Plastiras revient sur cette belle aventure artistique, son travail de compositeur pour le cinĂ©ma, ainsi que sur sa vision de la musique et de l’enseignement.

Ville de Louvres : Pourriez-vous nous rappeler depuis combien de temps vous enseignez le piano à l’École Municipale de Musique et de Danse de la ville de Louvres et ce qui vous passionne dans la transmission de votre art ?

Yiannis Plastiras : Je fais partie de l’équipe depuis le mois de septembre 2025. Les Ă©coles de musique et les conservatoires n’étaient pas mes endroits prĂ©fĂ©rĂ©s jusqu’à rĂ©cemment : j’étais beaucoup plus concentrĂ© sur ma propre Ă©volution en tant que musicien, n’ayant que quelques Ă©lĂšves en cours particuliers.

Mais, d’un cĂŽtĂ©, la naissance de mon fils m’a fait mĂ»rir et rĂ©aliser que la musique, comme la vie, ne peut pas ĂȘtre cadrĂ©e dans un schĂ©ma simplifiĂ© d’« Ă©volution personnelle », et que le partage, la gĂ©nĂ©rositĂ© et la bienveillance envers l’apprenti jouent un rĂŽle essentiel dans cette Ă©volution.

D’un autre cĂŽtĂ©, et au bon moment, l’insistance de mon bon ami Yiannis Tziallas, professeur de guitare Ă  l’Ecole Municipale de Musique et de Danse de la ville de Louvres, m’a convaincu. Il m’a parlĂ© avec beaucoup de justesse de l’école et de son Ă©quipe, de ce qu’elle est et de ce qu’elle cherche Ă  faire. Il m’a rappelĂ© que la musique est un sport collectif, que c’est par l’échange que l’on « grandit », et qu’il est toujours prĂ©cieux d’appartenir Ă  un ensemble qui sait travailler et mettre en valeur chacun de ses membres.

Me voilĂ  alors parmi les vĂŽtres !

Ville de Louvres : Pouvez-vous nous prĂ©senter le projet rĂ©compensĂ© Ă  San Francisco ? De quel type de film s’agit-il et quelle a Ă©tĂ© votre intention artistique en tant que compositeur ?

Yiannis Plastiras : Il s’agit d’un film grec, Kokoras, pour lequel j’ai composĂ© la bande originale.

C’est une tragicomĂ©die, un commentaire sur la toxicitĂ© du « rĂȘve grec » : partir du petit village pour aller « rĂ©ussir » Ă  la capitale, rendre ses parents fiers, susciter la jalousie du reste du village


Le film suit le parcours d’un personnage basĂ© sur l’archĂ©type du « rĂąleur grec », dont les pensĂ©es et les actions sont toujours, Ă  ses yeux, les meilleures possibles. Ainsi, lorsque les choses vont mal, ce n’est jamais de sa faute.

La musique reçoit de trĂšs bons retours et, Ă  mon avis, cela tient Ă  une dĂ©cision commune avec le rĂ©alisateur : ne pas utiliser la musique simplement pour souligner la comĂ©die, mais pour amener le spectateur Ă  sympathiser avec le hĂ©ros. Dire : « Oui, il se trompe sans cesse, mais nous reconnaissons cette personne ; nous la croisons dans la rue, chez nos proches, et mĂȘme dans nos propres pensĂ©es. »

Musicalement, la partition cherche Ă  trouver un Ă©quilibre entre deux mondes : celui du jazz-blues et celui des modes balkaniques, une mĂ©taphore de l’identitĂ© dĂ©sirĂ©e et de la vĂ©ritĂ© profonde du personnage.

Ville de Louvres : Comment parvenez-vous à conjuguer vos projets de composition internationaux avec vos cours de piano auprÚs des élÚves de la ville ?

Yiannis Plastiras : C’est trĂšs simple : mes mercredis sont dĂ©diĂ©s Ă  mes Ă©lĂšves ! (Et ce sont eux qui rendent cela agrĂ©able, d’ailleurs.)

Heureusement, le travail de composition s’adapte Ă  ses propres rythmes. À un certain niveau, il se fait mĂȘme sans instrument ni partition : il reste actif en arriĂšre-plan, dans les transports, en marchant ou en discutant.

D’ailleurs, je crois que c’est Einstein qui disait : « Si vous n’arrivez pas Ă  expliquer quelque chose en cinq minutes, c’est que vous ne le comprenez pas bien vous-mĂȘme. »

Parler de musique avec mes Ă©lĂšves, tenter d’expliquer des principes abstraits — mais trĂšs concrets — m’oblige Ă  chercher l’essentiel : cette vĂ©ritĂ© commune, ce mot juste qui peut aider mĂȘme un dĂ©butant Ă  dĂ©verrouiller les secrets de cet univers.

Ville de Louvres : Cette rĂ©compense constitue une belle reconnaissance pour votre travail. Quel regard portez-vous sur l’impact de ce prix pour l’image de l’école de musique ?

Yiannis Plastiras :  Oui, il est vrai que je reçois des distinctions assez rĂ©guliĂšrement. La plus rĂ©cente, avant celle-ci, date de 2024.

Mon Ɠuvre pour orchestre symphonique Danse Impaire a Ă©tĂ© primĂ©e dans un concours placĂ© sous l’égide du ministĂšre grec de la Culture, puis enregistrĂ©e par l’Orchestre symphonique national de l’ERT (la radio-tĂ©lĂ©vision publique grecque).

J’espĂšre que cette reconnaissance contribuera Ă  attirer davantage d’attention sur notre Ă©cole et permettra aux petits comme aux grands, dĂ©sireux de s’immerger dans cet univers, de savoir qu’ils seront entre de bonnes mains.

Je vois autour de moi une Ă©quipe de trĂšs haut niveau, des enseignants capables — et dĂ©sireux — d’accompagner leurs Ă©lĂšves vers des niveaux trĂšs avancĂ©s.

Pourquoi ne pas envisager l’organisation de sĂ©minaires de composition pour la musique de film, ou encore de composition assistĂ©e par ordinateur ? Les compĂ©tences sont lĂ , et Paris offre Ă  proximitĂ© un terrain idĂ©al pour ce type d’initiatives.

Ville de Louvres : Avez-vous de nouveaux projets de musique de film Ă  l’horizon ? Quel conseil donneriez-vous Ă  un jeune musicien de l’école souhaitant s’orienter vers la composition ?

Yiannis Plastiras : En ce moment, je travaille sur un autre film, une production franco-taïwanaise, et je compose également deux nouvelles piÚces pour orchestre qui, avec Danse impaire, formeront une suite intitulée Danses grecques.

Je n’aime pas beaucoup les « mots de sagesse », ni ceux qui aiment en donner. Mais j’ai souvent pensĂ© qu’il aurait Ă©tĂ© merveilleux que quelqu’un me dise, Ă  20 ans : « Fais ce qui te fait plaisir et va jusqu’au bout. Cela peut rĂ©ussir ou non, mais ce sera vraiment toi qui y arriveras — ou pas — et non un masque. »

Autrement dit : si vous voulez composer de la musique, composez dùs aujourd’hui, pas demain.

Et si vous cherchez un peu d’accompagnement, vous avez une excellente Ă©quipe Ă  deux pas : il suffit de venir Ă©changer.

La Ville de Louvres fĂ©licite Yiannis Plastiras pour cette distinction et le remercie d’avoir partagĂ© avec nous son parcours et sa passion pour la musique.

Coordonnées
Virginie Durand