Les espèces végétales exotiques envahissantes : ces plantes qui menacent notre biodiversité - Parc naturel régional du Queyras

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28 avril 2026

Une publication sur le travail réalisé dans le cadre du POIA Espèces arctico-alpines

7 mai 2026

Avec la découverte du Nouveau Monde, puis l’augmentation brutale des déplacements humains et des échanges au XXème siècle, le rythme d’introductions de nouvelles espèces n’a cessé de croître.
Qu’elles soient introduites volontairement pour l’agriculture ou l’horticulture, ou involontairement, le devenir des espèces exotiques est variable. Peu d’entre elles s’implanteront dans la flore locale (on parle alors d’espèce naturalisée) et une très faible proportion (1% environ) finiront par devenir des espèces envahissantes.


Qu’est-ce qu’une espèce envahissante ?

Sont considérées comme espèces envahissantes les espèces exotiques naturalisées qui, par « leurs proliférations dans des milieux naturels ou semi naturels, y produisent des changements significatifs de composition, de structure et/ou de fonctionnement des écosystèmes ».
Une espèce exotique envahissante (EEE) peut avoir un grand pouvoir de multiplication : soit en produisant un grand nombre de graines, soit par des facultés de reproduction végétative étonnantes. Elle est capable de s’adapter et de résister aux perturbations, d'autant qu'elle se développe dans un secteur géographique dépourvue de ses prédateurs et concurrents naturels.

La fourmi électrique, une espèce exotique envahissante originaire d’Amérique du Sud, introduite accidentellement en France métropolitaine en 2022. © O. BLIGHT

Bien que les stations soient initialement peu visibles et espacées, les espèces peuvent rapidement coloniser les habitats, par exemple les secteurs artificialisés, et devenir dans un second temps très difficiles à éradiquer. Plus on met du temps à intervenir, plus la lutte sera difficile et coûteuse. Il convient donc d’agir de façon ciblée dans les toutes premières phases pour viser l’éradication. Il est ensuite trop tard pour atteindre cet objectif ; on ne pourra alors qu’éviter l’implantation dans les secteurs exempts de l’espèce, ou accepter sa présence en luttant sur les sites à plus forts enjeux environnementaux.

Le caractère compétitif des espèces envahissantes va leur permettre de concurrencer, voire d’éliminer, les espèces indigènes. L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) considère les invasions biologiques (animales ou végétales) comme la deuxième cause de régression de la biodiversité dans le monde, juste après la destruction des habitats.

Les espèces végétales exotiques envahissantes (ou EVEE)

Sont considérées comme espèces envahissantes les espèces exotiques naturalisées qui, par « leurs proliférations dans des milieux naturels ou semi naturels, y produisent des changements significatifs de composition, de structure et/ou de fonctionnement des écosystèmes ».
Une espèce exotique envahissante (EEE) peut avoir un grand pouvoir de multiplication : soit en produisant un grand nombre de graines, soit par des facultés de reproduction végétative étonnantes. Elle est capable de s’adapter et de résister aux perturbations, d'autant qu'elle se développe dans un secteur géographique dépourvue de ses prédateurs et concurrents naturels.

Parmi les espèces végétales exotiques envahissantes, les plus impactantes sont les suivantes :

Renouée du Japon. © INVMED Flore

La Renouée du Japon (Reynoutria japonica)

Cette espèce se développe dans les clairières, les talus et aux bords de cours d’eau, où elle va remplacer tous les autres végétaux présents.
Plante particulièrement invasive et difficile à éradiquer, elle peut s'élever jusqu’à 4 mètres de hauteur. Ses racines sont profondes et vigoureuses ; les feuilles peuvent mesurer jusqu’à 30 cm.
L’arrachage manuel ou mécanique semble être la meilleure solution pour lutter contre son expansion. Attention toutefois : si des restes de racines sont laissés ou que des résidus sont dispersés, la plante va repousser.
Des fauches successives peuvent être intéressantes, associées à un bâchage.

L’Arbre à papillons ou Buddleia du père David (Buddleja davidii)

Il s'agit d'une espèces horticole appréciée pour ses grandes fleurs violettes ou blanches qui perdurent de longs mois.
Les résidents se lassant de cette plante ont tendance à la jeter dans la nature, dans les fossés ou aux abords de cours d’eau, où elle se répand et remplace les espèces locales.
La solution : apporter les restes de plante en déchetterie en signalant l’espèce à l’accueil.
Pour s’en débarrasser il faut l’arracher avec ses racines. Attention de ne pas répandre les débris végétaux !
Quelques stations de Buddleia sont connues dans le Queyras.

Arbre à papillons. © P. MASSIT

Bunias d'Orient. © INVMED Flore


Le Bunias d’Orient (Bunias orientalis)

Petite crucifère jaune ressemblant à la moutarde, cette plante pousse dans les prairies de fauche, aux bords de route et dans les zones remaniées. Elle mesure entre 30 cm et 1,20 m.
À ce jour, aucune station n'est connue dans le Queyras, mais le Bunias d'Orient pourrait bien s'y installer.
Espèce également particulièrement difficile à éradiquer, aux racines profondes, elle va coloniser de larges surfaces, suppléer les plantes locales, et favoriser une baisse de diversité dans les prairies de fauche.
Son arrachage se fait en enlevant la plus grande partie des racines, ou en la fauchant à plusieurs reprises dans la saison. En effet, à chaque coupe, de nouvelles fleurs vont pousser. L'intervention doit avoir lieu fin mai - début juin, avant que la plante ne soit en graine.

Si vous pensez identifier l'une de ces espèces, n’hésitez pas à nous contacter au plus vite ! Nous interviendrons rapidement avec nos collègues de la Communauté de communes du Guillestrois-Queyras.

Agissons rapidement pour éviter d’être dépassés, afin de prévenir des chantiers importants et coûteux, sans garanties de succès !

Pour plus d'informations sur les EVEE et leur gestion, consultez le site internet INVEMED Flore, géré par le Conservatoire Botanique National Méditerranéen.

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Queyras