J’ai eu l’occasion d’intervenir sur France Inter dans le Journal de 07h30 du samedi 2 mai 2026 afin d’évoquer la proposition de règlement européen adoptée par le Parlement européen le 29 avril 2026 concernant les chiens et les chats.
La totalité de mon intervention n’ayant pas été reprise à l’antenne, il me paraissait important de rappeler ici plusieurs éléments que j’ai pu développer au cours de cet échange.
D’abord, les éleveurs professionnels français travaillent déjà dans un cadre légal et réglementaire particulièrement encadré. Beaucoup des mesures évoquées au niveau européen existent déjà, totalement ou partiellement, dans notre droit national et sont appliquées au quotidien. Le SNPCC avait d’ailleurs été consulté sur certains points du texte et a porté la réalité du terrain auprès des institutions.
Aujourd’hui, s’il y a des « trous dans la raquette » c’est le rôle des services de contrôle d’aller les dénicher.
J’ai également insisté sur un point important : il faut arrêter d’ajouter sans cesse de nouvelles contraintes à celles et ceux qui respectent déjà des normes nombreuses et exigeantes, pendant qu’une partie des activités continue d’échapper aux mêmes obligations. L’enjeu doit être que tous travaillent dans des conditions équitables, avec des règles réellement appliquées à chacun.
J’ai aussi souhaité appeler à un peu de recul face aux réactions parfois très alarmistes que l’on peut lire depuis quelques jours. Ce texte européen ne constitue pas une “révolution” du secteur. Il s’inscrit avant tout dans une logique d’harmonisation entre les différents États membres de l’Union européenne, dont les niveaux d’encadrement sont aujourd’hui très variables. Comme souvent, tout est aussi une question de bon sens et d’application concrète sur le terrain.
Effectivement, le règlement doit encore être validé par le Conseil de l’Union européenne, c’est-à-dire par la réunion des ministres de l’Agriculture des États membres concernés par ce texte. Mais à ce stade, il s’agit essentiellement d’une formalité : un accord politique a déjà été trouvé autour du contenu du règlement et celui-ci ne devrait plus être modifié. Nous sommes désormais dans une phase comparable à une promulgation. Il y a tout de même entre 4 et 10 ans pour que les pays membres d’adaptent…
J’ai également rappelé que le SNPCC a confiance dans ses éleveurs professionnels. Chaque professionnel sérieux travaille avant tout pour le bien-être des animaux qu’il élève et accompagne au quotidien. Nos éleveurs ont toujours su évoluer et s’adapter aux attentes sociétales comme aux évolutions réglementaires, lorsqu’elles sont cohérentes et applicables.
Bien entendu, les professionnels ne sont pas opposés aux évolutions, mettant tout en œuvre lorsqu’elles sont réalistes et applicables sur le terrain. Cependant, elles doivent être pensées avec les acteurs concernés. Les tests de santé, par exemple, sont des sujets que notre organisation porte depuis longtemps. En revanche, nous n’accepterons pas que des professionnels indépendants soient demain “autorisés” ou “interdits” d’exercer certaines reproductions sans réflexion globale sur la formation, les compétences et l’accompagnement des éleveurs. La priorité doit être d’avoir des professionnels correctement formés, capables de prendre des décisions éclairées et responsables.
Bien sûr, les races dites “à hypertype” sont aujourd’hui particulièrement montrées du doigt. J’ai rappelé lors de cette interview que les chiens et chats de race – au sens de la définition légale – représentent environ 16 % des naissances. Elles sont facilement identifiables et deviennent donc des symboles évidents dans le débat public.
D’ailleurs, personne n’est en capacité de produire des statistiques « hors chien et chat de race » ! Comme toujours, il est trop facile de taper sur ce qui est visible…
Il faut raisonner de manière globale et garder du recul. L’amélioration des races ne se fait pas en quelques mois. Elle s’inscrit dans le temps, par un travail de sélection raisonné des reproducteurs. Les races ont toujours évolué au fil des décennies et les éleveurs sauront, là encore, faire évoluer leurs pratiques de manière responsable et adaptée. Il faut juste leur laisser le temps et pour cela, connaitre ce qu’est vraiment un plan de sélection et reproduction.
J’ai également rappelé qu’il appartient désormais aussi aux juges en concours et expositions d’accompagner cette évolution, en apprenant à juger pour l’avenir et non plus uniquement sur les critères que nous connaissons aujourd’hui.
Enfin, il me paraît indispensable de ne pas confondre les pratiques professionnelles encadrées avec certaines dérives isolées ou des activités exercées hors réglementation. Les professionnels responsables ne doivent pas être assimilés à des comportements marginaux qui nuisent à l’ensemble des métiers de service liés aux animaux de compagnie. Il serait plus utile de concentrer les efforts sur les circuits parallèles et les activités non encadrées qui alimentent trop souvent les abandons et remplissent les refuges.
Le SNPCC continuera à suivre ce dossier avec attention et à défendre une approche pragmatique, équilibrée et construite avec les professionnels de terrain, tout en vous informant de manière précise, transparente et factuelle sur les évolutions à venir pour l’ensemble des métiers de service liés aux animaux de compagnie.
Écouter l’interview de Anne-Marie LE ROUEIL :
https://snpcc.com/storage/2026/05/FRANCE-INTER-Le-journal-de-07h30-du-samedi-02-mai-2026.mp3