International : ce que peut le mouvement social - Fondation Copernic

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Comprendre, résister, agir dans un monde qui bouge

Copernic organise à Paris le samedi 10 octobre 2026 toute la journée une initiative publique pour réfléchir aux grands enjeux que pose au mouvement social la situation internationale. 

Le parti pris de cette journée sera de donner à voir et de s’interroger sur les capacités d’action et de mobilisations des sociétés confrontées à la logique de guerre, de prédation et d’oppression. 

Deux convictions nous guident: d’abord celle que la pertinence et l’utilité des luttes internationales sont méconnues et insuffisamment conscientisées par leurs actrices et acteurs elles et eux mêmes. On tombe facilement dans un lieu commun qui voudrait que se mobiliser sur les questions internationales ne servirait à rien, à peine éventuellement  à se donner bonne conscience. Doit-on baisser les bras en particulier aujourd’hui en présentant comme inéluctable le pouvoir toujours plus important d’une internationale d’extrême droite étendant son emprise dans tous les domaines et rendant vain et sans issue tout combat contre les logiques de guerre dont elle est porteuse ? Ce serait oublier bien vite le rôle qu’ont joué et que continuent à jouer les peuples, leur force de résistance et de résilience, des combats pour les indépendances aux grandes mobilisations  populaires qui ont eu des effets directs sur les positionnements internationaux des différents Etats et au final sur la marche du monde? 

Notre deuxième grande conviction est qu’il est intéressant, pour mener le débat public dans la période, de se donner quelques repères et d’éclairer les débats à gauche: sur nombre de sujets qui ont trait à l’international (Ukraine, vote à l’Assemblée sur l’augmentation des budgets militaires, etc), la gauche peut apparaître divisée. Nous faisons le pari que mener les débats et leur apporter un éclairage scientifique ne peut que renforcer nos interventions soit en faisant du commun soit en posant des désaccords qui font avancer la réflexion commune: (pourquoi) faut-il défendre le droit international? Quel  sens donner à l’internationalisme aujourd’hui, pour les syndicats comme pour les associations ou les partis politiques? Comment penser la question de la paix en articulation avec la montée des impérialismes? Quel doit être le rôle de la France et de l’Europe dans ce monde en recomposition? 

Ce meeting doit donc avoir à la fois pour but de penser les évolutions du monde, faire un point sur les débats en cours, et de se donner quelques outils pour peser sur ses évolutions, quelques raisons d’espérer donc !

Nous y organiserons plusieurs moments de réflexion et des discussions sur de nombreuses luttes internationales. Les débats porteront en particulier sur

  • Pourquoi et comment défendre le droit international

Qu’en est-il des attaques portées contre le droit international et les institutions en charge de le faire vivre (ONU, CPI,…) dans un contexte où la force tend à  remplacer de plus en plus le droit, et où ces institutions sont largement remises en cause y compris par les Etats eux mêmes ? Deux questions seront notamment posées : Comment penser le droit international et son évolution dans ce nouveau contexte ? Comment la société civile et le mouvement social et associatif peuvent-ils combattre ces orientations illibérales ? 

S’ils n’ont pas de pouvoir de sanction, ces différents acteurs jouent un rôle essentiel pour documenter les faits et mobiliser les médias et les institutions en charge de dire le droit. On montrera ici comment les rapports, plaidoyers, procès symboliques, actions en justice, campagnes de mobilisation, contentieux stratégiques, menés dans ce cadre ont pu influer sur le cours des événements en rendant plus lourd le coût politique et juridique des exactions commises.       

  • ce que la logique de guerre fait aux peuples, ce que peuvent les peuples pour la paix

Que subissent les peuples, quel est le commun des oppressions, mais aussi quelles sont leurs différentes formes de résistance. 

Que signifie être pacifiste aujourd’hui : l’indépendance / la souveraineté sont des thématiques justes mais qui flirtent parfois avec le ralliement au développement d’une « économie de guerre », versus le pacifisme, au risque de la « naïveté »?

Nous ferons une place particulière ici au rôle de la poursuite des logiques coloniales, en particulier en Afrique et dans les “territoires d’outre mer”.

Nous aborderons aussi ici la question des ressources, des terres agricoles, des matières premières, du pétrole, en tentant de montrer comment les crises environnementales impactent directement les populations (accaparement des terres, pollution, accès à l’eau) et comment les communautés développent des stratégies de résistance écologique.

Nous verrons enfin en quoi l’écoféminisme peut être un cadre d’analyse des inégalités et des alternatives locales.

  • international: que font les syndicats?

Nous souhaitons questionner ici la dimension internationaliste de l’action syndicale et sa traduction concrète dans des positionnements, des mobilisations de solidarité, des actions concrètes, mais aussi faire un état des lieux de la construction d’un syndicalisme international

Nous nous demanderons comment les activités internationales s’insèrent dans l’activité syndicale, est ce que les pressions de l’extrême droite qui dénonce la “politisation” des syndicats et remet en cause leur légitimité à agir sur la situation internationale a un effet et lequel?

  • Que peuvent la France et l’Europe?

L’Europe est-elle, dans le contexte actuel, et peut-elle être, l’espace de développement d’un certain modèle social et de défense du droit international, ou continue-t-elle à être un instrument de la libéralisation à marche forcée , alignée sur les Etats-Unis en matière internationale, un impérialisme qui peine à exister car secondaire mais un impérialisme quand même… 

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