Combiner compétences techniques et richesse interculturelle
C’est avant tout la dimension européenne de l’expérience qui marque les esprits. Travailler en anglais, échanger avec des collègues et homologues venus d’autres pays, confronter ses pratiques : autant d’éléments qui viennent nourrir les approches professionnelles ! « C’était certes challengeant de travailler en anglais, mais ça ne nous empêchait pas d’échanger » témoigne Arthur Balouet, animateur jeunesse à la Maison de Quartier Bellevue-Kerinou à Brest, lui aussi participant à la formation.
Camille évoque un « petit pas de côté » permis par la « dimension interculturelle, aussi intéressante pour le côté pro que pour le personnel. Ce sont ces à-côtés qui m’ont nourrie. » Au-delà de la barrière linguistique, c’est la confrontation des réalités professionnelles qui se révèle particulièrement inspirante. D’un pays à l’autre, les publics, les contraintes institutionnelles et les traditions de l’animation jeunesse diffèrent : on n’accompagne pas un·e jeune de quartier prioritaire à Brest comme on travaille avec des jeunes ruraux en Italie ou avec des publics arméniens marqués par d’autres enjeux sociaux et culturels. Cette diversité crée un effet miroir précieux : en découvrant comment ses homologues européens contournent les mêmes obstacles avec d’autres réflexes, chacun·e repart avec un répertoire élargi de pratiques — et un regard renouvelé sur les siennes.
À Léo Lagrange, une pratique déjà ancrée et partagée
Si la radio est au cœur de Bridging Beats, ce n’est pas un hasard : à Léo Lagrange, elle est déjà utilisée depuis plusieurs années comme outil éducatif. L’enjeu du projet est justement de partager cette expérience à l’échelle européenne.
La radio y est pensée comme un levier d’expression, d’apprentissage et d’émancipation. Elle permet de travailler l’oral, la confiance en soi, l’esprit critique, tout en créant des espaces d’écoute. Les professionnels en témoignent concrètement, comme Camille : « J’ai des exemples très précis en tête de jeunes qui ne prennent pas la parole et avec le micro c’est plus facile, parce qu’il y a une meilleure écoute. On entend bien ce que dit l’autre, il y a quelque chose de calme et d’écoute. […] C’est un vecteur de lien, un outil pour les jeunes pour s’exprimer, une jeune d’anxiété sociale peut prendre la parole et exprimer ses idées. »
Par sa grande souplesse, elle permet d’aborder des sujets variés, parfois inattendus. Arthur Balouet, en fait l’expérience sur le terrain :
« Le média est tellement ouvert qu’on peut y mettre un peu tout ce dont on a envie : les portes sont grandes ouvertes pour aborder des thématiques que les jeunes sollicitent. […] Ce sont des thématiques dont les jeunes ne se seraient pas saisis par eux-mêmes et on les voyait. »
Qu’il s’agisse de patrimoine, d’histoire locale ou de sujets plus personnels, la radio devient ainsi un véritable “prétexte” pédagogique pour susciter l’intérêt et engager les jeunes dans des démarches qu’ils n’auraient pas initiées seul·es.
Et maintenant, 8 mois pour expérimenter sur le terrain !
De retour sur le continent, les participant·es reviennent avec des idées plein la tête, et de nouvelles compétences à mettre en action ! Pour Camille, cette formation a permis de structurer une nouvelle dynamique pour la radio de l’EclectiC, qui cherchait un nouveau souffle. Le projet nantais, baptisé Radio Cœur, s’articule autour du fil rouge de la structure jeunesse pour l’année scolaire 2025-2026 : l’amour ! Des échanges et discussions ouvertes autour du micro, qui donnent vie à des podcasts, dont certains sont déjà à découvrir !
Retrouvez les premiers épisodes de Radio Cœur ici :
Côté Brest, Arthur souhaite également donner un nouvel élan aux activités radio de la Maison de quartier, déjà impliquée depuis plusieurs années sur le sujet notamment à travers les liens tissés avec l’association brestoise Longueur d’Ondes. Dès son retour, il applique les enseignements de Bridging Beats dans un contexte des plus propices à ce projet européen ! « Je suis parti en séjour avec quelques jeunes de la MDQ à Barcelone : on a emporté un micro et un casque, et on en a profité pour enregistrer plein de matières ! L’objectif ce serait de faire de ce séjour de petits podcasts, que l’on débrieferait en live lors de leur diffusion en plateau. » Quelques jours plus tard, Arthur co-anime l’activité webradio à l’évènement Horizon Aéro, un évènement de découverte des métiers des secteurs aéronautique, aérien et numérique destiné aux 13 – 25 ans, organisé en territoire brestois : « C’était vraiment sympa parce que ça m’a permis de retrouver les conditions d’un plateau, et de voir s’exprimer une grande diversité de jeunes pendant les deux journées. »
Cette mise en pratique rapide permet d’ajuster les formats, d’expérimenter avec différents publics, et de repenser la manière d’animer les ateliers. Arthur évoque d’ailleurs une évolution vers des dispositifs plus souples : moins contraints, plus ouverts, capables de s’adapter à des groupes fluctuants.
Au cours des prochains mois, chaque participant·eà la formation radio de Bridging Beats va mettre en place un projet radio avec les jeunes qu’ils ou elles accompagnent, pour démontrer l’efficacité de la radio comme levier d’expression et d’engagement pour les jeunes, en France comme en Europe !