Explorer le Soleil dans sa globalité : nouvelles avancées pour la simulation de la propagation des ondes

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Mis à jour le 04/06/2026

Grâce au projet ERC Incorwave, l’équipe-projet Makutu, en collaboration avec l’institut Max Planck et Mumps Technologies, franchit une étape clé : simuler la propagation des ondes gravito-acoustiques à l’échelle de tout le Soleil. Une avancée rendue possible par le croisement entre mathématiques, physique et calcul haute performance.

© Inria / Photo B. Fourrier

Un changement d’échelle : une simulation du Soleil dans son intégralité

Comprendre ce qui se joue à l’intérieur du Soleil reste un défi majeur : ces phénomènes ne sont accessibles qu’indirectement, notamment via les ondes qui le traversent. Jusqu’ici, nos modèles numériques restaient limités à des portions de l’astre ou à des hypothèses de symétrie. Dans le cadre du projet ERC (European research CouncilIncorwave, l’équipe-projet Makutu franchit un cap en simulant la propagation des ondes à l’échelle globale du Soleil. « C’est un résultat scientifique important : nous arrivons désormais à modéliser les ondes harmoniques pour le Soleil dans sa globalité », souligne Florian Faucher, porteur du projet. Cette méthodologie permet des simulations qui prennent en compte les perturbations 3D de l’intérieur solaire, et ainsi produire des simulations les plus fidèles possibles.

Le Soleil, un défi mathématique

Derrière cette avancée se cache un premier défi : celui des équations. Si les modèles de propagation d’ondes sont bien connus, leur application au Soleil révèle des difficultés inédites. « Les équations existent, mais les paramètres physiques du Soleil les rendent plus complexes à exploiter numériquement », explique Florian Faucher.

Les différentes couches qui composent le Soleil rencontrent des variations extrêmes de densité et de pression, qui influent profondément sur le comportement des ondes. C’est pourquoi le défis repose non sur la création de nouvelles équations mais bien sur une adaptation numérique plus fine à ce contexte particulier. Ce travail garantit la validité des simulations et ouvre aussi des perspectives pour d’autres objets astrophysiques.

L’expertise Makutu : des choix numériques décisifs

Résoudre ces équations nécessite des choix numériques précis. L’équipe Makutu mobilise pour cela son expertise en méthodes numériques. « Nos choix de discrétisation sont essentiels pour capturer les spécificités du Soleil tout en maîtrisant les coûts de calcul », précise Florian Faucher.

L’expertise sur ces méthodes est développée depuis plusieurs années dans l’équipe-projet Makutu, permettant de concilier précision et performance. L’enjeu est de représenter fidèlement les phénomènes physiques sans rendre les simulations irréalisables en temps de calcul ou en mémoire. Chaque étape, du choix de l’algorithme à son implémentation, est pensée pour rendre la résolution du problème possible.

© Makutu
Le magnétogramme synoptique observé (à gauche) est utilisé pour générer des perturbations tridimensionnelles de la vitesse du milieu (à droite).

Une amélioration en continu des performances des simulations

Les simulations nécessitent ensuite des ressources de calcul massives, mobilisant des supercalculateurs comme Adastra par exemple, hébergé au CINES à Montpellier. L’équipe s’appuie aussi sur le logiciel MUMPS, optimisé pour réduire les coûts mémoire et les temps de résolution.

« Nous avons échangé étroitement avec nos collègues du groupe MUMPS pour réduire les coûts, en mutualisant nos expertises », souligne Florian Faucher. Ce travail continu est central : chaque amélioration algorithmique permet de réduire les coûts de calcul et d’augmenter la complexité.

Une collaboration essentielle avec les physiciens

Le projet repose également sur une collaboration étroite avec les physiciens du Max Planck Institute. Leur expertise est indispensable pour valider les simulations et leurs interprétations physiques. Les équipes confrontent régulièrement les résultats numériques à des cas tests construits ensemble.

« Nous avons chacun notre langage, mais notre collaboration de longue date facilite les échanges », souligne Florian Faucher. Cette interdisciplinarité assure la cohérence entre modèles mathématiques et phénomènes physiques, et la pertinence des simulations.

Des résultats prometteurs pour mieux comprendre le Soleil

Les simulations obtenues offrent désormais une représentation globale de la propagation des ondes dans le Soleil. Au-delà de la performance numérique, elles ouvrent de nouvelles perspectives d’analyse pour les physiciens, notamment sur les structures internes et les flux tridimensionnels.

« L’outil est robuste et donne les résultats attendus, mais l’enjeu est maintenant de mieux l’exploiter et d’aller vers plus d’applications physiques », indique Florian Faucher. Ces résultats font du modèle un véritable outil d’exploration de la dynamique solaire.

© Makutu
Simulation 3D d'ondes gravito-acoustiques solaire à fréquence 2mHz.

Et maintenant ? Vers l’imagerie passive et de nouvelles applications

L’objectif est désormais de capitaliser sur ces avancées pour de nouvelles applications, notamment en imagerie passive. Cette approche consiste à reconstruire des informations sur l’intérieur d’un milieu à partir de ses vibrations naturelles.

Ces résultats issus du projet Incorwave sont prometteurs. Cette étape marque un glissement vers l’exploitation scientifique directe des simulations.

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Inria