À l'occasion du congrès 2026 de la Société informatique de France (*), consacré aux « Médiations informatiques », le Prix Gilles-Dowek a récompensé deux initiatives majeures de médiation scientifique : les actions menées par Marie Duflot-Kremer et le programme Terra Numerica. Un rendez-vous qui met également en lumière l'engagement d'Inria en faveur du dialogue entre recherche, numérique et société.
Créé pour distinguer des initiatives contribuant à faire connaître l'informatique et les sciences du numérique auprès de tous les publics, ce prix met en lumière l'importance de la médiation scientifique dans la diffusion des connaissances et le développement de la culture scientifique.
L'édition 2026 récompense deux lauréats engagés dans la médiation scientifique
La première distinction est attribuée à Marie Duflot-Kremer, maîtresse de conférences à l'Université de Lorraine et membre de l'équipe-projet VeriDis (**). Ses actions de médiation contribuent depuis de nombreuses années à rendre accessibles au plus grand nombre les concepts fondamentaux de l'informatique et de la pensée algorithmique.
Le second prix est décerné à Terra Numerica, programme de médiation scientifique consacré aux sciences du numérique. Hébergé par Inria et porté conjointement avec le CNRS et l'Université Côte d'Azur, Terra Numerica développe des dispositifs, ressources et événements permettant de sensibiliser différents publics aux enjeux du numérique. Dorian Mazauric (chargé de recherche Inria au sein de l’équipe ABS du Centre Inria de l’Université Côte d’Azur), Magali Martin-Mazauric (responsable des partenariats pour Terra Numerica) et Frédéric Havet (directeur de Recherches CNRS dans le projet COATI, commun avec le Centre Inria d'Université Côte d'Azur et l'I3S) étaient présent pour recevoir cette distinction au nom de Terra Numerica.
Un congrès consacré aux médiations informatiques
Cette édition du congrès de la SIF a pour thème « Médiations informatiques », un sujet particulièrement cher à Gilles Dowek, chercheur, logicien et médiateur scientifique de premier plan, disparu le 21 juillet 2025. Le congrès, qui lui est spécialement dédié, met à l'honneur les multiples formes de dialogue entre la recherche en informatique et la société. À cette occasion, Serge Abiteboul, directeur de recherche (équipe-projet Valda, Centre Inria de Paris commune avec l'Ecole normale supérieure de Paris et le CNRS) lui a rendu hommage.
Partenaire du congrès, Inria est fortement impliqué dans cette édition à travers la participation de nombreux scientifiques.
Parmi les temps forts, Nataliia Bielova, directrice de recherche de l’équipe-projet PRIVATICS (Centre Inria de l’Université Côte d’Azur), a reçu le Prix Lovelace-Babbage de l’Académie des sciences.
Les enjeux de médiation scientifique sont au cœur de plusieurs tables rondes et ateliers.
Emmanuelle Saillard (équipe-projet Storm du Centre Inria de l’université de Bordeaux) y anime notamment une table ronde consacrée aux différentes formes de médiation informatique et à leurs publics, avec la participation de Nathalie Revol (équipe-projet Pascaline, Centre Inria de Lyon commune avec l’Ecole normale supérieure de Lyon, l’Université Claude Bernard Lyon 1 et le CNRS) qui présente l’expérience de la revue de culture scientifique Interstices.
De nombreux scientifiques et médiateurs d’Inria proposent des ateliers participatifs dans le cadre de la session « Médiation scientifique : à vous de jouer ! », parmi lesquels Marie Duflot-Kremer, équipe-projet Veridis (*), Dorian Mazauric, Clémence Bouvier, équipe-projet CARAMBA (**), ainsi que les médiateurs scientifiques Julie Jagielka et Maël Guégan.
La cybersécurité est également mise à l’honneur à travers un exercice de vulgarisation réunissant Clémence Bouvier, Cécile Pierrot, équipe-projet CARAMBA) et Véronique Cortier (CNRS), équipe-projet Pesto (**), qui relèvent le défi de rendre accessibles leurs travaux à des publics diversifiés.
Le patrimoine informatique fait, quant à lui, l’objet d’une table ronde réunissant Dorian Mazauric et Carole Collange (équipe-projet PACAP, Centre Inria de l’Université de Rennes commune avec l'Université Rennes 1 et l'Université de Rennes).
Le congrès est également l’occasion de remettre l’accessit du Prix de thèse Gilles Kahn à Son Ho pour des travaux réalisés au Centre Inria de Paris.
Enfin, plusieurs rendez-vous viennent compléter la programmation, parmi lesquels un entretien avec Mathieu Acher (équipe-projet Diverse, Centre Inria de l’Université de Rennes commune avec l’Université Rennes 1, l’Institut national des sciences appliquées de Rennes, le CNRS et l’Université de Rennes) mené par Camille Picard, cheffe de projet en médiation scientifique chez Inria, ainsi qu’une projection-débat intitulée « Des machines intelligentes aux machines pensantes », animée par Alain Dutech, chargé de recherche Inria (équipe Biscuit du Loria) et Nicolas Dupuy (Université de Lorraine).
Ces nombreuses contributions illustrent l’engagement d’Inria en faveur du dialogue entre sciences du numérique et société, ainsi que le rôle essentiel de la médiation scientifique pour partager les connaissances, nourrir le débat public et susciter des vocations.
Une exposition pour célébrer le patrimoine immatériel que constitue le logiciel
À l’occasion du congrès, le Centre Inria de l’Université de Lorraine accueille également l’exposition « Code Source », conçue par Software Heritage et Inria. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du 10e anniversaire de Software Heritage, l’archive universelle du code source des logiciels.
Inaugurée lors du symposium annuel de Software Heritage à l’Unesco en janvier 2026, l’exposition propose un regard original sur le code source en le plaçant au cœur du dispositif de médiation. Au-delà de sa fonction technique, le code y est présenté comme un objet culturel, historique et scientifique, capable de témoigner d’une époque, d’une communauté ou encore d’une démarche créative. À travers quinze contributions sélectionnées par un comité d’exposition, le parcours explore trois grandes thématiques : le code source comme témoignage historique, comme miroir de la société et comme artefact culturel.
En donnant à voir la diversité des usages, des regards et des récits associés au code, l’exposition invite le public à réfléchir à la place du logiciel dans nos sociétés numériques et à la manière dont ce patrimoine peut être compris et partagé bien au-delà des seules communautés techniques.
(*) : le congrès 2026 de la SIF s’est déroulé au laboratoire Loria, dans le bâtiment Ada Lovelace du Centre Inria de l’Université de Lorraine
(**) : les équipes-projets VeriDis, Caramba, Pesto sont des équipes-projets communes au CNRS, à Inria et à l’Université de Lorraine, au sein du Centre Inria de l’Université de Lorraine et du laboratoire Loria.
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