Le cuivre : Comment allier résilience et soutenabilité ?

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Deuxième métal étudié dans le cadre du projet Minimal après le lithium, le cuivre. Indispensable à l’électrification de nos sociétés, le cuivre est omniprésent dans les réseaux électriques, les transports, le bâtiment et l’industrie.

Pour que cette transition reste viable face aux défis environnementaux, industriels, géopolitiques et sociaux de l’extraction minière, il devient impératif d’en rationaliser la demande et d’en optimiser les modes de production.

Extraction du cuivre : un héritage toxique à gérer, un futur à réglementer

L’extraction minière du cuivre génère 40 à 46 % des volumes mondiaux de résidus miniers – la part la plus toxique des déchets miniers – provoquant des drainages miniers acides et des pollutions aux métaux lourds (arsenic, cadmium, plomb). En outre, aujourd’hui plus de 55 % de la production a lieu dans des régions subissant un stress hydrique élevé.

Principaux enseignements de l’étude :

  • La sobriété comme levier impératif : Elle permet de modérer la consommation sans compromettre l’électrification. Par exemple, agir sur la taille et le remplissage des véhicules, le transfert modal et la réduction des distances parcourues permettrait de réduire de 41 % le besoin cumulé en cuivre pour le transport en Europe d’ici 2050 – soit l’équivalent d’une année de production mondiale du cuivre !
  • Le recyclage, un pari industriel gagnant : Bien qu’il ne suffise pas à court terme, il est responsable de 28 % de la réduction de l’extraction minière entre le scénario de référence et le scénario négaWatt en 2050. À partir de 2055, il pourrait couvrir 89 % de la demande française si couplé à une démarche de sobriété.
  • La substitution pour réduire les dépendances : En privilégiant des matériaux aux contraintes géopolitiques, économiques, environnementales et sociales moindres, la substitution permet de gagner en autonomie stratégique – en utilisant de l’aluminium par exemple, pour les réseaux électriques.
  • Des "réserves responsables" à définir : Les nouveaux projets miniers doivent être choisis selon des critères d’efficacité environnementale (teneur, stress hydrique, biodiversité) et non uniquement selon leur rentabilité.
  • Un cadre reglementaire à renforcer : La réglementation européenne doit être renforcée pour mieux faire face à ces risques environnementaux et sanitaires.
Coordonnées
Stéphane LB