Devoir de mémoire - biographie de Marcel NOININ - Ville de Saint-Étienne-du-Rouvray - Site officiel

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Fiche d’identité

Naissance : 25 juin 188, Saintes (17)
Décès : 8 mai 1916 (28 ans), Esnes (55)
Profession : cimentier puis employé des Chemins de Fer
Grade : sergent, 114e Régiment d’Infanterie, classe 1907
Campagne contre l’Allemagne : du 18 septembre 1914 au 8
mai 1916 (7 mois).

À quoi ressemblait-il ?

Marcel Noinin mesurait 1m71. Il avait les cheveux châtains et les yeux bleu.
Il avait un niveau d’instruction primaire, ce qui signifie qu’il avait terminé l’école primaire à 13 ans, sans passer le certificat d’études.
Il était marié avec Marie Werbrugge et vivait 67 rue de la République, à Saint-Étienne-du-Rouvray.

Biographie

Marcel Noinin naît le 25 juin 1887 à Saintes (17), non loin de la côte atlantique. Il semble être le premier enfant d’un couple modeste, et l’aîné d’une fratrie de trois garçons. Durant son enfance, la famille déménage un peu plus au nord, dans les Deux-Sèvres, à Airvault (79). Marcel Noinin y devient cimentier.

En 1908, alors que le jeune homme a 21 ans, il se présente aux bureaux de l’Armée pour réaliser son service militaire obligatoire. Il est affecté au 135e R.I. (Régiment d’Infanterie), dont la caserne se situe à Angers. Il y passe deux années, durant lesquelles il fait ses preuves puisqu’il est promu soldat 1ère classe en 1909.

En 1910, alors âgé de 23 ans, Marcel Noinin revient à la vie civile. Deux mois plus tard, il s’installe en Normandie, à Clères (76), où il devient employé de la Compagnie des chemins de fer. Le choix de ce nouveau métier n’a rien de surprenant, puisque son père travaille également dans ce domaine. En 1913, le jeune homme s’installe à Saint-Étienne-du-Rouvray (76), où il rencontre Marie Werbrugge, une petite fille d’immigré belge. Celle-ci, de sept ans sa cadette, n’a que 20 ans et travaille probablement à la Société cotonnière où elle est ouvrière de filature. Alors que les bruits de guerre courent, le couple se marie, en juillet 1914, et emménage rue Sevestre. Deux mois plus tard, alors que la guerre a été déclarée début août, Marcel Noinin, âgé de 27 ans, est mobilisé et doit rejoindre le 114e R.I. Il laisse derrière lui sa jeune épouse, tout juste enceinte.

Dès le 23 septembre, le Stéphanais rejoint son régiment. Ce dernier, qui vient de participer à la bataille de la Marne, s’apprête à partir pour la Belgique : c’est la « course à la mer ». Marcel Noinin connaît son baptême du feu tout près d’Ypres. Le jeune homme se distingue rapidement, car il est nommé caporal le 17 novembre 1914. Le 114e R.I. passe quelques mois en Belgique avant d’être relevé au printemps 1915. En mai 1915, Marcel Noinin et ses camarades participent à l’offensive d’Artois et combattent dans le secteur de Béthune (62) : les échanges y sont d’une telle violence que le régiment compte, en deux jours, plus de 1 400 pertes dans ses rangs (dont 810 disparus !)

Durant la période, Marcel Noinin apprend la naissance de son fils à Saint-Étienne-du-Rouvray. Marie Werbrugge, qui accouche entourée de sa famille, donne à son petit garçon le même nom que son père qui combat au front. Il semblerait également que, du fait de ses actions, notre soldat soit promu sergent. Le 114e R.I. demeure en Artois pendant plusieurs mois, aux côtés des troupes britanniques. Il finit par être acheminé vers l’est, où la bataille de Verdun fait rage depuis février.

Le 5 mai 1916, Marcel Noinin et ses camarades, qui viennent d’assister, quelques jours auparavant, à une revue de troupes par le Général Joffre et à la remise de la légion d’honneur au général Pétain, sont acheminés en urgence vers l’ouest de Verdun. En camion, ils empruntent la « Voie sacrée » et sont débarqués près d’Esnes (55). La 2e compagnie à laquelle appartient notre soldat est envoyée relever des camarades, sous un bombardement d’une violence inouïe. Dans le chaos qui s’ensuit, Marcel Noinin est porté disparu, à 28 ans. Il laisse derrière lui une veuve de 21 ans et un fils d’à peine 1 an.

Que devient sa famille ?

Si la famille de Marcel Noinin est probablement prévenue par des proches du soldat, il n’en demeure pas moins que l’avis officiel de disparition ne parvient à Saint-Étienne-du-Rouvray qu’en janvier 1919. Cela signifie que sa très jeune veuve, Marie Werbrugge, ne touche pas avant cette date une pension versée par l’État. Presque deux ans plus tard, le tribunal civil de Rouen reconnaît officiellement le décès du jeune homme. En octobre 1925, le fils de Marcel Noinin, alors âgé de 10 ans, est adopté comme pupille de la Nation. Cela signifie que l’État français s’engage à subvenir à ses besoins et à son éducation.


Sources : fiche matricule, actes de naissance et de décès, archives d’état civil de Saint-Étienne-du-Rouvray (76) et de Saintes (17), liste électorale de Saint-Étienne-du-Rouvray (1913), fiche MdH, Livre d’Or, Historique et J.M.O. du 114e R.I.
Auteurs : Ariane Biard, professeure d’Histoire-Géographie et Lilou DIÔME, 3eC, collège Paul Eluard, 2026.

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