Quand la stratégie digitale devient un levier de performance

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Kahina Ikhlef est responsable pédagogique du Mastère Responsable marketing digital stratégique et opérationnel à la Fonderie de l’image. Forte d’une solide expérience professionnelle, elle forme chaque année des étudiants aux exigences concrètes des métiers de la communication digitale. Dans cet entretien, elle partage sa vision des compétences indispensables, souligne le rôle central de l’analyse dans les stratégies social media, et présente une formation conçue pour répondre aux réalités du terrain.

En quoi le marketing digital d’aujourd’hui demande-t-il autant de créativité que d’analyse ?

Le marketing digital demande aujourd’hui un vrai équilibre entre créativité et analyse. La créativité est indispensable pour émerger dans un environnement saturé de contenus, capter l’attention, raconter une histoire de marque et créer une expérience mémorable.

Mais cette créativité doit être guidée par l’analyse. Les données permettent de comprendre les comportements, d’identifier les bons canaux, de mesurer les performances et d’ajuster les actions.

Pour moi, un bon marketeur digital est quelqu’un qui sait avoir des idées, mais qui sait aussi les confronter à la réalité du terrain. C’est cette combinaison entre intuition créative, culture digitale et pilotage par la donnée qui fait la différence.

Comment formez-vous les étudiants à piloter l’amélioration continue d’une stratégie digitale ?

Je les forme à ne pas voir une stratégie digitale comme quelque chose de figé. Une stratégie doit vivre, évoluer, être testée, mesurée puis optimisée.

Les étudiants apprennent à définir des objectifs clairs, à choisir les bons KPI, à construire des tableaux de bord, à analyser les performances et à formuler des recommandations. Ils doivent être capables de comprendre ce que les résultats disent réellement et d’en tirer des décisions concrètes.

L’idée est de leur faire adopter une vraie posture professionnelle : observer, tester, corriger, améliorer. C’est comme cela que l’on pilote une stratégie digitale dans la durée.

Pouvez-vous nous donner un exemple de projet particulièrement marquant ?

Les projets les plus marquants sont souvent ceux où les étudiants travaillent sur une problématique réelle de marque ou d’organisation. Ils doivent analyser l’existant, comprendre le positionnement, identifier les cibles, étudier les concurrents, puis proposer une stratégie digitale complète.

Ce type de projet est très formateur, parce qu’il les oblige à mobiliser plusieurs compétences : analyse de marché, stratégie de contenu, social media, acquisition, CRM, expérience client, mesure de la performance et présentation orale.

J’aime aussi beaucoup les challenger dans des formats plus intensifs, notamment lors de hackathons. En 48 ou 72 heures, ils doivent travailler vite, s’organiser, faire des choix, collaborer et produire une recommandation solide dans un temps très limité. Souvent, les résultats sont bluffants. Ces moments leur permettent de prendre conscience de ce dont ils sont capables lorsqu’ils sortent de leur zone de confort.

Ce que je trouve particulièrement intéressant, c’est de voir leur progression. Au départ, ils arrivent souvent avec beaucoup d’idées, parfois très intuitives. Puis, au fil du projet, ils

apprennent à structurer leur réflexion, à justifier leurs choix et à transformer leurs idées en recommandations professionnelles.

Pourquoi la capacité d’adaptation est-elle devenue essentielle dans le marketing digital ?

La capacité d’adaptation est essentielle parce que le digital évolue en permanence. Les plateformes changent, les algorithmes évoluent, de nouveaux formats apparaissent, les comportements des consommateurs se transforment et l’intelligence artificielle vient déjà modifier beaucoup de pratiques.

On ne peut plus se contenter d’appliquer des méthodes toutes faites. Il faut savoir apprendre rapidement, tester de nouveaux outils, remettre en question ses habitudes et ajuster ses stratégies.

Pour moi, l’adaptabilité est devenue une compétence centrale. Ce n’est pas seulement une qualité personnelle, c’est une vraie compétence professionnelle dans les métiers du marketing digital.

Comment la formation aide-t-elle à comprendre les évolutions rapides du digital ?

La formation aide les étudiants à développer une culture digitale solide, mais aussi une capacité de veille, d’analyse et de prise de recul. Ils apprennent à observer les tendances, à comprendre les usages, à décrypter les plateformes et à mesurer l’impact des nouvelles technologies sur les métiers du marketing.

Dès le début de leur cursus à la Fonderie de l’image, nos étudiants en marketing digital commencent par une semaine immersive. L’idée est de construire ensemble un département marketing : comprendre ses missions, ses métiers, ses enjeux, ses outils et la manière dont il s’articule avec les autres fonctions de l’entreprise. C’est une semaine que j’aime beaucoup, parce qu’elle leur permet de se projeter très concrètement dans leurs futurs modules de formation, mais aussi dans leur future carrière.

Ce format allie théorie et pratique, avec une vraie dimension collaborative. Les étudiants ne sont pas simplement dans l’écoute : ils réfléchissent, produisent, échangent, construisent ensemble et commencent déjà à adopter une posture professionnelle. Cette immersion les aide à mieux comprendre le sens de leur parcours et à désigner leur trajectoire de carrière en fonction de leurs compétences, de leurs envies et des métiers vers lesquels ils souhaitent évoluer.

Nous travaillons ensuite sur des cas actuels, des outils actuels et des problématiques concrètes : intelligence artificielle, automatisation, social commerce, CRM, data, expérience client, contenus, acquisition et fidélisation.

L’objectif n’est pas seulement de leur transmettre des connaissances à un instant donné. Il s’agit surtout de leur apprendre à apprendre, parce que dans le digital, les compétences doivent être actualisées en permanence.

Qu’est-ce qui fait évoluer le plus rapidement les étudiants pendant ces deux années ?

Ce qui les fait évoluer le plus rapidement, c’est la confrontation à des projets complexes et professionnalisants. En mastère, les étudiants ne sont plus seulement dans l’exécution. On leur demande de prendre du recul, d’analyser, de décider, d’argumenter et de piloter une stratégie.

Ils progressent beaucoup grâce aux projets, aux soutenances et à l’alternance, lorsqu’ils peuvent mettre directement en pratique ce qu’ils apprennent en entreprise.

En deux ans, on observe souvent une vraie transformation. Ils gagnent en autonomie, en posture, en maturité professionnelle et en capacité à penser comme de futurs responsables marketing digital.

Coordonnées
Valentine Fried