COMMUNIQUE DE PRESSE
24.06.2026
Le gouvernement s'apprête à réaliser un tour de passe-passe de 93 millions d'euros issus du reliquat de l'aide à la conversion à l'agriculture biologique (CAB) qui, s'il est confirmé, est un vrai scandale. En effet, le gouvernement envisagerait une opération de "désendettement" de l'État en remplaçant des crédits nationaux qui cofinancent l'assurance récolte par des fonds européens issus du reliquat CAB. L'argent de la bio servirait alors à désendetter l'État ! Pour la Confédération paysanne les reliquats CAB doivent être affectés en intégralité à la transition agroécologique, en priorité vers l'agriculture biologique et les MAEC systèmes. Il est temps d'avoir une transparence totale sur les reliquats bio 2025, 2026 et 2027.
Alors que les canicules, les sécheresses, les crises de l'eau, la hausse du coût de l'énergie et la dépendance aux engrais de synthèse rappellent chaque jour l'urgence de transformer les systèmes agricoles, le gouvernement choisit de financer des primes d'assurance plutôt que d'accompagner les paysan·nes à changer leurs pratiques.
L'assurance récolte ne réduit pas la dépendance aux intrants, ne protège ni les sols, ni l'eau et ne soutient en rien spécifiquement les fermes biologiques. Elle revient à payer pour indemniser les dégâts d'un modèle agro-industriel. Seulement 30% des paysan·nes français·es sont assuré·es, et les surfaces assurées sont en diminution, preuves de l'échec de ce dispositif.
Ce système reste en outre profondément inégalitaire. De nombreuses productions sont mal ou pas couvertes par les assureurs. Les paysan·nes qui ne peuvent pas accéder à un contrat subissent une double peine : absence de couverture assurantielle et indemnisation publique dégradée. Pour répondre à la multiplication des crises climatiques, la Confédération paysanne demande le renforcement des mesures de transition et l'instauration d'un fonds mutuel et solidaire.
Depuis des mois, aucun espace de discussion n'a été ouvert. Le gouvernement choisit aujourd'hui de soumettre cette décision au Comité national de suivi du Plan stratégique national par une simple consultation écrite, sans réunion, sans échange contradictoire, sans négociation réelle. Cette méthode est inacceptable. Consultation après consultation, les avis défavorables argumentés ne sont pas pris en compte et les conclusions retiennent systématiquement un avis favorable du CNS. Le comité, qui devrait être une instance de suivi, de débat et de co-construction de la PAC*, est réduit à une chambre d'enregistrement de décisions déjà arbitrées.
Si cet arbitrage se confirme, la Ministre de l'agriculture aura beau jeu de dire qu'elle soutient la bio ! L'argent de la PAC* doit rester au service de la transition, pas finir dans les circuits de l'assurance privée pour remplir les caisses de l'État.
Contacts :
Stéphane GALAIS - porte-parole national
- tél: 06 81 27 74 56
Nicolas FORTIN - secrétaire national
- tél: 06 85 65 75 92
Caroline NUGUES - Chargée de communication
- tél: 06 95 29 80 78