Les entreprises face à un nouvel enjeu de parentalité : accompagner les parents d'adolescents

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Pendant longtemps, les politiques de parentalité en entreprise se sont concentrées sur les premières années de l’enfant. Congés parentaux, modes de garde, retour de congé maternité, conciliation des temps de vie : autant de sujets qui ont progressivement trouvé leur place dans les stratégies RH.

Mais une autre réalité émerge aujourd’hui, beaucoup plus discrète. Lorsque les enfants deviennent adolescents, les contraintes changent de nature sans pour autant disparaître. Elles deviennent simplement moins visibles.

Les entreprises auraient tort de considérer que les difficultés liées à la parentalité s’arrêtent à l’entrée à l’école primaire. 

Une nouvelle forme de charge mentale

L’adolescence concentre désormais des préoccupations inédites pour les familles : orientation scolaire, Parcoursup, pression académique, exposition aux réseaux sociaux, santé mentale, inquiétudes face à un avenir économique et climatique incertain.

Selon une récente étude OpinionWay, près de huit parents sur dix déclarent ressentir du stress lié à l’orientation de leur adolescent et plus d’un sur deux estime que cette période affecte sa concentration au travail.

Ces chiffres traduisent une évolution profonde : la charge mentale parentale ne diminue pas avec l’âge des enfants. Elle se transforme.

Là où les premières années mobilisent du temps, l’adolescence mobilise davantage l’attention, la disponibilité psychologique et la capacité à accompagner des décisions susceptibles d’influencer toute une trajectoire de vie.

Un enjeu qui dépasse la sphère privée

Cette évolution ne relève plus uniquement de la vie familiale.

Lorsque les préoccupations liées à un enfant occupent durablement l’esprit d’un salarié, elles finissent inévitablement par avoir des répercussions sur son activité professionnelle : difficultés de concentration, fatigue cognitive, stress, indisponibilité ponctuelle ou arbitrages permanents entre impératifs professionnels et familiaux.

À cela s’ajoute un phénomène plus récent : la progression des troubles de santé mentale chez les jeunes.

Anxiété, décrochage scolaire, mal-être psychologique ou harcèlement conduisent de nombreux parents à multiplier les rendez-vous médicaux, les échanges avec les établissements scolaires et les démarches d’accompagnement. Une responsabilité souvent invisible, mais qui pèse directement sur leur équilibre professionnel.

Des politiques RH encore centrées sur la petite enfance

Les entreprises ont largement investi les questions liées à la naissance et à la petite enfance. 

En revanche, très peu de dispositifs prennent aujourd’hui en compte les difficultés rencontrées par les parents d’adolescents.

Ce décalage traduit une représentation encore largement ancrée : une fois les enfants devenus autonomes, les besoins d’accompagnement disparaîtraient.

La réalité est tout autre. Si la dépendance matérielle diminue, la charge émotionnelle, elle, tend à s’intensifier.

Les transformations de la société (allongement des études, complexification de l’orientation, montée des enjeux de santé mentale ) invitent désormais les entreprises à élargir leur conception de la parentalité.

Un nouvel enjeu RH

Il ne s’agit pas de créer un nouveau droit ou un dispositif supplémentaire. 

L’enjeu consiste plutôt à reconnaître une réalité vécue par une part croissante des salariés.

Former les managers à ces nouveaux enjeux, prévoir davantage de souplesse lors des périodes clés de l’année scolaire, intégrer cette question dans les politiques de qualité de vie et des conditions de travail ou encore proposer des conférences d’information constituent des leviers relativement simples à mobiliser.

Au-delà de la parentalité, c’est une conception plus large de la performance qui se dessine : celle qui considère que les événements de la vie personnelle influencent durablement les conditions d’engagement au travail.

Les politiques de parentalité arrivent aujourd’hui à un tournant.

Après avoir permis de mieux accompagner les jeunes parents, elles sont appelées à évoluer pour tenir compte de l’ensemble des étapes de la vie familiale.

Au fond, la question dépasse largement celle de l’adolescence. Elle invite les entreprises à repenser la parentalité comme un parcours, dont les besoins évoluent au fil des étapes de la vie familiale.

Longtemps centrées sur la grossesse, la naissance et les premières années de l’enfant, les politiques RH sont désormais appelées à adopter une approche plus globale, capable d’accompagner les salariés confrontés à des réalités familiales de plus en plus diverses : monoparentalité, handicap, parcours d’adoption, aidance, adolescence ou encore évolution des trajectoires professionnelles.

C’est précisément l’ambition du nouveau guide « Parentalité & Entreprise » publié par Les entreprises pour la Cité. Conçu comme un outil d’aide à l’action, il rassemble données clés, éclairages d’experts, cadre juridique, retours d’expérience d’entreprises et recommandations opérationnelles pour construire des politiques de parentalité plus inclusives, adaptées aux transformations de la société comme aux attentes des salariés.

Les entreprises pour la cité : un réseau pionnier

Depuis plus de 30 ans, notre association mobilise et inspire les entreprises en matière d’innovation sociale (diversité, inclusion, égalité des chances, mécénat et engagements citoyens). Nos équipes animent la réflexion et accompagnent un collectif d’entreprises engagées en faveur de l’intérêt général, par le partage et la co-construction. 

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