Un double diplôme, entre la France et l’Espagne
Depuis 2017, une convention entre l’ENSAM et l’ETSA-UPV/EHU permet aux étudiants de suivre un cursus binational, partagé entre la France et l’Espagne. Ce parcours s’organise en alternance entre les deux établissements : les étudiants effectuent des semestres dans leur école d’origine, puis dans l’école partenaire, avant de réaliser un stage professionnel à l’étranger.
Ce double diplôme vise à combiner l’approche technique de l’ETSA-UPV/EHU avec la dimension recherche de l’ENSAM, tout en initiant les étudiants à une pratique de l’architecture ancrée dans un contexte transfrontalier et interculturel.
À l’issue de leur cursus, les étudiants obtiennent le Diplôme d’État d’Architecte conférant le grade de Master en France, ainsi que le Grado en Fundamentos de Arquitectura en Espagne.
Témoignage d’Aubrée : étudiante à l’ENSAM en double diplôme
Aubrée a 24 ans. Originaire de Belgique, elle poursuit ses études d’architecture en Espagne, à San Sebastián. Elle a validé ses trois premières années d’études et réalisé un programme de mobilité SICUE à Gran Canaria pendant un an. Elle réalise actuellement ses 5e et 6e années du cursus espagnol en partie à Montpellier et à l’UPV de San Sebastián, ce qui correspond au 2ème semestre de Master 1 et de Master 2 à l’ENSAM.
Pourquoi as-tu choisi le double diplôme ?
« J’ai choisi ce cursus car j’ai réalisé toutes mes études en Espagne, j’avais envie de découvrir l’architecture à travers une université française. Ce qui le distingue d’un master classique, c’est l’obtention des deux diplômes et la possibilité d’observer les différences d’apprentissage entre les deux pays. »
Comment est organisé ce double diplôme ?
« Dans mon cas, les deux semestres sont totalement distincts : au premier semestre, je suis mes cours en Espagne et au second semestre, je travaille sur mon mémoire et mon projet à l’ENSAM. Les manières de travailler sont très différentes. En Espagne, j’ai cours tous les jours, soit de 8h30 à 14h30, soit de 14h30 à 19h selon les années. J’ai environ sept cours par semaine, et ils sont obligatoires. En France, j’ai cours les demi-journées du mercredi, jeudi et vendredi, et le reste du temps est consacré au travail individuel pour avancer sur le mémoire et le projet. J’ai également deux jours par semaine qui sont banalisés pour effectuer des activités professionnalisantes. C’est l’occasion de faire, par exemple, le stage obligatoire de MOE en alternance »
En quoi l’enseignement est-il différent ?
« En Espagne, les cours ont tendance à être plus techniques : on a chaque année des cours de construction, de structure et d’équipements, qui sont tout aussi importants, voire parfois plus, que les cours de projet, d’urbanisme ou d’histoire. Le rythme y est plus intense et laisse moins de temps pour le projet qu’en France, mais on est aussi davantage encadrés et moins livrés à nous-mêmes. Il y a généralement plus de travail en groupe en Espagne, à l’inverse de l’ENSAM où les travaux sont individuels. »
Quels sont les enjeux territoriaux abordés dans vos projets ?
« À l’UPV, en cours de projet, on travaille sur plusieurs sites en Espagne, le plus souvent dans de petites villes ou sur le littoral. En urbanisme, on se concentre généralement sur la côte basque et les territoires proches de San Sebastián. On aborde des sujets comme la montée des eaux, qui sont particulièrement intéressants car ils concernent directement l’architecture contemporaine et constituent également une problématique commune avec Montpellier. »
Qu’est-ce qui distingue les deux écoles ?
« Je trouve que l’école de San Sebastián apporte beaucoup de structure dans l’apprentissage. On aborde beaucoup de matières différentes, dont certaines très techniques. Mais le rythme intense ne permet pas toujours d’approfondir pleinement chaque sujet. À l’inverse, en France, on nous demande de nous spécialiser sur un sujet, de rédiger un mémoire et de l’appliquer à un projet. C’est très intéressant si l’on sait vers quoi on veut s’orienter, mais on est beaucoup plus autonome, ce qui peut être déstabilisant. »
Que représente un diplôme franco-espagnol ?
« Obtenir le double diplôme, franco-espagnol, offre la possibilité de s’inscrire à l’habilitation dans les deux pays, de comprendre leurs différences d’apprentissage et représente un plus sur le CV. »
Recommanderais-tu ce parcours ?
« Je recommanderais ce parcours, car on est fier de soi lorsqu’on réussit à s’adapter à un nouveau pays, à de nouvelles langues et à une nouvelle manière de voir les choses. Ce parcours m’a apporté, la possibilité de voyager pendant mes études, de découvrir une nouvelle culture et de rencontrer des personnes d’horizons très différents. C’est aussi une manière de sortir de sa zone de confort et de vivre de nouvelles expériences. »