Issue de la fusion des hôpitaux de Seclin et de Carvin, le groupe hospitalier Seclin-Carvin a la particularité d’être installé sur trois sites, dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais. Son ressort est contrasté, entre une aire métropolitaine lilloise dynamique et un bassin minier fragilisé. Il est aussi fortement concurrentiel, particulièrement en médecine et en chirurgie. L’établissement bénéficie de sa proximité avec le centre hospitalier universitaire de Lille, pilote du groupement hospitalier de territoire, même s’il affiche une volonté de proximité en faveur du bassin minier, que traduit le nouveau Pôle Santé de Carvin. Son offre, relativement large, couvre à la fois le court, le moyen et le long séjour pour le secteur hospitalier, et l’hébergement des personnes âgées dépendantes.
À ce jour, l’établissement, qui assure un service public de qualité, n’a pas retrouvé son niveau d’activité d’avant crise sanitaire. Pour tirer tous les fruits de ce redémarrage, il se doit d’améliorer son organisation et son pilotage, en renouvelant par exemple ses instruments stratégiques. La moindre efficience de certaines spécialités devrait lui permettre de dégager de nouvelles marges de manœuvre. Il doit aussi surmonter le virage ambulatoire, insuffisamment anticipé, et revoir l’allocation de ses ressources en conséquence. Les salles de bloc opératoire pourraient être mieux utilisées, sachant qu’une huitième vient d’ouvrir et qu’il bénéficie désormais de capacités et de matériels riches. Un travail sur la saturation des lits disponibles est aussi nécessaire, sur la base de nouvelles solutions d’aval et d’une meilleure gestion interne. Au-delà, il a tout intérêt à préparer la mise en adéquation de ses services aux besoins futurs, à l’image de la maternité, bien assise dans le territoire, mais qui connaît un contexte démographique en berne.
Sa trajectoire financière est inquiétante, ce que ne traduit pas assez sa comptabilité générale, qui doit encore gagner en fiabilité. La réalité économique du groupe hospitalier se caractérise par un déséquilibre structurel croissant de l’exploitation, ce que manifeste l’effondrement de la marge brute depuis 2020, au point de devenir négative sur les derniers exercices, malgré les aides de l’agence régionale de santé. Cette situation signifie que, en dépit de bons taux d’occupation, le cycle d’exploitation ne produit plus d’excédent permettant de financer l’investissement, même courant. Les niveaux de déficits consolidés cumulés des deux derniers exercices (- 25 M€) sont préoccupants et montrent une trajectoire budgétaire hors de contrôle.
Depuis 2022, l’établissement a surtout financé son investissement par des prélèvements sur son fonds de roulement, très faible à ce jour, au point de ne plus laisser de marge de manœuvre. Sa trésorerie nette s’est dégradée depuis 2023, pour atteindre un niveau critique. Pour optimiser les flux de trésorerie, il en vient à allonger volontairement ses délais de paiement. Alors qu’il doit couvrir, au plus pressé, ses besoins de financement de court terme, sa trésorerie est insuffisamment pilotée, à défaut d’instruments internes.
Les projections budgétaires les plus récentes du groupe hospitalier ne sont ni réalistes ni soutenables. Elles ne traduisent pas de réelle trajectoire d’équilibre financier, à défaut de choix, structurants, sur le modèle d’établissement et son pilotage.