Merci Patron de François Ruffin, ou le film documentaire révélateur des mœurs du grand capital ! - CulturAdvisor

Compatibilité
Sauvegarder(0)
partager

Qui dira enfin la pertinence militante et subversives des paroles de la chanson des Charlots, qui accompagne le film en attaque et à sa chute? On s’attendait rarement, il est vrai, à ce que Le Monde et Télérama, qui ont adoré le film, y associent la bluette terriblement ringarde, mais satirique et déconnante des Charlots, successeurs des Problèmes au sein desquels sévissait la première version non lunettée du chanteur Antoine. Merci Patron de François Ruffin, ou le film documentaire révélateur des mœurs du grand capital !

Un film-reportage-militant

La bonne conscience de gauche interdisait que l’on critiquât cette “comédie documentaire”, ce “film-reportage-militant”, assimilable aux meilleurs films de Michael Moore et Pierre Carles. Il est vrai qu’il est jubilatoire, révélateur des mœurs du grand capital et en particulier des pratiques de Bernard Arnault, le milliardaire qui tient par les couilles un certain nombre de médias, lesquels ont “oublié” de parler du film à sa sortie. Allez pour autant jusqu’à qualifier ce reportage en caméra cachée d’un journaliste militant, Robin des Bois moderne, qui aide la famille Klur à baiser le groupe LVMH, de “chef d’œuvre”, c’est peut-être pousser un peu loin le bouchon de champagne que la famille prolotte jusqu’au bout des nains de jardin, fait sauter en touchant le pactole du marchand de parfum.

Merci Patron de François Ruffin, ou le film documentaire révélateur des mœurs du grand capital !

Un brûlot teinté de franche rigolade

François Ruffin, le journaliste de Fakir devenu cinéaste, l’admet lui-même, “cette expérience ne remplace pas les luttes sociales“. Lors du débat qui a suivi la première projection au cinéma les Carmes à Orléans de Merci patron, à la conjonction de la lutte contre la loi El Khomri et de ce brûlot teinté de franche rigolade, il y avait du grain à moudre. Hormis quelques saillies, comme celle de ce spectateur qui a conseillé de “réveiller l’humour et de chier dedans un grand coup”, les échanges ont débouché, comme il fallait s’y attendre, sur des points de vue hilarants sur le sexe des syndicats réformistes, et l’intérêt qu’il y aura le 31 à bloque le pays par un grève générale.

Un gentil chantage à la réputation

Très bien, mais justement le film narre l’inverse et, à ce titre, sous des dehors de pot de terre qui l’emporte contre le pot de fer dans une joyeuse ambiance de farce, il est d’un pessimisme abouti. Si les seules façons d’enfoncer un coin dans un empire industriel ne procèdent plus aujourd’hui de la lutte des classes, mais d’un gentil chantage à la réputation, c’est qu’il n’y a plus grand chose à espérer sur le pouvoir de salariés organisés. Ce n’est pas l’avis de Patrick Communal, le juriste-militant pour qui “l’on surestime le pouvoir des employeurs…Ils sont paralysés de trouille dans le film…C’est une histoire qui donne envie de se battre”. Alors…

Soutenez-nous

Nous vous encourageons à utiliser les liens d’affiliation présents dans cette publication. Ces liens vers les produits que nous conseillons, nous permettent de nous rémunérer, moyennant une petite commission, sur les produits achetés : livres, vinyles, CD, DVD, billetterie, etc. Cela constitue la principale source de rémunération de CulturAdvisor et nous permet de continuer à vous informer sur des événements culturels passionnants et de contribuer à la mise en valeur de notre culture commune.

Par Ch. B. MagCentre.

Coordonnées
Mag Centre