Penser l’avenir de son proche malade ou handicapé après soi est une question délicate mais essentielle. L’OCH propose une conférence pour aider les familles à l’aborder sereinement, sur les plans humain, juridique et spirituel : Chronique RND de Florence Gros du 14 janvier 2026
Pierre-Hugues : J’ai appris que l’OCH organisait bientôt une conférence pour aider les familles à préparer l’avenir de leur proche malade ou handicapé quand les parents décèdent. Sujet délicat. Qui va intervenir à cette conférence ?
Vous êtes très bien renseigné Pierre-Hugues. Cette conférence aura lieu le 22 janvier prochain en visio, donc accessible de toute la France. A l’OCH, il n’y a pas de sujet tabou. Parler de nos vulnérabilités, de la mort, de la vie de nos proches après nous sont des sujets délicats et importants, spirituels et très concrets. Aussi avons-nous invité deux intervenants. Frère Marc de la communauté Jésus Serviteur, religieux et responsable de la pastorale des personnes handicapées du diocèse de Meaux. Il a grandi dans une famille nombreuse avec une grande sœur trisomique, Marie-Agnès, aujourd’hui décédée. Et Philippe Bourdel, notaire à la retraite, co-fondateur de Fragilis, premier Family Office entièrement dédié aux personnes en situation de handicap et à leur famille afin de leur donner une vision globale des problématiques juridiques et patrimoniales et leur apporter des réponses concrètes et adaptées. C’est avec cette même volonté que l’OCH a voulu organiser cette conférence, en ajoutant une dimension spirituelle car penser l’après est aussi un chemin spirituel. Frère Marc vous en dira plus !
Pierre-Hugues : Quels sont les sujets à aborder ? Ne sont-ils pas réservés à nos ainés ?
Savez-vous que 30% des aidants en France décèdent avant leur proches aidés. Ce pourcentage nous incite d’abord à prendre soin des aidants. En effet, les principales causes de la mortalité des aidants semblent liées à des facteurs psychologiques comme le stress, le sentiment de solitude et la dépression, et des facteurs physiques comme les troubles musculaires. Ces remarques factuelles nous rappellent notre fragilité et notre finitude. Le parent d’un enfant handicapé, bien occupé par le quotidien, pense peu à l’après, il vit au jour le jour. Il se donne. Réfléchir à l’après, quand il n’aura plus la capacité d’aider son proche handicapé ou quand il sera mort, peut sembler hors sujet. Pourtant cette réflexion, que j’ai eu l’occasion d’aborder avec de nombreux parents et frères et sœurs de personnes handicapées, ouvre à des questionnements très riches qui portent des fruits dans l’aujourd’hui.
Pierre-Hugues : Penser l’après construit l’aujourd’hui ? Expliquez-nous !
Je m’explique en donnant un exemple : penser l’après, penser qu’un jour je ne pourrai plus agir auprès de mon proche handicapé, c’est donner ma confiance à d’autres qui prendront le relais, c’est croire que mon enfant malade peut être aidé, aimé par d’autres et c’est aussi croire en lui, en sa capacité à vivre la séparation, voire, qu’il peut être heureux sans moi. Vastes et difficiles sujets. Les aborder dès maintenant, c’est nourrir dès aujourd’hui notre confiance et nous appuyer sur notre entourage. Des parents m’ont confié que discuter de l’après avec l’ensemble de leurs enfants avait été très instructif et avait rebattu leurs croyances. Alors qu’ils pensaient leur fille désireuse de prendre, après leur mort, la curatelle de leur fils polyhandicapé, ils ont compris que malgré tout l’amour qu’elle porte pour son frère, elle voulait vivre à l’étranger. Les autres enfants ne souhaitaient pas non plus cette charge. Sur les conseils d’un notaire avisé, les parents ont discuté avec d’autres connaissances, et la curatelle a été partagée entre le parrain et une amie de longue date. Les parents ont été d’abord surpris et finalement heureux d’avoir élargi leur cercle familial. Héritage, donations, mesures de protection ou dispositifs d’accompagnement sont autant de sujets que maitre Bourdel va aborder. Rendez-vous le jeudi 22 janvier à 20h en visio. Inscrivez-vous sur och.fr !
Chroniques hebdomadaire de Florence Gros, directrice de la Fondation OCH. 14/01/2026