Juste la fin du monde de Xavier Dolan, ou le film d'une esthétique de l’excès ! - CulturAdvisor

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Tout est excessif dans ce huis clos familial et théâtral adapté d’une pièce de l’auteur Jean-Luc Lagarce. Juste la fin du monde de Xavier Dolan, avec Gaspard Ulliel, Nathalie Baye et Léa Seydoux, ou le film d’une esthétique de l’excès !

Une leçon de mise en scène

C’est d’abord une énorme leçon de mise en scène cinématographique : chaque plan, chaque raccord de ce montage haletant invente quelque chose dans le cadrage, la lumière, la couleur, les variations de mise au point, tout le registre esthétique du cinéma contemporain est exploité avec une versatilité et une agilité qui renouvelle de façon radicale la dramaturgie cinématographique. C’est parfois agaçant de maitrise formelle, souvent excessif, mais finalement toujours parfaitement efficace pour traduire cette tension presque délirante entre les personnages de ce dimanche en famille.

Juste la fin du monde de Xavier Dolan, avec Gaspard Ulliel, Nathalie Baye et Léa Seydoux, ou le film d’une esthétique de l’excès !

Des dialogues millimétrés

Et la pièce de Jean-Luc Lagarce (mort du sida en 1995) fournit une trame dramatique presque autobiographique, dans laquelle cette mise en scène de Xavier Dolan va exceller dans la direction d’acteurs pour le moins confirmés, avec ces dialogues millimétrés qui conduiraient à la suffocation du spectateur, si la pièce n’introduisait quelques respirations en forme d’aparté des personnages du récit.

Juste la fin du monde de Xavier Dolan, avec Gaspard Ulliel, Nathalie Baye et Léa Seydoux, ou le film d’une esthétique de l’excès !

Une description clinique de la folie familiale

Cette description d’un dimanche en famille avec le retour d’un fils perdu de vue, construit une vision paroxystique de la perversité des rapports humains, dans une logorrhée de l’incommunicabilité, où chaque personnage s’enferme dans une bulle de mots devenus vides de sens pour l’autre. Ce huis clos théâtral qui respecte les trois unités de la tragédie classique, en gommant tous les repères extérieurs, bâtit, scène par scène, une description clinique de la folie familiale qui nous dévaste par l’immense vide que génère ce trop plein de mots

Dommage que ces cris et quelques chuchotements finissent par cette inutile parabole d’un oiseau mort, plutôt absente de sens…

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Par Gérard Poitou. MagCentre.

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