Mettre fin aux mutilations génitales féminines (MGF) d’ici 2030 : comprendre, agir, transformer

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Les mutilations génitales féminines : une violation des droits humains

Chaque année, près de 4 millions de filles risquent de subir des mutilations génitales féminines (MGF). Ces pratiques, également appelées mutilations sexuelles féminines (MSF), consistent à altérer ou retirer partiellement ou totalement les organes génitaux externes féminins pour des raisons non médicales.

Ainsi, les mutilations génitales féminines sont reconnues internationalement comme une violation des droits fondamentaux des femmes et des enfants. Elles constituent une forme de violence basée sur le genre. Elles privent les filles de leur droit à disposer de leur corps et participent à un cycle de violences qui entrave leur santé, leur éducation et leur autonomie.

Des conséquences graves et durables sur la santé des filles

Les mutilations génitales féminines n’apportent aucun bénéfice médical. En revanche, elles entraînent de lourdes conséquences sur la santé physique et mentale des filles et des femmes :

  • douleurs extrêmes et hémorragies,
  • infections et complications urinaires,
  • complications lors de la grossesse et de l’accouchement,
  • risques de stérilité,
  • séquelles psychologiques durables,
  • parfois jusqu’au décès.

Par conséquent, les MGF constituent un enjeu majeur de santé publique, en particulier dans les contextes où l’accès aux soins est limité.

Le Sénégal : une pratique encore très présente dans certaines régions

Au Sénégal, malgré des engagements nationaux et internationaux et une législation interdisant les mutilations génitales féminines, la pratique persiste. Selon l’Enquête Démographique et de Santé continue (2017), 14 % des filles âgées de 0 à 14 ans déclarent avoir été excisées.

Cependant, les chiffres révèlent de fortes disparités régionales. Les régions du sud-est du pays sont particulièrement touchées. La région de Sédhiou figure parmi les plus concernées, avec 43 % de filles de 0 à 14 ans déclarant avoir subi une excision.

De plus, cette région enregistre la plus forte proportion de grossesses précoces du pays (30 %). Ces données soulignent l’imbrication entre mutilations génitales féminines, mariages précoces et violences basées sur le genre.

Pourquoi la loi seule ne suffit pas ?

Si l’interdiction légale des mutilations génitales féminines est indispensable, elle ne permet pas à elle seule de faire disparaître la pratique. La faible application de la loi s’explique en grande partie par des normes socioculturelles profondément ancrées.

Dans certains contextes, l’excision reste associée à l’insertion sociale des jeunes filles, notamment en vue du mariage. Dès lors, mettre fin aux mutilations génitales féminines nécessite une approche globale. Celle-ci doit transformer durablement les normes sociales, en impliquant directement les communautés concernées.

L’approche d’Amref Health Africa : agir avec les communautés

Première ONG africaine de santé publique, Amref Health Africa agit depuis plus de 60 ans aux côtés des communautés. Son objectif est de renforcer les systèmes de santé et de promouvoir les droits des femmes et des filles.

Dans la lutte contre les mutilations génitales féminines, Amref déploie une approche holistique et communautaire, fondée sur plusieurs leviers complémentaires :

  • la formation des soignant·es et des agents de santé communautaires,
  • l’accompagnement médical, psychosocial et juridique des survivantes,
  • le dialogue avec les leaders communautaires, religieux et coutumiers,
  • la mobilisation des adolescent·es et des jeunes comme acteurs du changement,
  • le plaidoyer auprès des décideurs locaux, nationaux et internationaux.

Ainsi, cette approche vise à créer un environnement favorable à l’abandon durable des MGF, sans stigmatisation des communautés.

Le projet DEVENIR : une réponse structurante au Sénégal

Dans la région de Sédhiou, Amref Health Africa met en œuvre le projet DEVENIR. Son objectif est de réduire la prévalence des mutilations sexuelles féminines chez les filles de 0 à 14 ans, en renforçant l’engagement communautaire.

Le projet repose sur deux axes majeurs.

Renforcer le leadership et le plaidoyer local

Tout d’abord, le projet soutient la structuration d’une Coalition régionale pour la prévention des MSF. Celle-ci réunit associations locales, ONG et acteur·rices clés engagés dans la lutte contre l’excision.

Ces acteur·rices de la société civile sont formé·es aux techniques de sensibilisation, de plaidoyer et à la promotion de la santé sexuelle et reproductive des adolescent·es et des jeunes. Par ailleurs, le projet favorise leur participation aux instances de décision afin que les solutions issues du terrain puissent nourrir les politiques publiques.

Mobiliser les jeunes et améliorer l’accès aux services de santé

Les adolescent·es et les jeunes représentent près de deux tiers de la population sénégalaise. Ils occupent donc une place centrale dans le projet DEVENIR.

Leurs capacités d’action sont renforcées à travers la formation de champion·ne·s, engagé·e·s dans des actions de sensibilisation, de dialogues intergénérationnels et de mobilisation communautaire.

En parallèle, le projet améliore l’accès à des services de santé adaptés aux adolescent·es et aux jeunes. Des espaces dédiés sont aménagés dans les structures de santé. Le personnel médical est formé à la prise en charge des complications liées aux MSF et aux violences basées sur le genre.

Des résultats mesurables pour un changement durable

Grâce à cette approche intégrée, le projet DEVENIR vise des résultats concrets :

  • des centaines de champion·ne·s formé·es et capables de prendre la parole publiquement sur les MSF,
  • des organisations de la société civile renforcées dans leurs actions,
  • des dialogues intergénérationnels multipliés,
  • un meilleur accès aux soins pour les adolescentes et les jeunes,
  • une prise en charge renforcée des survivantes.

Objectif 2030 : mettre fin aux mutilations génitales féminines

Mettre fin aux mutilations génitales féminines est possible. Cependant, cela exige des solutions portées par les communautés, un engagement politique fort et un soutien durable aux acteurs de terrain.

À travers la campagne Stop Excision, Amref Health Africa s’engage à agir aux côtés des femmes, des jeunes, des soignant·es et des leaders communautaires. L’objectif est clair : protéger les filles et garantir leur droit à une vie en bonne santé, libre et digne.

Ensemble, nous pouvons mettre fin aux mutilations génitales féminines d’ici 2030.

#StopExcision – Soutenez leur combat aujourd’hui pour transformer durablement.

👉 Signer la pétition : agir collectivement contre les mutilations génitales féminines
🔗 https://www.amref.fr/stop-excision-petition/

👉 Faire un don : soutenir des solutions durables sur le terrain
🔗 https://don.amref.fr/stop-excision

Coordonnées
Bertrand Guillemont