Violences sur mineurs : « Plus tôt on identifie, meilleur sera l’accompagnement », alerte Florence Dabin - Départements de France - AF

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Des informations préoccupantes aux violences intrafamiliales hors couple, les derniers chiffres sont préoccupants en Anjou. Florence Dabin, présidente divers droite du Conseil départemental de Maine-et-Loire, mais aussi du groupe de travail Enfance de Départements de France et du groupement d’intérêt public France Enfance Protégée, livre son regard.

Faut-il voir dans l’explosion des informations préoccupantes une bonne ou une mauvaise nouvelle ?

Florence Dabin : « Les deux. Le contexte national amène de plus en plus de fragilités et de violences intrafamiliales. La bonne nouvelle, c’est qu’on est en capacité de signaler mieux, à la fois dans l’anticipation et d’avoir le courage aussi. On observe davantage les signaux. On est plus en vigilance dans ce qui peut arriver à la fois dans les associations, mais aussi au sein des familles. Par conséquent, on a le réflexe de téléphoner au 119 et de faire un signalement. »

Comment expliquez-vous cette hausse exponentielle ?

« On identifie mieux, on ose davantage et il y a eu une campagne de communication du 119 avec le ministère également pour donner à voir sous forme d’affiches, de spots et pour dire les mots. Cela peut être le boulanger qui voit quelque chose dans le regard dans le regard de l’enfant. C’est un éducateur sportif qui va peut-être observer une attitude qui interroge chez l’enfant qu’il voit depuis plusieurs mois. La semaine dernière, j’ai eu l’exemple d’un étudiant qui a un lien de confiance avec un professeur d’université. Il va s’épancher auprès de lui et le professeur lui a dit : si tu t’en sens la force et le courage, voilà tes droits. C’est lui qui est allé signaler ce dont il est victime. Enfin, on a eu la loi de 2019 sur les violences éducatives ordinaires qui peut expliquer l’augmentation. Le post-Covid a révélé un certain nombre d’éléments. La détection est plus efficace. »

Comment améliorer et mieux structurer le réseau mis en place autour de la cellule de recueil des informations préoccupantes ?

« Un exemple : la direction diocésaine s’empare du sujet et vient de recruter sur ce sujet une conseillère technique qui est d’ailleurs issue du Département de Maine-et-Loire. C’est dire à quel point l’enjeu sociétal est extrêmement important. Plus tôt on identifie, meilleur sera l’accompagnement. Il faut structurer cette vigilance. On l’a fait dès fin 2015 en Maine-et-Loire alors que la loi l’a obligé dès 2016. Notre territoire a été précurseur dans ce domaine : il fait partie des dix départements à avoir mis en place un comité de la protection de l’enfance. »

La protection de l’enfance nécessite toujours plus de moyens. Jusqu’où peut aller le Département ?

« Dans le groupe de travail enfance, on se voit tous les mois pour travailler sur ces questions. Les départements sont au rendez-vous, mais ils ne peuvent pas tout faire pour la simple et bonne raison qu’il y a des compétences régaliennes, donc de l’État par définition, qui doit prendre ses responsabilités. Je rappelle qu’en France, la protection de l’enfance c’est 11,6 milliards d’euros. On a besoin de travailler ensemble et de pouvoir s’améliorer en toute humilité. »

Florence Dabin, présidente divers droite du Conseil départemental de Maine-et-Loire, a fait de la protection de l’enfance son cheval de bataille.

Source : https://www.ouest-france.fr/faits-divers/violences/entretien-violences-sur-mineurs-plus-tot-on-identifie-meilleur-sera-laccompagnement-alerte-florence-dabin-e7f9fd90-0907-11f1-8d8f-93b36c1239ba

Coordonnées
Téa Bazdarevic