Droit à l’amour

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Avec son nouveau numéro d’Ombres & Lumière, l’OCH ouvre la réflexion sur un sujet encore tabou : le droit à l’amour des personnes en situation de handicap : Chronique RND de Florence Gros du 11 mars 2026

Pierre-Hugues : Avec la sortie du dernier numéro de la revue Ombres & Lumière que publie l’OCH, vous souhaitez nous parler du droit à l’amour des personnes handicapées.

En effet, il y a quelques semaines, je vous annonçais la préparation d’une conférence à Lyon sur le thème de la vie affective, relationnelle et amoureuse et du dossier dOmbres & Lumière consacré au même thème. La conférence a eu lieu lundi dernier et elle encourage l’OCH à continuer à informer et former les parents et les éducateurs qui sont bien souvent déstabilisés quand il faut éduquer à la vie relationnelle les jeunes en situation de handicap. Les questions avec les intervenants étaient révélatrices des frustrations et inquiétudes des parents. Ils ne sont pas toujours entendus dans les institutions qui parlent souvent de « droit à l’amour », de besoins ou de protection mais pas tellement de relations constructives. Aussi les journalistes d’Ombres & Lumière ont choisi de parler autrement d’amour et de sexualité. Ils sont allés rencontrer les parents et les personnes handicapées pour comprendre leurs désirs profonds, leurs souffrances, leurs tâtonnements et rendre compte des réalités du terrain. Comme l’écrit Marilyne Chaumont dans son édito, il ne faudrait pas penser une sexualité au rabais, en raison du handicap, ou une sexualité sous contrôle comme le suggère le gouvernement. Le dossier d’Ombres & Lumière donne quelques précieux repères.

Pierre-Hugues : Que répondre à la soif d’aimer, d’être aimé, d’être choisi(e) des personnes handicapées, sans nier leurs difficultés ?

C’est tout le sujet du dossier ! Par votre question, Pierre-Hugues, vous affirmez que les personnes handicapées ont une soif d’amour, mais tout le monde ne partage pas ce point de vue. C’est un sujet encore tabou. Dans une même famille, chacun réagit différemment. Je me souviens d’une conversation animée entre des parents et leurs enfants quand il a fallu accueillir le fait que celle qui était en situation de handicap était amoureuse. Certains ne voulaient pas entendre parler de l’amoureux, quand d’autres voulaient le rencontrer au plus vite pour vérifier la qualité des sentiments. Je me souviens aussi de malaises avec des animateurs de colonies de vacances qui réagissaient différemment devant un jeune en situation de handicap qui demandait en mariage toutes les accompagnatrices. Certains s’en amusaient et le faisaient rêver quand d’autres affirmaient que c’était cruel de lui faire croire qu’un jour il se marierait.

Pierre-Hugues : A propos de mariage, est-ce que s’engager, se marier est possible pour des personnes handicapées mentales ? 

Dans le dossier, vous avez un débat, ou plutôt un dialogue ouvert très intéressant entre un prêtre et une maman sur cette question à prendre très au sérieux. Si l’accompagnement vers le mariage est un chemin long pour trouver la voie la plus ajustée, une personne avec un handicap mental est capable de répondre au dessein de Dieu pour elle. Cela avec de l’aide et du temps ! Le prêtre accompagnateur peut se faire aider par exemple d’une conseillère conjugale. Encore une fois, il faudra être créatif pour ne pas proposer un mariage au rabais ou juste faire plaisir. N’hésitez pas à vous procurer le dernier numéro d’Ombres & Lumière dont le dossier se nomme droit à l’amour, et si on en parlait autrement ? il est un incontournable pour accompagner la vie affective et relationnelle des personnes en situation de handicap sans paniquer, mais pour nourrir la confiance !

Chroniques hebdomadaire de Florence Gros, directrice de la Fondation OCH. 11/03/2026

Coordonnées
Maxime Jaly