Elles font le numérique #15 : Lisa Formentini, doctorante sur les systèmes collaboratifs numériques

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"Elles font le numérique" est une série qui met en lumière les parcours et les réalisations de femmes scientifiques dont les recherches en sciences du numérique façonnent notre avenir. Pour ce quinzième numéro, nous avons échangé avec Lisa Formentini, doctorante Inria dans l’équipe-projet Loreley du Centre Inria de L'Université de Lorraine, ainsi que dans l’équipe TECH-CICO de l’Université Technologique de Troyes.

Histoire et parcours

Quel est ton parcours et sur quel sujet de recherche travailles-tu ?

Après un bac ES et un DU équivalent de bac S appelé PCSO, j’ai obtenu ma licence puis mon master et mon diplôme de psychologue en psychologue cognitive et sociale. J’ai aussi obtenu un master 1 en Digital Sciences (i.e. informatique interdisciplinaire). Aujourd’hui, je prépare un doctorat d’informatique et de systèmes socio-techniques. Je suis dans l'équipe-projet Loreley ainsi que dans l’équipe TECH-CICO de l’Université Technologique de Troyes. L'équipe Loreley est commune au CNRS, à Inria et à l’Université de Lorraine, au sein du Centre Inria de l’Université de Lorraine et du Loria (Laboratoire Lorrain de recherche en informatique et ses applications).

Je travaille sur un sujet de CSCW (travail collaboratif assisté par ordinateur), et plus précisément sur l’évolution des outils numérique et pratiques collectives (ou Ecologies d’Artefact) en sécurité civile, un projet de recherche inspiré par la période du COVID-19.  Notre objectif est de mieux comprendre les transformations d’outils et de pratiques dans les populations qui collaborent via outils numériques sur les longues périodes, notamment dans des situations sous haute tension et sur de larges espaces. Les contributions concrètes de ma thèse sont à la fois théoriques, avec le développement de plusieurs concepts pour décrire et répertorier les types de transformations sociotechniques (i.e. movements, ripples effects), et pratique, avec le développement d’une méthode pratique pour l’accompagnement des transformation digitales (i.e. movement-sensitive framework for digital transformation). 

De quoi es-tu la plus fière dans ton travail ?

Je suis fière de faire partie des jeunes chercheurs en sciences cognitives qui célèbrent et exploitent la pluridisciplinarité des sciences, des SHS aux STEM, car je suis persuadée que c’est un domaine qui va participer à changer le monde pour le meilleur. Sur un aspect plus personnel, je suis fière d’être en phase de devenir chercheure, et je suis fière d’avoir trouvé un moyen de satisfaire la curiosité de mon moi enfant qui s’intéressait à tout et qui voulait tout faire, et à qui on disait constamment qu’elle ne pouvait pas tout faire. 

Parité et inclusion

À ton avis, pourquoi les filles peinent-elles à se projeter dans les filières du numérique/de l’informatique ?

Les stéréotypes féminins nous dirigent implicitement vers des choix de métiers plutôt sociaux, moins techniques, plus littéraires. Les STEMs (terme qui regroupe quatre disciplines : science, technologie, ingénierie et mathématiques), incluant numérique et informatique, sont stéréotypiquement associés aux hommes, ce qui nous amène à inconsciemment moins les considérer pour nous-même. 

Pourquoi penses-tu important d’avoir des femmes dans les métiers du numérique/de l’informatique ?

La différenciation par genre peut, indirectement, empêcher les femmes qui en ont envie d’accéder à des postes à haute responsabilité, de mettre leur carrière en priorité et/ou d’exercer le métier dont elles rêvent. C’est important d’avoir des modèles de réussite féminine dans des métiers du numérique, de l’informatique et de tout autre STEM parce que c’est une preuve que c’est possible pour celles qui doutent, parce que cela fait changer les stéréotypes qu’on a inconsciemment et qu’on transmet aux plus jeunes, et parce qu’on devrait pouvoir faire ce que l’on veut sans que l’on nous dise sans raison que « c’est pas pour nous, vous devriez plutôt aller ailleurs ». Et des modèles de femmes en informatique, il y en a ! Elles sont surtout invisibilisées. 

Est-ce qu’il y a un conseil que tu voudrais partager avec les prochaines générations, notamment avec les lycéennes ou étudiantes en plein questionnement d’orientation scolaire ?

C’est normal de ne pas encore savoir quoi faire de sa vie. L’important, c’est d’être curieuse et d’aller vivre des expériences, par exemple faire des stages dans des métiers dont vous rêvez, d’aller dans les grands salons de découverte ou de discuter avec des professionnels pour qu’ils vous racontent leur vie. Commencez par choisir les matières que vous préférez ou les activités que vous pourriez faire tous les jours en dehors de l’école. Vous pouvez tout faire si vous y mettez le travail :)

En dehors de la recherche

Est-ce qu’en dehors de la recherche tu as un passe-temps, une passion ?

En dehors de la recherche, j’ai une grande passion pour la lecture, l’écriture, les séries TV et les jeux vidéo. Je participe régulièrement à des évènements autour de la création artistique, mais j’expérimente aussi une variété d’activités, des jobs d’été en escape game au développement de start-up au bénévolat en association.  

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