La Maison de l’Amérique latine à Paris dédie cet automne et pour près de trois mois ses espaces d’exposition temporaire à José Castillo. Né en 1955 à Santo Domingo en République Dominicaine où il démarre des études à l’École des Beaux-Arts, José Castillo arrive à Paris en 1978 où il résidera jusqu’à son décès en 2018. Tout au long de sa vie d’artiste, il œuvra pour faire de son engagement politique un lieu vivant, où la défense et la transmission de la richesse des cultures dominicaines constituèrent l’un des fils essentiels. L’exposition Archipel improbable dévoilera une partie des éléments thématiques, plastiques et théoriques qui font la densité d’une œuvre forte mais encore confidentielle malgré la présence active de l’artiste sur les scènes artistiques française et internationale à partir de 1990, et puis récemment à l’exposition Paris Noir du Centre Pompidou qui a présenté plusieurs de ses travaux.
De la richesse de rencontres des cultures, José Castillo a fait son champ de travail et son œuvre. Il a expérimenté de multiples médiums et s’est nourri avec ferveur des différents mouvements artistiques de son temps, pour offrir aux regardeurs un monde très personnel, à la poésie tout aussi tragique que joyeuse.
L’exposition que lui consacre la Maison de l’Amérique latine, réunira peintures, objets, photographies, gravures, assemblages, collages, vidéos, dessins et, même des pommes de terre en invitant ses visiteurs à entrer dans les mondes dominicains de José Castillo. Ces mondes se composent de figures telles que le Bacá ou les Taïnos, de personnalités comme Doña Fefa, d’images pieuses, de coupures de presse, de dollars et de yolas, d’éléments de la faune et de la flore… d’esprits. Par des jeux de superposition d’images, d’espaces et de couleurs, par des portes et des fenêtres ouvertes devenant des passages entre les réalités, ou encore par des paysages en spirale que l’artiste a déployé dans chacune de ses œuvres, toutes ces formes sont mises en dialogue par José Castillo en laissant affleurer des échanges complexes qui se tissent, contre toute improbabilité, sur un même territoire.