Maison de retraite départementale de l'Aisne

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La maison de retraite départementale de l’Aisne est un établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) doté d’une importante capacité d’accueil dans le territoire. Depuis 2019, il a vu augmenter la dépendance et l’âge de ses résidents, avec un taux d'occupation légèrement en-deçà de la moyenne nationale.

Sa gouvernance est opérationnelle et il finalise son nouveau projet d’établissement tourné vers la coopération territoriale. Bien que plusieurs partenariats ponctuels aient été établis localement, il doit en effet contribuer, avec d’autres acteurs médico-sociaux et sanitaires, à la mise en place de parcours et filières pour les personnes âgées dans l’arrondissement de Laon, en cohérence avec le schéma départemental de l’autonomie et en s’inscrivant dans un groupement territorial comme la loi le prévoit.

En matière d’accueil et d’hébergement, l’établissement a mis en place les outils requis par le code de l’action sociale et des familles. En termes de prise en charge et de soins, une inspection critique de l’Agence régionale de santé (ARS) en 2023 et l’investissement renforcé des équipes ont entrainé des progrès depuis deux ans dans le pilotage de la politique qualité, avec un processus initié pour signaler les dysfonctionnements graves au conseil départemental comme à l’ARS. L’Ehpad se prépare désormais à une évaluation en 2025. 

La gestion des ressources humaines reste fragile. Les données internes ne sont pas fiables. Or, l’établissement en a d’autant plus besoin qu’il connaît une hausse des effectifs depuis 2019, notamment d’agents de service et de contractuels, ainsi qu’une augmentation forte de l’absentéisme. Il doit aussi accompagner la montée en compétence soignante de ses équipes, rééquilibrer le poids des contractuels et des titulaires, et travailler sur les risques professionnels et la gestion du temps de travail.

Sa comptabilité budgétaire est altérée, en parfaite connaissance des autorités de tarification et de contrôle. Ses comptes ne sont pas fiables et ne donnent pas une image fidèle de sa situation, à défaut notamment d’inventaire patrimonial et de durées d’amortissement parfois décorrélées des usages courants des biens, ce qui affecte l’analyse bilantielle et empêche toute projection réaliste des investissements.

Malgré les efforts engagés par l’établissement, sa situation financière est critique, avec un déséquilibre structurel croissant de l’exploitation. Sa marge brute, hors aides de l’ARS, ne lui permet pas de couvrir le financement de ses investissements courants, ni même la charge de la dette. L’insuffisance d’autofinancement tendancielle n’est résorbée, en partie, que par les abondements en crédits de l’Assurance maladie que l’ARS lui accorde à titre exceptionnel, mais répétés. Ces crédits servent d’ailleurs à rééquilibrer la section d’hébergement, et non à financer des soins. Compte tenu de son endettement actuel, tout nouvel emprunt est pour l’établissement inenvisageable. Cette situation ne lui permet pas de se projeter raisonnablement, sachant qu’il n’a pas de programmation claire de ses d’investissements.

L'établissement n'est pas en mesure, à structure d'exploitation constante, de rééquilibrer seul et durablement sa situation financière, même si une augmentation de son taux d'occupation et d'éventuelles hausses tarifaires atténueraient quelques peu ses difficultés.

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pgardien