Ce qui est étrange et somme toute assez jubilatoire dans les films de Woody Allen, c’est que chaque nouveau film est une sorte de “compile” de tous ses films précédents, avec chaque fois une nouvelle façon de créer de l’émotion et du plaisir avec les mêmes ingrédients. Finalement, le petit jeu du j’ai préféré: “Annie Hall”, “Radio Days” ou “Blue Jasmine” se révèle bien vain, tant chaque film est à la fois nouveau et la répétition de tous les précédents, dans un gigantesque puzzle que Woody Allen se plait à construire, dans cette “Comédie Humaine” que constitue son œuvre cinématographique. Café Society de Woody Allen, avec Jesse Eisenberg, Kristen Stewart, Steve Carell et Blake Lively, ou le film d’un passé plus glamour !
La vie est une comédie dont l’auteur est un sadique
Et Woody Allen met aussitôt en pratique cet aphorisme dans une histoire d’amour impossible, dont le souvenir hante les deux amants, passion douloureuse que la largeur du continent américain ne suffit pas à éteindre, avec dans le rôle principal, Jesse Eisenberg, l’un des meilleurs clones de Woody Allen, comme toujours touchant de naïveté, mais surtout dans cette ambivalence subtile entre force et faiblesse, entre destin et hasard.
Pas de réponse, c’est déjà une réponse
Et puis, ils sont tous là, dans un décor année trente si transparent qu’il en est presque intemporel : la famille juive avec la mère qui a réponse à tout même quand le père répète que Dieu ne répond pas à ses questions, elle a cette réplique toute philosophique :”Pas de réponse, c’est déjà une réponse”, le frère en vraie caricature de gangster, qui devient la honte de la famille lorsqu’il se convertit au christianisme, après avoir été condamné à mort, le beau frère intello qui se pose évidemment bien trop de questions.
Le charme de l’éternel retour d’une nostalgie
Et puis, cette allusion, sans doute un peu nouvelle chez Woody Allen, à l’antisémitisme de la société américaine bien pensante des années trente, avec son imaginaire du juif, entre exotisme et méfiance.
De la Californie à New-York, entre superficialité et tourments métaphysiques, autre métaphore récurrente Allenienne, “Café Society” a le charme de l’éternel retour d’une nostalgie dont la légèreté ne manque pas de profondeur.
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Par Gérard Poitou. MagCentre.