Patrick Martin - Chilly Mazarin

Compatibilidad
Ahorrar(0)
Compartir

Le parcours de Patrick Martin est indissociable de l’Essonne et, plus encore, de Chilly-Mazarin. De nombreuses lycéennes et de nombreux lycéens se souviennent de leur proviseur hors norme, qui vient de se voir remettre la médaille de la Ville par la Maire, Rafika Rezgui, lors de la cérémonie des vœux 2026, pour honorer son parcours et le remercier de tout ce qu’il a apporté à la jeunesse chiroquoise. Nous vous proposons ici de découvrir son parcours.

Né en Allemagne en 1943 au milieu des tumultes de la guerre, René est le « fruit d’une rencontre improbable entre deux travailleurs forcés français », qui se sont connus dans l’adversité. Son père l’a reconnu mais s’est très vite séparé de sa mère, qui l’a élevé seule à Granville, dans le Cotentin, dont elle était originaire. René a grandi avec le goût de l’effort et le sens du devoir. Dès l’âge de 13 ans et demi, ayant obtenu son certificat d’études, il plonge dans le monde du travail. Sa mère, « vendeuse toute sa vie mais n’ayant jamais gagné beaucoup d’argent », a tenu à ce que son fils apprenne les rudiments du métier de poissonnier dans un établissement parisien de renom pour qu’il se bâtisse une belle situation. « Je gagnais 10000 francs par semaine, c’était plus que ce que gagnaient de nombreux adultes ! »

Ouverture au monde

Après un baccalauréat économique et social, il s’oriente vers une prépa Sciences Po, puis un DEUG1 d’allemand. La culture germanique l’attire profondément, ce qui n’est pas lié à son lieu de naissance, mais à un premier séjour linguistique qui a agi comme un déclic durable. Il poursuit ses études à l’ESCE, école de commerce tournée vers l’international, où il étudie l’anglais, l’allemand et l’espagnol. Lors de son stage de fin d’études en Allemagne, à Bretten, ville jumelée avec Longjumeau, Patrick affine sa maîtrise de l’allemand « jusqu’à prendre l’accent local ! », et acquiert la conviction que l’ouverture internationale doit être accessible à tous les élèves.

La révélation de l’enseignement

À 24 ans, après son service militaire et un DESS en économie internationale, le jeune diplômé souhaite encore poursuivre ses études mais doit pour cela gagner un peu d’argent. Une proposition d’un ami change alors le cours de sa vie : devenir maître auxiliaire (professeur contractuel) en économie-gestion au lycée René Cassin d’Arpajon. L’expérience est décisive. Il passe le certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement technique (CAPET) dans la foulée et est reçu brillamment, « premier au niveau académique et sixième au niveau national », annonce-t-il, tout en précisant modestement « qu’il n’est pas utile d’en faire mention dans cet article ». Il reste dix ans dans ce même établissement, dans lequel il est notamment en charge de classes de BTS, sans jamais regretter ce virage professionnel, conscient que cette voie était bien moins rémunératrice que la carrière qu’il aurait pu démarrer en commerce international. Patrick est convaincu de l’importance de transmettre et comprend qu’il ne s’agit pas seulement d’enseigner des savoirs, mais bien de donner confiance, structurer des parcours et croire dans le potentiel de chaque élève.

Chilly-Mazarin, un ancrage profond

Un an après avoir rencontré sa future épouse, en poste au siège de l’association Valentin Haüy à Paris, Patrick Martin s’installe en couple à Chilly-Mazarin en 1996. Il est toujours séduit par cette ville qu’il connaît bien, son dynamisme associatif et culturel et les liens qu’il y a déjà noués. Son premier fils y naît en 1997 et fréquente l’école des Roseaux. Son mariage y est célébré à l’hôtel de ville par Lisette Jovignot, avec qui il conserve encore aujourd’hui des liens forts. Ils fréquentent en famille le conservatoire, le cinéma François-Truffaut, la médiathèque Albert-Camus : « notre vie culturelle était à Chilly », dit-il comme une évidence.

Le lycée Marguerite-Yourcenar, une œuvre collective

En 2017, Patrick Martin fait le choix de rejoindre le lycée Marguerite-Yourcenar, par attachement au territoire chiroquois et par conviction, malgré une perte de salaire liée à la taille de l’établissement. Il y découvre une situation assez délicate, avec notamment un manque d’attractivité marqué par le choix du privé pour de plus en plus de lycéens de Morangis et de Chilly-Mazarin. Avec l’équipe en place, il engage un travail de fond pour redonner confiance aux enseignants et envie aux élèves. « J’ai eu la grande chance d’avoir la confiance de mes collègues, que je remercie encore pour tout le travail accompli », déclare-t-il. Ainsi, le lycée se transforme : sécurisation du parvis, embellissement des espaces, création d’une boutique « My Shop », d’une salle de musculation « My Feet », d’un city stade « My City », valorisation de l’apprentissage des langues, des projets linguistiques et des filières professionnelles avec des partenariats concrets. La culture devient aussi un marqueur fort avec un partenariat avec le cinéma François-Truffaut, la création d’un concours de nouvelles avec la médiathèque Albert-Camus, des projets artistiques et notamment la réalisation de films courts et moyens métrages, et enfin des actions constantes en faveur de la laïcité. « Les règles sont parfois durcies, les exigences renforcées, mais toujours dans un seul but : faire travailler les élèves pour les faire réussir », affirme le proviseur, « ce qui n’est pas toujours compris au départ mais qui finit par l’être. »

Une carrière en Essonne

À 34 ans, il réussit le concours de personnel de direction, parmi les plus jeunes de sa génération. Dès ses premiers postes, Patrick Martin impose une méthode : travail d’équipe, projets structurants, ouverture culturelle et internationale, exigence éducative. Après la naissance de son deuxième fils en 2000, il est nommé proviseur adjoint au lycée Kastler de Dourdan. Démarre alors une série de déménagements pour la petite famille. En 2006, Patrick souhaite postuler pour être directeur des enseignements à l’Institut des jeunes aveugles à Paris, mais n’a pas encore l’ancienneté nécessaire. Il obtient alors son premier poste de chef d’établissement : principal du collège « La Fontaine aux Bergers » d’Ollainville. Enfin « aux commandes », il y crée un orchestre scolaire et une scène (en partenariat avec un autre établissement), ouvre une classe germanophone dès la 5ᵉ et va même jusqu’à initier un jumelage entre Ollainville et une ville allemande, Loxstedt, avec laquelle le collège organise des échanges linguistiques.
En 2009, le principal est nommé à Savigny-sur-Orge, au collège des Gâtines. Il stabilise les équipes, renforce la liaison école-collège de façon inédite en Essonne, développe des classes bilingues allemand-anglais, des parcours européens, des enseignements renforcés précurseurs en sciences, en sport et en arts. Il initie un jumelage avec un collège à Bremerhaven (Paula Modersohn Schule). Dans tous les établissements dans lesquels il exerce, un fil rouge : le devoir de mémoire, la citoyenneté, la laïcité. La participation au Concours national de la Résistance et de la Déportation devient systématique, avec plusieurs élèves lauréats et des rencontres marquantes qui laissent une empreinte durable chez les jeunes.

Une empreinte durable

Après neuf années (le maximum réglementaire), Patrick Martin a quitté le lycée Marguerite-Yourcenar avec émotion, remplacé par son adjointe, Corinne Cuevas, qu’il apprécie beaucoup. Il le dit sans détour : « ce fut ma plus belle expérience professionnelle ». Nommé proviseur du lycée des métiers Jean-Monnet à Juvisy-sur-Orge, il nourrit le projet de se réinstaller à Chilly-Mazarin. Aujourd’hui, son cap reste le même : permettre à un maximum d’élèves de trouver leur voie et de croire en leur avenir. Pour les Chiroquois, Patrick Martin incarne une idée forte et inspirante : celle qu’un engagement éducatif exigeant, à la fois enraciné localement et ouvert sur le monde, peut transformer durablement un établissement, une ville et surtout la vie de ses élèves.

Partager cet article

Ces articles peuvent aussi vous intéresser

Detalles de contacto
DirCom