Le Haricot de Soissons : une légumineuse de légende au cœur de notre histoire - Ville de Soissons

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Depuis des siècles, les terres fertiles du Soissonnais sont réputées pour la qualité de leurs cultures maraîchères. Parmi elles, une légumineuse s’est imposée comme une véritable signature locale : le Haricot de Soissons. Mentionné depuis plus de deux cents ans, il continue aujourd’hui de séduire par son goût authentique et son histoire singulière, nourrie de légendes populaires.

Rue de la Buerie : la naissance d’une légende

Anciennement appelée rue des Febves, la rue de la Buerie serait le berceau de la légende du Haricot de Soissons.
Durant la guerre de Cent Ans, une épidémie de peste contraint les habitants à fuir la ville, emportant avec eux leurs récoltes. Dans la précipitation, de nombreuses graines de pois et de fèves tombent à terre.
À leur retour, les Soissonnais découvrent avec stupeur des champs couverts de fèves, rendus particulièrement fertiles par l’humidité des berges du canal de la Crise. Cette récolte exceptionnelle permit de nourrir la population. Le haricot, devenu symbole de résilience, prit alors le nom de Haricot de Soissons.

La légende du Haricot Jacquot de Soissons

Une autre légende situe l’origine du célèbre haricot rue de la Paix, ainsi nommée à la suite de la conférence européenne de 1728 organisée à Soissons.
Parmi les diplomates présents figurait le marquis espagnol de Santa Cruz, qui se lia d’amitié avec Jacques, jardinier de l’abbaye Saint-Léger, surnommé Jacquot. Avant de quitter la ville, le marquis lui offrit un sac en cuir de Cordoue contenant des haricots d’une taille exceptionnelle.
Jacquot les cultiva, les trouva savoureux, et la rumeur se répandit rapidement : les « gros Jacquots » étaient nés. Si la paix de Soissons ne fut jamais signée, le Haricot Jacquot de Soissons, lui, entra durablement dans l’histoire.

Le guetteur de la Cathédrale

À la fin du XIXᵉ siècle, un guetteur surnommé Le Paon veillait sur la ville depuis la tour de la Cathédrale. Pour rompre la monotonie de sa mission, il y cultiva des haricots dans des caisses disposées le long des garde-fous.
Les plants grimpants offrirent à la tour une couronne végétale inattendue. Fier de sa production, il aimait dire à ses visiteurs :
« C’est du vrai Soissons ! »
Il distribuait même des grains aux touristes, contribuant à la notoriété du haricot. Cette histoire inspira jusqu’à la création de confiseries locales, devenues emblématiques de la ville.

Un savoir-faire toujours vivant

Au fil du temps, le Haricot de Soissons a traversé les époques. En 2003, grâce à la mobilisation des producteurs locaux, de la Chambre d’agriculture de l’Aisne, de la Confrérie du Haricot de Soissons et des collectivités, la culture connaît un véritable renouveau.
Aujourd’hui encore, le haricot est cultivé selon un savoir-faire ancestral, hérité du XVIIIᵉ siècle. Semé sur des parcelles soigneusement sélectionnées, tuteuré à la main, récolté lorsque les gousses sont sèches, il fait l’objet d’un tri et d’un stockage rigoureux garantissant sa qualité.

Un haricot d’exception, reconnu en IGP

Facilement reconnaissable à son gros grain blanc ivoire en forme de rein, le Haricot de Soissons séduit par sa tendreté et son fondant après trempage et cuisson. Chaud ou froid, il accompagne aussi bien les viandes que les poissons ou les salades.
Le 2 juin 2023, cette légumineuse emblématique a été officiellement reconnue en Indication Géographique Protégée (IGP) par la Commission européenne. Une reconnaissance qui consacre des siècles de pratiques agricoles locales et conforte le rayonnement du terroir soissonnais bien au-delà de ses frontières.

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