Les Bienheureux de Sofia Djama, ou le film d'une escapade à Alger ! - CulturAdvisor

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Voici un film particulièrement fort sur la vie à Alger, non pas exactement d’aujourd’hui, puisque le film se déroule en 2008, donc dans l’immédiat après “guerre civile” (dénommée officiellement “tragédie nationale”), mais qu’y a-t-il de changé aujourd’hui ? Les Bienheureux de Sofia Djama, avec Sami Bouajila, Nadia Kaci, Faouzi Bensaïdi et Lyna Khoudri, ou le film d’une escapade à Alger !

Un regard sur l’Algérie contemporaine

Ironie du titre, Sofia Djama construit un double espace dans ce premier film qui croise un couple de quinqua progressistes, qui se surprennent d’être restés en Algérie et d’avoir survécu à l’horreur, et un monde de jeunes désinvoltes et sans réponse dans cet après tragédie. Avec une acuité peu commune, cette autodidacte de la caméra jette un regard sur l’Algérie contemporaine sans concession scrutant ce couple, socialement aisé, qui se déchire sur le devenir de leur fils, entre fumette et désœuvrement, en déshérence dans un système scolaire et universitaire en pleine décomposition.

La valise ou le renoncement

Car la question est encore et toujours de quitter ce pays décapité par cette guerre qui vit disparaitre une génération de chanteurs, d’artistes ou d’intellectuels dans la fuite ou la mort. Comment reconstruire un pays, une identité qui fédère une jeunesse, quand ces repères sont perdus et non-remplacés ? La métaphore du fils symbolisant l’avenir de l’Algérie touche à l’universel dans cette confrontation avec les espoirs des parents, et cette promenade dans Alger (tournée en cinq semaines, une sorte d’exploit vu l’intensité du film et la virtuosité de la direction d’acteurs ) ne manque pas de nous rappeler cette islamisation rampante et envahissante dans la vie quotidienne algéroise.

Les Bienheureux de Sofia Djama, avec Sami Bouajila, Nadia Kaci, Faouzi Bensaïdi et Lyna Khoudri, ou le film d’une escapade à Alger !

Une lueur d’espoir

La seule lueur d’espoir dans ce tableau sévère, c’est justement l’existence d’un tel film, certes produit par l’Europe et sans soutien du cinéma officiel algérien, mais que sa réalisatrice va s’employer à diffuser dans les circuits de diffusion du pays.

Et puis, cette langue un peu étrange qui entremêle, parfois avec humour, le français et l’arabe, nous rappelle inlassablement notre proximité avec ce pays.

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Par Gérard Poitou. MagCentre.

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