5 films et 6 « Vu par » pour aborder chacun un aspect de la gestion des inondations qui ont marqué le territoire sur les 3 derniers siècles
Ce projet fait suite à un important travail de recherche confié à l’historien Denis Cœur qui aborde toutes les facettes de la gestion du risque inondation dans le temps long : caractérisation des principales crues et leurs impacts, réponses des communautés locales et de l’État, organisation des dispositifs de gestion de crise et des secours, fonctionnement des systèmes de gestion des forêts et de la ressource en eau ...
Le Parc a choisi la réalisation de productions audiovisuelles pour diffuser une partie du contenu de cette étude. Cette valorisation de l’histoire s’inscrit dans une démarche de développement de la culture du risque. Elle articule, sous différents angles d'approche, les problématiques héritées du passé avec les enjeux actuels de la prévention des inondations sur le bassin versant du Guil.
Ces films ont été réalisés par la Cinémathèque d'images de montagne de Gap et l’historien Denis Cœur. Ils comprennent des extraits de films anciens collectés par la cinémathèque, des prises de vues de drone de toutes les vallées du bassin du Guil sur les quatre saisons, des photographies d’archives pour servir d’illustrations, et des interviews filmées de personnes ressources, porteuses de la mémoire du risque.
Ils ont été réalisés dans le cadre du Programme d’Actions de Protection contre les Inondations (PAPI) du Guil, avec le soutien financier de l’État.
Film 1 : Effacements
Durée : 6min 57s
« Au lendemain de la crue de 1957, plus rien de ce qui était beau ou utile ne subsistait. » Jean Mussigmann, ingénieur en poste à Aiguilles en 1957.
Ce témoignage de désolation pourrait s’appliquer à tous les crues qui ont marqué le territoire : 1728, 1810, 1856, 1948, 1957. Ce film apporte un éclairage sur la notion d’effacement résultant des impacts des crues dévastatrices, mais aussi des aménagements post-crue qui tentent à leur tour d’effacer ces espaces endommagés. Quel est le rôle de la mémoire et de l’histoire dans la gestion des futurs multiples phénomènes destructeurs ?
Film 2 : Habiter
Durée : 7min 21s
Depuis le Moyen-Âge, les villages se sont implantés au bord des torrents pour répondre aux besoins des habitants : irrigation des prairies, alimentation des fontaines et lavoirs, force hydraulique pour faire tourner les moulins... L’entretien collectif des torrents pour assurer les usages quotidiens avait permis de développer et de transmettre un savoir spécifique autour de la gestion des torrents et de la protection contre les crues. Mais les nouveaux modes de vie liés à l’économie touristique, à partir des années 1950, ont transformé les relations entre habitants et torrents. Les liens avec les cours d’eau sont devenus plus ponctuels et les savoirs et expériences n’étaient plus partagées. Aujourd’hui, dans un contexte de changement climatique, la multiplication des phénomènes extrêmes réinterroge les choix d’aménagement et les liens qui unissent rivières et habitants.
Film 3 : Les torrents et la gestion de l'eau
Durée : 11min 35s
L’eau est une ressource convoitée depuis longtemps. Les aménagements les plus emblématiques sont les canaux, qui ont été construits dès le XIIIème siècle sur le territoire pour irriguer les prairies de fauche. Les usages industriels se sont développés grâce à la force hydraulique des torrents : moulins, manufactures, centrales hydroélectriques (dès 1908 à Aiguilles). Les torrents ont toujours alimenté en eau les villages de montagne et ont été aménagés pour répondre à ces usages, mais aussi pour se protéger des effets dévastateurs des crues. Plus récemment, les usages de l’eau se sont multipliés avec l’accroissement des activités touristiques. Cette multiplicité pose la question du maintien d’un partage équitable entre activités humaines et milieux naturels, dans un contexte où les phénomènes extrêmes (crues et sécheresse) seront de plus en plus fréquents.
Film 4 : La place de la forêt
Durée : 9min 18s
Depuis des siècles, la forêt a été l’un des trois piliers de l’économie (bois de chauffage, fabrication des maisons, objets du quotidien, ouvrages de protection, besoins de l’armée…). Elle contribue aussi à la défense contre les phénomènes destructeurs comme les crues, avalanches, glissement de terrain et éboulements. Les Queyrassins ont su très tôt utiliser le rôle de protection de la forêt en complément des ouvrages de protection. Cette utilisation peut rentrer en concurrence avec les autres usages. Cependant, malgré les pressions sur cette ressource, le couvert forestier a été maintenu pour sa fonction de protection sur les secteurs à enjeux au-dessus des villages jusqu’à la Révolution. La gestion de la forêt a ensuite évolué avec le nouveau régime forestier et la création par l’État du service Restauration des Terrains en Montagne (RTM) au XIXème siècle. Sa superficie a doublé, mais la problématique reste la même. La forêt doit être considérée à la fois comme un lieu de vie et de ressources. Elle est l’identité du Queyras et remplit de nouvelles fonctions avec le changement climatique, qui sont à préserver plus que jamais: capture de CO₂, régulation du cycle de l’eau, maintien de la biodiversité...
Film 5 : Risoul, décembre 2023. La crise en 24h chrono.
Durée : 11min 02s
Ce dernier film plonge le spectateur dans la gestion de crise et le déploiement des secours en lien avec un évènement devenu catastrophe pour le Guillestrois : la crue du 1er décembre 2023.
Cet évènement est raconté de manière chronologique à travers les récits du Préfet des Hautes-Alpes, du directeur du SDIS, du maire de Risoul, d’un technicien du service RTM, de la gérante d’Intermarché et de la présidente de l’abattoir. Ces protagonistes revivent chaque phase de la gestion de crise : de l’alerte la veille, en passant par la montée des hauteurs d’eau et d’engravement jusqu’au pic de crue en soirée, les évacuations, les travaux de déblaiements réalisés par les pelles mécaniques dans les torrents jusque tard en soirée, et l’état des lieux des dégâts le lendemain. Ce film met en avant la solidarité, l’entraide et la capacité de résilience du territoire qui en font une véritable force pour surmonter une catastrophe de cette ampleur, et ce, malgré la coupure des réseaux d’électricité et téléphoniques qui ont fortement complexifié la gestion de crise.
VU PAR : Témoignages d’habitants, d’élus et d’experts en lien avec des inondations qui ont marqué le Guillestrois-Queyras.
- Juin 1957 vu par Céleste Fournier, habitante de Ceillac. Durée : 3min 14s
- Juillet 2002 vu par Dominique Alberto, maire d’Aiguilles de 2001 à 2008. Durée : 2min 48s
- Décembre 2023, vu par Magali Coste, gérante de l’Intermarché de Guillestre. Durée : 3min 43s
- Juin 1957 vu par Jacques Roux, habitant de Molines-en-Queyras. Durée : 3min 45s
- Décembre 2023 vu par Marc Fouquet, technicien du service RTM-ONF des Hautes-Alpes. Durée : 2min 33s
- Juin 1957 vu par Michel Moutte, maire adjoint de Château-Ville-Vieille. Durée : 2min 39s