Livre : The Painted Crime de Stefano Martino, une BD en hommage aux polars hard-boiled ! - CulturAdvisor

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Un album aux dessins superbes, vibrant hommage au cinéma des années 40-50 et aux polars hard-boiled peuplés de détectives privés, jolies pépées et belles autos. L’italien Stefano Martino s’évade de son habituel univers de fantasy pour un très bel hommage aux polars hard-boiled des années passées. The painted crime nous ramène au mythe de Los Angeles, à l’époque où la ville brillait sous les lumières d’Hollywood et masquait ainsi la noirceur de la pègre. Livre : The painted crime de Stefano Martino, aux Éditions Glénat, une BD en hommage aux polars hard-boiled !

Peter Graham est un « privé »

Comme il se doit dans tout bon film noir de la fin des années 40, Peter Graham est un « privé ». Mais c’est un gars abîmé par ce qu’il a vécu de la guerre en Europe, où il a perdu beaucoup de ses amis. Peter essaie d’arrêter l’alcool (comme tous les détectives ?), mais c’est aussi un peintre amateur à ses heures.

« C’était l’un des effets secondaires de mon travail. Être confronté à des trahisons et des crimes ne donne pas envie de croire en l’être humain. »

Pour honorer la mémoire d’un camarade tombé au combat en Europe, il va se fourvoyer dans une situation périlleuse (un sacré merdier en fait !), où l’on découvrira les dessous peu reluisants des studios d’Hollywood. Epstein avant l’heure ?

Heureusement, il lui reste encore un soutien : son ami Jonathan, journaliste au L.A. Times.

Redécouvrir le noir et blanc

Depuis quelques années, la bande dessinée nous aura fait redécouvrir le noir et blanc.

Et dans toutes ses variations. Les grands aplats de Manu Larcenet, les gris gothiques des frères Brizzi, les dégradés de Frédéric Bézian, les contrastes de Chabouté, … pour ne citer que quelques uns des plus emblématiques. Mais il y en a tout plein d’autres et c’est toujours une nouvelle découverte : à chaque fois, la magie opère et on se demanderait presque comment ou pourquoi revenir à la couleur.

Un peu comme lorsqu’on redécouvre certains vieux films dans un magnifique noir & blanc qui nous parait, paradoxalement, plus « naturel » que le technicolor d’aujourd’hui.

Livre : The painted crime de Stefano Martino, aux Éditions Glénat, une BD en hommage aux polars hard-boiled !

Il sera d’ailleurs beaucoup question de cinéma dans cet album

Avec d’abord cette couverture en guise d’affiche d’époque, avec l’intrigue ensuite, qui prend place autour des studios d’Hollywood, mais surtout pour le dessin et la mise en page où l’auteur affirme clairement sa passion pour le 7ème art : cadrage, champ et contre-champ, plongée et contre-plongée, panoramique, gros plans sur les visages des « acteurs », toute la grammaire du cinéma est là et on a rendez-vous dans une salle obscure : on s’y croit vraiment.

Dans sa postface, Stefano Martino nous révèle que cet amour du cinéma lui a été transmis par son père.

Un style très photographique

L’auteur nous dit également avoir réalisé un gros travail de documentation pour reconstituer les rues, les bâtiments, les costumes, les voitures, des années 40-50.

Il s’est toutefois permis quelques libertés historiques, comme ce couple mixte en noir et blanc (ah, ah), chose impensable à l’époque; où les blacks n’avaient pas encore leur place, même au retour de la guerre.

Le dessin précis, soigné, détaillé, donne un style très photographique (et il est également question de photos dans cette histoire).

Un bel objet à feuilleter

Avec Martino, même les gris viennent rehausser le noir et les planches sous la pluie ou la neige (oui, il a neigé à L.A. en janvier 49 !) sont tout simplement superbes.

C’est un bel objet à feuilleter de temps à autre, comme on regarde de vieux albums photos, et l’on se dit même que, pour une fois, c’est le scénario qui est au service du dessin.

Les nombreux cartouches narratifs (c’est Peter, narrateur autodiégétique, qui raconte à la première personne) imitent la typographie d’une vieille machine à écrire, comme dans un tapuscrit de roman d’époque. C’est pas idéal pour la lecture, mais c’est parfait pour créer l’ambiance !

Genre : « l’air de la morgue nous accueillit de son étreinte glaciale » hmm, on en redemande !

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Par Bruno Ménétrier. Les bouquins de Bruno Ménétrier.

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