Le point de vue de Dieu de Paolacci et Ronco, ou le livre d'une hostie empoisonnée dans une église de Gênes ! - CulturAdvisor

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Ce couple d’auteurs imagine une hostie empoisonnée dans une église de Gênes et une enquête qui ressemble à une déclinaison humoristique des intrigues d’une Agatha Christie, qui serait partie en vacances en Italie. En Italie, il nous manquait ce couple de deux génois Antonio Paolacci et Paola Ronco, qui sont aux commandes d’une série policière à quatre mains, dont le héros est le sous-préfet Paolo Nigra. Nuages baroques a paru en 2022 et voici le second épisode : Le point de vue de Dieu, qui vient de sortir en poche chez Rivages. La traduction de l’italien est signée par Sophie Bajard. Le point de vue de Dieu d’Antonio Paolacci et Paola Ronco, aux Éditions Rivages, ou le livre d’une hostie empoisonnée dans une église de Gênes !

Des génois d’adoption

Comme les auteurs, les flics de la série ne sont génois que d’adoption : Paolo Nigra, adepte de taï-chi, vient de Turin, tandis que son assistante Marta Santamaria, et son franc parler, viennent de Rome.

Le sous-préfet Nigra a fait son coming-out comme on dit, et même Rocco, le chéri de Nigra, est napolitain : c’est un acteur de série télé qui incarne à l’écran… un commissaire de police ! Ce qui explique que le sous-préfet a bien du mal à dissimuler sa relation homosexuelle avec la star du petit écran !

Une hostie au cyanure

Le rideau va s’ouvrir un dimanche matin à l’église, par le meurtre d’un homme âgé, empoisonné… par une hostie au cyanure !

« Le vieux s’est effondré pendant la messe. Raide mort.
[…] Apparemment, on l’a empoisonné avec une hostie.
[…] La journée allait être difficile. Très difficile.
»

Un club de fans de romans policiers

Pis encore, les petits vieux présents à la messe ce jour-là formaient une sorte de club, ils étaient tous… fans de romans policiers !

« D’inquiétants petits vieux, des hosties empoisonnées et un meurtre de toute évidence rituel » , voilà « un crime qu’on dirait imaginé par un fan de polars du dimanche » et l’enquête va bientôt ressembler à « du Agatha Christie ! Juste ce qu’il nous fallait pour animer un peu l’été ».
« – Nous ne sommes pas dans un roman policier.
– Bien sûr que si, Nigra, nous sommes dans un roman. Je veux dire que celui qui a commis ce meurtre est un passionné, qu’il a ce genre d’imaginaire.
»

Le point de vue de Dieu d’Antonio Paolacci et Paola Ronco, aux Éditions Rivages, ou le livre d’une hostie empoisonnée dans une église de Gênes !

Une affaire pleine de secrets

Mais les autorités s’impatientent et il va falloir dénouer les fils de « cette affaire, si pleine de secrets, de suspicion, de gens en apparence si polis et qui déguisaient si bien leur animosité ».

Effectivement, l’atmosphère de ce polar évoque facilement le roman policier d’une vieille dame anglaise, qui serait partie en vacances dans le sud et qui aurait troqué son élégance compassée so british pour une décontraction purement italienne.

L’assassin se cache certainement dans l’entourage de la victime et le couple de génois nous invite au spectacle d’une « insolite comédie humaine. Balzac aurait écrit quelque chose de certainement très perspicace à ce sujet ».

Un dénouement à la Agatha Christie

Si bien que le sous-préfet Nigra va « jouer les Poirot chez les petits vieux » et ira même jusqu’à se payer le luxe parodique d’un dénouement à la Agatha Christie :

« Le substitut haussa les sourcils et adopta un air perplexe. « Vous avez vraiment l’intention de conclure cette affaire comme dans un polar classique, c’est ça ? En vous livrant à un beau monologue explicatif avec tous les suspects autour de vous ? »

Au cours de son enquête, le sous-préfet Nigra n’avance guère et patauge en eaux troubles : tous ont l’air bien trop coupables…

Une délicieuse pâtisserie génoise

De quoi offrir au lecteur l’occasion d’une belle balade dans les rues de Gênes, et aux deux auteurs l’occasion de brocarder les mesquineries de la bonne société génoise, l’emprise de la mafia sur l’économie, l’homophobie et le racisme italiens, …

Dans cette déclinaison humoristique des mystères d’Agatha Christie, l’humour et l’ironie du récit réussissent à faire passer tout cela comme une délicieuse pâtisserie génoise.

« J’ai aussi fait lever la pâte pour les roulés à la cannelle. Après le dîner, je l’étendrai sur la table, j’étalerai dessus une couche inconvenante de beurre, de sucre et de cannelle, puis… »

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Par Bruno Ménétrier. Les bouquins de Bruno Ménétrier.

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